Corona virus au Cameroun : le malheur des uns fait le bonheur des autres

Article : Corona virus au Cameroun :   le malheur des uns fait le bonheur des autres
04/30/2020

Corona virus au Cameroun : le malheur des uns fait le bonheur des autres

Ne dit-on pas souvent que le malheur des uns fait le bonheur des autres ? Depuis le début de la pandémie du Corona virus au Cameroun, il faut avouer que certains secteurs d’activités ont relativement pris des coups. En effet, s’il est vrai que beaucoup   ont vu chuter leur chiffre d’affaire, d’autres par contre ont su rebondir en trouvant des stratégies pour s’adapter à la nouvelle donne, d’autres encore ont saisi les opportunités entrepreneuriales qui se présentaient.

 Le jour se lève à nouveau chez les exploitants de débits de boisson

 Les débits de boisson semblaient être dans une pente descendante vu que les responsables de ces établissements avaient l’habitude de se frotter les mains à partir de 18h, heure à laquelle de nombreux clients et habitués de la « maison » franchissaient tels des soldats bien disciplinés les entrées des bars, après une journée épuisante de travail.

Malheureusement, les responsables de ces structures devaient désormais fermer au plus tard à une heure qui par le passé marquait le début des entrées financières importantes. En outre, des mesures plus strictes avaient été prises par des autorités administratives dans certaines zones, notamment dans la Menoua où il était désormais interdit d’acheter la boisson et de boire in situs.

Cependant, le gouvernement a publié de nouvelles   mesures en guise de riposte pour soutenir l’économie. L’une d’elles se présente comme suit : « l’ouverture au-delà de 18 heures, des débits de boisson, des restaurants, et des lieux de loisirs, avec obligation pour les clients et usagers de respecter les mesures barrières, notamment le port du masque de protection et la distanciation sociale. » Cette décision a été accueillie avec beaucoup d’enthousiasme par une tranche importante de la population.  Désormais les exploitants des débits de boisson sont très contents et les affaires peuvent reprendre à plein régime.

Les camerounais et la bière : une histoire d’amour sans trahison        

 Ce n’est point un oxymore que de dire que les camerounais sont des grands disciples de Bacchus, ils sont habitués à boire énormément. La relation entre le camerounais et la bière est semblable à une histoire d’amour. Notre pays a toujours répondu présent au classement des Etats où le taux de consommation d’alcool est élevé.  D’après une étude menée en 2017 par le cabinet LV NEXT Century à paris en France, le Cameroun serait classé en première position en Afrique Centrale et   de l’Ouest.

 Déjà, le premier établissement que tu rencontres dans un village, même dans les zones les plus enclavées du pays, est très souvent le bar. C’est pour cela qu’il était difficile d’implémenter véritablement cette mesure qui préconisait la fermeture des débits de boisson au plus tard à 18h. Par conséquent quand bien même ils étaient fermés, la vente parfois continuait son bonhomme de chemin par les portes des étoiles, des champs et des voies les plus insoupçonnées. Dans l’un des cas, on constate que l’établissement est fermé. A 10 mètres, les gens sont assis, les bouteilles sont placées derrières leurs chaises, ils parlent de tout et de rien. En cas de besoin, ils font un signe et la serveuse vient par derrière pour donner à boire.

L’éducation en berne

Text Box: Une salle de classe vide, université de Dschang
Salle de classe vide à l’Université de Dschang

Dans le secteur de l’enseignement, la fermeture des établissements primaires, secondaires et universitaires, a eu raison des enseignants.   En effet, beaucoup sont rentrés dans une sorte de chômage involontaire. Nous nous intéressons aux enseignants vacataires qui déjà percevaient des salaires dérisoires. Ils se trouveraient désormais dans des difficultés financières parce qu’ils ne seraient plus rémunérés.    Nombre d’autres secteurs sont en souffrance dans le +237, cependant nous voulons davantage nous focaliser sur les nouvelles approches des entrepreneurs déjà que face à cette pandémie, plusieurs entreprises n’ont pas baissé les bras et ont plutôt trouvé des stratégies pour innover et rebondir.

 De l’ingéniosité marketing dans les approches publicitaires

Text Box:  Des cache-nez en quantité chez un couturier dans la ville de Dschang
Des cache-nez avec des tissus locaux

Beaucoup d’entreprises et supermarchés, très ingénieux, ont trouvé des stratégies pour attirer en communiquant sur le Covid 19.  En effet, face à la pandémie, le discours a été profondément retouché. Dans les grandes villes du Cameroun, les supermarchés tels que DOOV qui par le passé vantaient le glamour, la préciosité de leurs produits dans divers secteurs, ont dû recadrer leur discours en l’orientant dans la lutte contre la corona virus.

Dans le même ordre d’idées, l’entreprise Bactol    s’est engagée dans la production massive des gels antibactériens. Par ailleurs, dans les chaines télés, on note une recrudescence accrue des publicités autour de ces gels qui sembleraient favoriser des entrées économiques conséquentes pour l’entreprise en question.  Dans le secteur de la couture, beaucoup se sont lancé dans la production et vente des cache-nez, mettant de côté pendant un moment, leurs productions régulières.

Sorties artistiques autour du Corona virus :   buzz ou désir de contribuer ?

Certaines personnes ont profité de cette période pour faire parler d’eux. Entre sorties médiatiques délicates, et prises de position, il y a eu de la matière première pour créer et attirer de l’attention.   Nul n’a oublié celle du ministre de la recherche scientifique et de l’innovation qui a suscité des montages tant chez « les policiers du web », toujours à l’affut pour faire sortir au grand jour leur grande créativité, que chez les artistes, humouristes qui ont eu le mérite d’apporter une certaine joie à ceux-là qui stressés par le confinement. Dans le même ordre d’idées, la jeune et talentueuse Indira a sorti un clip assez révélateur de son implication et de son désir de voir disparaitre la maladie.

Hors du Cameroun, les artistes Koffi olomidé et Ferre Gola ont aussi contribué musicalement par des clips autour de la pandémie.

 Et vous ? comment parvenez-vous à naviguer au milieu de cette tempête qu’est le Corona ? Connaissez-vous d’autres entreprises créatives et innovantes qui ont ajusté leurs services afin de continuer à être opérationnels ?

N’hésitez pas à partager vos exemples en commentaire.

Contributeur: Labou Hermann

Je suis un poète, acteur de théâtre. Je suis aussi néo-chercheur en transferts culturels. Ecrire d’un point de vue général est une passion. Déjà j’ai contribué dans certains magazines notamment Muna Kalati, Lepaan Africa et le magazine du CLIJEC.  Si tu aimes cette réflexion, tu peux insérer un commentaire et même partager.

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