L’impact et les bénéfices de la crise du coronavirus sur l’éducation

Article : L’impact et les bénéfices de la crise du coronavirus sur l’éducation
03/22/2020

L’impact et les bénéfices de la crise du coronavirus sur l’éducation

Avec l’avancée du Covid-19, de nombreux élèves, étudiants mais aussi enseignants ont été contraints d’arrêter toute activité académique. Plus de 770 millions d’apprenants à travers le monde sont affectés. Cela aura des répercussions économiques pour tous les pays concernés. Au Royaume-Uni par exemple, la fermeture des écoles pendant quatre semaines pourrait réduire de 3 % le PIB du pays, ce qui coûterait des milliards de livres à l’économie.

La majorité des écoles ont fermé

En Chine, certains parents (surtout en zone rurale) n’ont pas les les moyens d’acheter des terminaux numériques (smartphones ou laptop) pour tous leurs enfants, et ce, bien que le pays soit réputé pour ses smartphones à bas prix. De nombreux autres pays, comme le Japon, la Belgique, l’Australie, la France, la Grèce, la Pologne, le Danemark, les Etats-Unis, et bien d’autres pays encore ont, eux aussi fermé leurs écoles et leurs campus universitaires. Et là aussi, les familles pauvres ne disposent pas de moyens financiers ni techniques pour adopter les solutions de formation en ligne à domicile pour leurs enfants. Un aperçu de l’impact global de cette pandémie sur l’éducation est disponible ici.

Mais je suis de ceux qui pense qu’il y’a du positif dans tout, selon la perspective qu’on décide d’adopter.

Quelques avantages possibles du coronavirus

Déjà, tout le monde n’aime pas forcément s’asseoir entre quatre murs pour écouter un enseignant déverser ses connaissances… Grâce à la crise que provoque le coronavirus, de nombreux élèvent pourront se réjouir de s’appuyer sur la découverte et l’expérimentation, comme modèle d’apprentissage. Par ailleurs, je n’ai pas fait de sondages, mais, de mon expérience personnelle, je pense que de nombreux élèves se réjouissent de cet arrêt momentané des cours car cette crise représente une période de répit ou de rattrapage pour tous ceux qui avaient pris du retard avec le programme scolaire. 

Aussi, les élèves peuvent mettre ce temps à profit dans la lecture, l’écriture ou la pratique des arts. Bien que l’importance de la lecture soit universellement reconnue, très peu d’apprenants lisent vraiment… qui lit en moyenne 12 livres par an, soit un livre par mois ? Peu de monde surement… Mais, avec le crise du coronavirus, les élèves et étudiants disposent désormais du temps nécessaire pour dévorer des livres, se consacrer à des projets d’écriture (poème, roman, chronique etc.) ! Certains pourront reprendre des projets d’écritures jadis entamés puis abandonnés par manque de temps.

Pour aider dans ce sens, de nombreux éditeurs ou libraires offrent des livres en promotion ou même gratuitement sur la toile. Par exemple, l’éditeur français La Fabrique offre en téléchargement gratuit 10 livres récents sur leur site internet.

Les parents, qui sont parfois prompts à critiquer le travail des enseignants, ont désormais une opportunité de jouer le rôle d’enseignant à domicile. Ils pourront ainsi mieux apprécier le métier d’enseignant, qui est un art et une science, que très souvent on ne valorise pas suffisamment.  Les parents pourraient également encourager leurs enfants à suivre des cours à distance sur des plateformes comme www.fun-mooc.fr, www.edx.org,  ou www.coursera.org.

J’ai développé une liste de 60 applications et plateformes gratuites pour la formation en ligne.

S’il existe des jeunes qui n’ont jamais eu le temps de suivre un cours en distance, c’est maintenant le meilleur moment ! L’attestation de participation ou le certificat obtenu, pourra enrichir leurs CV.

L’avènement de la crise actuelle a révélé les faiblesses des systèmes éducatifs dans certains pays, où l’éducation dépend principalement de la formation en présentiel sachant que ces pays n’ont aucun système de formation à distance. Il s’agit majoritairement des institutions d’enseignement des pays du Sud, notamment ceux d’Afrique Subsaharienne.

Avec la crise du coronavirus, de nombreux enseignants, qui rechignaient jadis à l’idée de concevoir des cours en ligne, sont désormais challengés, ils sont prêts maintenant à se lancer dans cette aventure.

La nécessité étant parfois source d’innovation, cette crise liée à la pandémie du Covid-19 va contribuer à renforcer les infrastructures technologiques pour l’enseignement et la formation à distance.

Si certains gouvernements étaient jusqu’ici hésitants à investir dans le secteur de l’innovation technologique dans l’enseignement (TICE), ils sont désormais contraints de prendre des mesures dans ce sens afin de ne pas court-circuiter le parcours éducatif de la jeune population.

Cela signifie également que cette crise représente une aubaine pour les fournisseurs de formation à distance (LMS, CMS etc), car la demande de leurs services a considérablement augmenté au cours des dernières semaines et cela ira certainement crescendo. Denys Lamontagne, directeur de publication chez Cursus.edu – une revue canadienne consacrée à l’éducation et à la formation – a constaté que le nombre de consultation des ressources numériques sur la formation à distance a considérablement augmenté, passant d’une centaine à des milliers de visites en quelques jours.

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Qu’en est-il de cette crise sur l’enseignement dans mon pays, le Cameroun ? Au Cameroun des enseignants du secondaire se sont rassemblés pour lancer une plateforme de formation à distance : www.performer237.org. Cette plateforme comprend :

  • Plus de 50 enseignants de lycées et collèges disponibles pour tout problème scolaire
  • Dès cours de la 6eme à la Terminale (enseignement secondaire général)
  • Des quiz pour étudier encore plus facilement
  • Une banque d’épreuves et une bibliothèque
  • Un forum où les enseignants répondent à tous les problèmes rencontrés
  • Une page Facebook pour des cours vidéo à la demande.

J’ai pu constater cependant que cette plateforme ne dispose que de fonctionnalités rudimentaires, notamment la consultation des ressources et le téléchargement. Les fonctions relatives à l’interaction et à l’engagement y sont limitées. Mais l’initiative en elle-même est louable et doit être encouragée, surtout quand on constate l’inertie du gouvernement.

Pour terminer, une belle initiative au Ghana, où l’opérateur de téléphonie mobile et fournisseur d’internet MTN a publié une liste d’une quinzaine de plateformes de formation à distance dont l’accès pourra désormais se faire sans accès à internet afin de permettre aux parents et éducateurs confinés à domicile de pouvoir s’en servir pour continuer à éduquer leurs enfants. Dans le communiqué de presse, ils annoncent que d’autres sites éducatifs seront encore ajoutés à cette liste.

Conclusion

Les périodes de grandes crises modernes – comme la crise économique de 2008, l’attentat du 11 septembre 2001 ou celle que traverse le monde actuellement avec le coronavirus– sont rares. Mais elles ont l’avantage de transformer profondément les systèmes politiques, économiques, sociaux, et environnementaux. Le monde de l’éducation, et particulièrement le secteur de l’enseignement supérieur, n’est pas en reste. Au-delà des réponses et solutions alternatives adoptées par les universités des pays que j’ai présenté dans cet article, de nombreuses autres universités et institutions académiques sont « contraintes » d’innover leurs pratiques pédagogiques en se servant de la technologie. Les retombées et les changements seront forcément significatives, elles sont pour l’instant peu prévisibles, mais nous verrons cela une fois la crise du coronavirus dépassée.

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