Alors que la planète continue de se réchauffer, les impacts du changement climatique s’aggravent. En 2016, il y a eu 772 événements météorologiques et catastrophes, soit trois fois plus qu’en 1980. 20% des espèces sont actuellement menacées d’extinction, et ce nombre pourrait atteindre 50% d’ici 2100[1]. Et même si tous les pays tiennent leurs engagements climatiques de Paris, d’ici 2100, il est probable que les températures moyennes mondiales seront 3˚C plus élevées qu’à l’époque préindustrielle. Mais nous disposons d’un nouvel outil pour mieux gérer les impacts du changement climatique et protéger la planète : l’intelligence artificielle (IA).

 C’est quoi l’intelligence artificielle ?

L’Intelligence artificielle est la science dont le but est de faire faire par une machine des tâches que l’homme accomplit en utilisant son intelligence. Elle vise à mimer le fonctionnement du cerveau humain, ou du moins sa logique lorsqu’il s’agit de prendre des décisions. Dans la pratique, cela consiste à mettre en œuvre un certain nombre de techniques visant à permettre aux machines d’imiter une forme d’intelligence réelle. L’IA se retrouve implémentée dans un nombre grandissant de domaines d’application dont celui de l’environnement avec le changement climatique.

Comment l’IA permet-elle de lutter contre le changement climatique ?

L’IA peut être appliquée dans la lutte contre le changement climatique et l’entrée dans la transition énergétique. Cela pourrait devenir un outil puissant pour mieux comprendre la mécanique du changement climatique et apporter des solutions pour y faire face. Par exemple, l’identification et la préservation de la biodiversité, la réparation des dommages causés, ou encore la modélisation de l’impact de l’Homme.

Grace aux techniques de l’IA, on peut créer une base de données comprenant la consommation électrique, les données de pollution de l’air, ou encore la pluviométrie et l’ensoleillement. L’utilisation de ces chiffres permettraient d’ajuster les besoins et donc la production en temps réel, et pourraient faire baisser les émissions polluantes.

L’IA rend possible l’analyse de grandes quantités de données pour cartographier le changement climatique, individualiser les soins de santé et l’apprentissage, prévoir les tendances en termes de consommation, rationaliser la consommation énergétique, la gestion des déchets, lutter contre le braconnage et la pêche illégale, etc. On peut s’en servir pour créer des cartographies des espèces vivantes, et de la déforestation, qui viseraient à la restauration des écosystèmes régionaux et globaux. Dans le secteur agricole, l’utilisation de données pourrait permettre d’automatiser les pratiques agricoles et l’irrigation ; réduire et mieux orienter l’utilisation des pesticides.

L’IA est donc l’un des meilleurs moyens pour répondre à la demande mondiale des différents marchés et des différentes industries d’abaisser leur empreinte carbone conformément aux objectifs mondiaux de lutte contre le réchauffement climatique[2]. En étant capable d’augmenter l’efficacité de toutes sortes de technologies, l’utilisation de l’IA va être fondamentale pour limiter le réchauffement de la planète. Elle va permettre des gains de productivité et d’efficacité énergétique. A ce propos, Jean François Gagné, PDG d’Element AI, déclarait : « L’utilisation de l’IA va être fondamentale dans notre habilité [à] augmenter l’efficacité de toutes sortes de technologies et réduire leur impact environnemental »[3].

Une solution innovante portée par les leaders mondiaux de l’industrie numérique.

Compte tenu de son besoin considérable en énergie, le secteur des TIC[4] reste une source nette d’émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES). Les centres de données utilisés pour alimenter les services numériques contribuent actuellement à hauteur d’environ à 2% des émissions mondiales de GES.  Les grandes entreprises numériques intensifient leurs efforts pour réduire leurs propres émissions de GES et décarboner l’économie mondiale dans son ensemble.

Plusieurs entreprises comme les GAFAM (Google, Amazon, Facebook Inc., Apple, Microsoft) joignent déjà le geste à la parole. Google[5] par exemple, dans sa volonté d’approfondir sa politique écoresponsable, a commencé à utiliser l’intelligence artificielle pour gérer ses centres de données, ce qui a réduit la consommation totale d’énergie des centres de 15% et réduit l’utilisation d’énergie pour le refroidissement des centres de données de 40%[6]. En effet, le coût écologique des centres de données est énorme. Une recherche sur Google équivaudrait à une ampoule électrique allumée pendant une heure.

Leur système d’intelligence artificielle DeepMind[7] utilise une technologie de réseau neuronal qui reproduit le système nerveux central humain grâce à des algorithmes élaborés. DeepMind dispose de nombreux paramètres qui pourraient être utilisés pour arriver à une baisse de la consommation : aux types d’énergies utilisées et à la prédiction de pics de demandes et d’offres dans le domaine de l’énergie, à la météo et aux besoins énergétiques d’une ville ou région.

S’inscrivant dans la même vision que DeepMind, de nombreuses initiatives et entreprises sont nées pour réduire la consommation d’énergie. C’est le cas par exemple d’Energiency[8] est une start-up qui développe des algorithmes permettant aux entreprises d’optimiser leur consommation d’énergie en analysant en temps réel les données issues de compteurs électriques connectés. Climate Change Challenge, a pour objectif de mobiliser l’intelligence collective et les données ouvertes pour produire des solutions contre le changement climatique.

De nombreux espoirs reposent sur l’IA[9] pour résoudre les effets dus au dérèglement climatique, mais ira t’elle assez vite ? Surtout lorsque l’on observe le boom économique des pays émergents comme la Chine, l’Inde et le Brésil, qui représentent à eux 3 environ 40% de la population mondiale.  Que se passera-t-il quand la Chine sera un pays développé à l’image des États-Unis ? Que se passera-t-il si les pays africains décident de tourner le dos aux énergies renouvelables pour accélérer leur développement technoscientifique ?

A cet effet, nous pensons fermement que la résolution des problèmes climatiques n’est pas qu’une question de politique, mais de survie de l’humanité. Le réchauffement du globe est la plus grande menace pour la sécurité mondiale. Il menace la paix, les villes et les milliards de personnes qui y résident. L’intelligence artificielle est l’une des solutions envisageables et concrètes pour nous aider à y parvenir.

 

Notes et références


[1] Joe Wiseman RENEE CHO, « Artificial Intelligence—A Game Changer for Climate Change and the Environment », State of the Planet (blog), 5 juin 2018, https://blogs.ei.columbia.edu/2018/06/05/artificial-intelligence-climate-environment/.

[2] RÉMI LONGUECHAUD, « L’IA contre le réchauffement climatique », Rémi Longuechaud (blog), 19 août 2017, http://remilonguechaud.fr/2017/08/19/lia-contre-rechauffement-climatique/.

[3] « L’intelligence artificielle, un moyen de lutte contre le réchauffement », La Presse, mai 2018, http://www.lapresse.ca/environnement/dossiers/changements-climatiques/201805/25/01-5183288-lintelligence-artificielle-un-moyen-de-lutte-contre-le-rechauffement.php.

[4] « Les TIC instruments de la lutte contre les changements climatiques | CCNUCC », consulté le 21 août 2018, https://unfccc.int/fr/news/les-tic-instruments-de-la-lutte-contre-les-changements-climatiques.

[5] « L’IA de Google lutte contre le réchauffement climatique », L’Atelier BNP Paribas, consulté le 21 août 2018, https://atelier.bnpparibas/smart-city/breve/l-ia-google-lutte-contre-rechauffement-climatique-1.

[6] « Intelligence artificielle : un bond vers le développement durable », Centre régional d’information des Nations Unies (UNRIC), consulté le 21 août 2018, https://www.unric.org/fr/actualite/4515-intelligence-artificielle-un-bond-vers-le-developpement-durable.

[7] Spécialisée dans l’intelligence artificielle et le Deep Learning, la société Deep Mind, rachetée en 2014 par Google, collabore avec les universités américaines afin de faire progresser la recherche en matière de réchauffement climatique.

[8] Arnaud Legrand, « L’intelligence artificielle bienveillante au service du climat », Libération.fr, 16 octobre 2015, http://www.liberation.fr/evenements-libe/2015/10/16/l-intelligence-artificielle-bienveillante-au-service-du-climat_1405276.

[9] Akhillé Aercke, « Comment l’intelligence artificielle peut se mettre au service de l’environnement | The Weather Channel », consulté le 21 août 2018, https://weather.com/fr-FR/france/news/news/2018-03-29-comment-intelligence-artificielle-au-service-environnement.

http://lafropolitain.mondoblog.org/files/2019/08/nasa-3_5355527.jpghttp://lafropolitain.mondoblog.org/files/2019/08/nasa-3_5355527-300x200.jpgChristian ELONGUEEducationInnovation/technologiechangement climatique,intelligence artificielleAlors que la planète continue de se réchauffer, les impacts du changement climatique s'aggravent. En 2016, il y a eu 772 événements météorologiques et catastrophes, soit trois fois plus qu'en 1980. 20% des espèces sont actuellement menacées d'extinction, et ce nombre pourrait atteindre 50% d'ici 2100. Et même si...Africa lives in You !!!
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