Christian ELONGUE

Mongo Beti était-il véritablement un athée ou un catholique caché?

Mongo Beti, écrivain, homme politique, polémiste et leader d’opinion célèbre est aussi connu pour n’avoir pas été souvent tendre avec le clergé catholique en Afrique. Tant dans sa prose latérale que dans son œuvre. Laquelle œuvre toute entière est pourtant empreinte de motifs catholiques. C’est le constat qu’a fait Owono-Kouma, lequel l’a conduit à écrire Mongo Beti romancier et l’église catholique romaine publié chez L’Harmattan en 2010.

L’interrogation principale qui occupe le chercheur est celle d’explorer l’écriture de Mongo Beti (Eza Boto) pour se « demander pourquoi un romancier qui s’est proclamé ou que l’on a dit agnostique, voire athée, a puisé si abondamment la matière d’œuvre de sa production romanesque dans le christianisme en général, l’Écriture sainte et l’Église catholique en particulier. Pourquoi en est-il toujours question dans chacune de ses œuvres ? Pourquoi le romancier en est-il tant obnubilé ? » l’exégète s’est aussi demandé si cela a servi ou desservi l’église catholique.

Le critique se démarque de Molly Mazuiri, Louis-Paul Ngongo, Bernard Mouralis, Tsibola Kalengayi, Albert Gérard et Eloi Messi Metogo qui, tous ayant étudié la religion chez Mongo Beti, n’ont pas abordé le motif chrétien de façon holistique chez le natif de Mbalmayo, tâche à laquelle le critique s’attelle.

Église catholique romaine et création romanesque

La première partie Église catholique romaine et création romanesque présente la création romanesque de Mongo Beti comme se basant principalement sur la religion chrétienne et surtout l’obédience catholique romaine. Son chapitre I s’intitule La mission catholique : une succession de descriptions. Ce chapitre est forgé au pied de la théorie de Pierre Fontanier se rapportant à la description que le chercheur utilise. Il dresse exhaustivement les caractéristiques des infrastructures de l’église catholique. Le personnel missionnaire : une galerie de portraits, ainsi s’intitule le chapitre II. Il y est question d’insister sur l’ensemble des marques que l’on pourrait appeler l’étiquette du personnage selon la terminologie de Philippe Hamon. De ce point de vue, les membres du clergé comme les évêques, les prêtres, les laïcs dont le personnel du presbytère et les domestiques passent à l’analyse. Le chapitre III parle du Thème structurateur de l’évangélisation. De la pléthore des théoriciens de l’approche thématique, Owono-Kouma jette le dévolu sur Jean-Pierre Richard qui consiste entre autres à construire des associations significatives et récurrentes. Il conclut que ces associations sont construites autour d’un pivot : la religion chrétienne d’obédience catholique.  

Écriture sainte et création romanesque 

La deuxième partie a pour titre Écriture sainte et création romanesque : essai d’analyse intertextuelle. Indication du temps et caractérisation de l’espace en est le premier chapitre et le quatrième de l’ouvrage. Comme l’écrit Owono-Kouma, « Dans cette perspective, l’analyse du présent chapitre montre que l’écrivain s’est servi du temps et des localités de la Bible pour indiquer et caractériser tour à tour le temps et l’espace dans lesdits romans. » p. 146.  Au chapitre V Signifiant et faire des personnages. L’intertextualité tient des analogies que le chercheur établit entre les personnages bibliques et ceux de Mongo Beti. Les personnages de Mongo Beti sont tantôt inscrits dans le cadre de leur programme dans les canevas proscriptif et prescriptif selon la terminologie du Groupe de Liège. Le chapitre VI s’intéresse à Le discours des personnages. Suivant le même tandem, il est question de montrer que ce discours « c’est-à-dire la façon de parler, s’inscrit dans le cadre de la démarche intertextuelle. » p. 199. Il s’agit de scruter dans les discours des personnages la part qui a trait directement ou indirectement à un fragment biblique.  

Discours critique sur l’Église et l’évangélisation

La troisième partie Discours critique sur l’Église et l’évangélisation touche les problématiques de rejet, d’adhésion mitigée au christianisme par les Africains. Le chapitre VII, Les chrétiens africains : une foi chancelante permet de revenir sur les freins à une évangélisation réussie. On aura à ce sujet une inconstance de la foi chez les Africains traduite notamment par une foi singulière (goût de la curiosité, recherche de l’intérêt personnel, la complaisance dans les conversions), la pratique coercitive de la foi et la pratique de la mobilité religieuse. Le personnel missionnaire, des contre modèles est le titre du chapitre VIII. Son dessein est de dégager l’image négative qui entache le faire et l’être des missionnaires. Ils sont présentés par Mongo Beti comme ayant un comportement contradictoire avec leur enseignement : chasteté sujette à caution, l’égocentrisme avec l’intolérance envers les autres confessions chrétiennes, le goût du luxe matériel et le mauvais payement des personnels à leur charge.  Critique de l’institution est le titre du chapitre IX. Les chrétiens formulent des critiques contre les fondements de l’Église universelle, ces critiques sont relayées par les narrateurs successifs de Mongo Beti, ses personnages non chrétiens et réactionnaires. Des réserves portées sur l’Écriture sainte, contre le comportement des missionnaires sont également le lot qui peint la catholicité sous son mauvais jour, raison de la désaffection des Africains.

Il est à retenir que « Seule la question relative au rapport de Mongo Beti à la foi n’a pu être élucidée. » p. 337, Mongo Beti puisant abondamment et presque de façon obsédante du matériau biblique pour construire les lieux, le programme narratif des personnages et leurs discours. L’étude pourrait aussi poser l’hypothèse de la chrétienté comme métaphore obsédante chez Mongo Beti, laquelle amènerait le chercheur à se nourrir de la psychocritique de Charles Mauron pour affiner les résultats les résultats probants auxquels il aboutit.

Néanmoins la plus grande certitude demeure ; personne n’a encore avec clarté déclarer la foi ou la non-foi de Mongo Beti.

Compte rendu d’un ouvrage culte sur l’auteur de Ville cruelle par Gaétan Guetchuechi.


Comment l’Intelligence artificielle permet de lutter contre le changement climatique ?

Alors que la planète continue de se réchauffer, les impacts du changement climatique s’aggravent. En 2016, il y a eu 772 événements météorologiques et catastrophes, soit trois fois plus qu’en 1980. 20% des espèces sont actuellement menacées d’extinction, et ce nombre pourrait atteindre 50% d’ici 2100[1]. Et même si tous les pays tiennent leurs engagements climatiques de Paris, d’ici 2100, il est probable que les températures moyennes mondiales seront 3˚C plus élevées qu’à l’époque préindustrielle. Mais nous disposons d’un nouvel outil pour mieux gérer les impacts du changement climatique et protéger la planète : l’intelligence artificielle (IA).

 C’est quoi l’intelligence artificielle ?

L’Intelligence artificielle est la science dont le but est de faire faire par une machine des tâches que l’homme accomplit en utilisant son intelligence. Elle vise à mimer le fonctionnement du cerveau humain, ou du moins sa logique lorsqu’il s’agit de prendre des décisions. Dans la pratique, cela consiste à mettre en œuvre un certain nombre de techniques visant à permettre aux machines d’imiter une forme d’intelligence réelle. L’IA se retrouve implémentée dans un nombre grandissant de domaines d’application dont celui de l’environnement avec le changement climatique.

Comment l’IA permet-elle de lutter contre le changement climatique ?

L’IA peut être appliquée dans la lutte contre le changement climatique et l’entrée dans la transition énergétique. Cela pourrait devenir un outil puissant pour mieux comprendre la mécanique du changement climatique et apporter des solutions pour y faire face. Par exemple, l’identification et la préservation de la biodiversité, la réparation des dommages causés, ou encore la modélisation de l’impact de l’Homme.

Grace aux techniques de l’IA, on peut créer une base de données comprenant la consommation électrique, les données de pollution de l’air, ou encore la pluviométrie et l’ensoleillement. L’utilisation de ces chiffres permettraient d’ajuster les besoins et donc la production en temps réel, et pourraient faire baisser les émissions polluantes.

L’IA rend possible l’analyse de grandes quantités de données pour cartographier le changement climatique, individualiser les soins de santé et l’apprentissage, prévoir les tendances en termes de consommation, rationaliser la consommation énergétique, la gestion des déchets, lutter contre le braconnage et la pêche illégale, etc. On peut s’en servir pour créer des cartographies des espèces vivantes, et de la déforestation, qui viseraient à la restauration des écosystèmes régionaux et globaux. Dans le secteur agricole, l’utilisation de données pourrait permettre d’automatiser les pratiques agricoles et l’irrigation ; réduire et mieux orienter l’utilisation des pesticides.

L’IA est donc l’un des meilleurs moyens pour répondre à la demande mondiale des différents marchés et des différentes industries d’abaisser leur empreinte carbone conformément aux objectifs mondiaux de lutte contre le réchauffement climatique[2]. En étant capable d’augmenter l’efficacité de toutes sortes de technologies, l’utilisation de l’IA va être fondamentale pour limiter le réchauffement de la planète. Elle va permettre des gains de productivité et d’efficacité énergétique. A ce propos, Jean François Gagné, PDG d’Element AI, déclarait : « L’utilisation de l’IA va être fondamentale dans notre habilité [à] augmenter l’efficacité de toutes sortes de technologies et réduire leur impact environnemental »[3].

Une solution innovante portée par les leaders mondiaux de l’industrie numérique.

Compte tenu de son besoin considérable en énergie, le secteur des TIC[4] reste une source nette d’émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES). Les centres de données utilisés pour alimenter les services numériques contribuent actuellement à hauteur d’environ à 2% des émissions mondiales de GES.  Les grandes entreprises numériques intensifient leurs efforts pour réduire leurs propres émissions de GES et décarboner l’économie mondiale dans son ensemble.

Plusieurs entreprises comme les GAFAM (Google, Amazon, Facebook Inc., Apple, Microsoft) joignent déjà le geste à la parole. Google[5] par exemple, dans sa volonté d’approfondir sa politique écoresponsable, a commencé à utiliser l’intelligence artificielle pour gérer ses centres de données, ce qui a réduit la consommation totale d’énergie des centres de 15% et réduit l’utilisation d’énergie pour le refroidissement des centres de données de 40%[6]. En effet, le coût écologique des centres de données est énorme. Une recherche sur Google équivaudrait à une ampoule électrique allumée pendant une heure.

Leur système d’intelligence artificielle DeepMind[7] utilise une technologie de réseau neuronal qui reproduit le système nerveux central humain grâce à des algorithmes élaborés. DeepMind dispose de nombreux paramètres qui pourraient être utilisés pour arriver à une baisse de la consommation : aux types d’énergies utilisées et à la prédiction de pics de demandes et d’offres dans le domaine de l’énergie, à la météo et aux besoins énergétiques d’une ville ou région.

S’inscrivant dans la même vision que DeepMind, de nombreuses initiatives et entreprises sont nées pour réduire la consommation d’énergie. C’est le cas par exemple d’Energiency[8] est une start-up qui développe des algorithmes permettant aux entreprises d’optimiser leur consommation d’énergie en analysant en temps réel les données issues de compteurs électriques connectés. Climate Change Challenge, a pour objectif de mobiliser l’intelligence collective et les données ouvertes pour produire des solutions contre le changement climatique.

De nombreux espoirs reposent sur l’IA[9] pour résoudre les effets dus au dérèglement climatique, mais ira t’elle assez vite ? Surtout lorsque l’on observe le boom économique des pays émergents comme la Chine, l’Inde et le Brésil, qui représentent à eux 3 environ 40% de la population mondiale.  Que se passera-t-il quand la Chine sera un pays développé à l’image des États-Unis ? Que se passera-t-il si les pays africains décident de tourner le dos aux énergies renouvelables pour accélérer leur développement technoscientifique ?

A cet effet, nous pensons fermement que la résolution des problèmes climatiques n’est pas qu’une question de politique, mais de survie de l’humanité. Le réchauffement du globe est la plus grande menace pour la sécurité mondiale. Il menace la paix, les villes et les milliards de personnes qui y résident. L’intelligence artificielle est l’une des solutions envisageables et concrètes pour nous aider à y parvenir.

 

Notes et références


[1] Joe Wiseman RENEE CHO, « Artificial Intelligence—A Game Changer for Climate Change and the Environment », State of the Planet (blog), 5 juin 2018, https://blogs.ei.columbia.edu/2018/06/05/artificial-intelligence-climate-environment/.

[2] RÉMI LONGUECHAUD, « L’IA contre le réchauffement climatique », Rémi Longuechaud (blog), 19 août 2017, https://remilonguechaud.fr/2017/08/19/lia-contre-rechauffement-climatique/.

[3] « L’intelligence artificielle, un moyen de lutte contre le réchauffement », La Presse, mai 2018, https://www.lapresse.ca/environnement/dossiers/changements-climatiques/201805/25/01-5183288-lintelligence-artificielle-un-moyen-de-lutte-contre-le-rechauffement.php.

[4] « Les TIC instruments de la lutte contre les changements climatiques | CCNUCC », consulté le 21 août 2018, https://unfccc.int/fr/news/les-tic-instruments-de-la-lutte-contre-les-changements-climatiques.

[5] « L’IA de Google lutte contre le réchauffement climatique », L’Atelier BNP Paribas, consulté le 21 août 2018, https://atelier.bnpparibas/smart-city/breve/l-ia-google-lutte-contre-rechauffement-climatique-1.

[6] « Intelligence artificielle : un bond vers le développement durable », Centre régional d’information des Nations Unies (UNRIC), consulté le 21 août 2018, https://www.unric.org/fr/actualite/4515-intelligence-artificielle-un-bond-vers-le-developpement-durable.

[7] Spécialisée dans l’intelligence artificielle et le Deep Learning, la société Deep Mind, rachetée en 2014 par Google, collabore avec les universités américaines afin de faire progresser la recherche en matière de réchauffement climatique.

[8] Arnaud Legrand, « L’intelligence artificielle bienveillante au service du climat », Libération.fr, 16 octobre 2015, https://www.liberation.fr/evenements-libe/2015/10/16/l-intelligence-artificielle-bienveillante-au-service-du-climat_1405276.

[9] Akhillé Aercke, « Comment l’intelligence artificielle peut se mettre au service de l’environnement | The Weather Channel », consulté le 21 août 2018, https://weather.com/fr-FR/france/news/news/2018-03-29-comment-intelligence-artificielle-au-service-environnement.


Les voitures-volantes : de la science-fiction devenue une réalité pour une meilleure mobilité urbaine.

Et si l’avenir du transport urbain se trouvait dans le ciel, comme dans Blade Runner ?

Apparue au début du dix-neuvième siècle, la science-fiction (SF) a accompagné les révolutions industrielles et technologiques, en repoussant les limites imaginaires de l’innovation[1]. Si Jules Verne fut un des pères fondateurs de la science-fiction, c’est un Américain d’origine luxembourgeoise, Hugo Gernsback, qui est souvent désigné comme l’inventeur du terme[2]. La SF présente souvent le futur de l’Humanité dans des récits parfois utilisés comme des éléments de prospective par les organisations, notamment dans les centres de R&D où on purge la SF de ses éventuels défauts. Le biologiste Miroslav Radman, co-auteur de Au-delà de nos limites biologiques voit la science-fiction comme « une simulation mentale du futur », qui permet « de se préparer émotivement et intellectuellement au changement[3] ». Elle annonce et accompagne les grandes tendances et révolutions économiques, politiques et technologiques. Et l’avènement des voitures-volantes, en est la confirmation.

Dans les années 50, lorsque naissait l’automobile, une vague d’excitation, d’engouement et d’enthousiasme avait secoué le monde. Malgré l’impact positif qu’a apporté l’automobile, on n’a pas tardé à se rendre compte de ses tares, notamment les bouchons ou la pollution de l’environnement. A partir des années 90, la littérature et le cinéma ont commencé à projeter des imaginaires où des voitures volantes révolutionnaient les transports, en passant de la saturation horizontale à une liberté verticale. Ce futur inspiré de la science-fiction a nourri les imaginaires et contribué à des innovation technologiques. On comprend donc pourquoi Albert Einstein déclarait jadis que : « L’imagination est plus importante que la connaissance. Car la connaissance est limitée, tandis que l’imagination englobe le monde entier, stimule le progrès, suscite l’évolution ». Cette évolution désormais contemporaine est portée par quelques entreprises majoritairement européennes et américaines comme Airbus, Uber, A3. Ces dernières ont développé des prototypes de voitures volantes qui sont déjà opérationnelles et certaines ont même entamé des services pour le privé. La suite de notre article présentera comment cela révolutionnera la mobilité urbaine et à moindre coût.

La voiture volante, une solution aux bouchons et à la congestion humaine

Imaginez-vous un instant englué, pendant 4 heures dans un embouteillage routier sous la canicule. Vous avez une réunion de haute importance à laquelle vous devez participer à l’autre bout de la ville. Ou alors, vous retournez tout simplement à votre domicile, après une longue journée épuisante au travail. La canicule, impitoyable vous mitraille et vous commencez à avoir l’impression que même la climatisation (si jamais il y’en a) de votre véhicule, ne parvient pas à étouffer la chaleur. Les concerts sonores et tintamarresques des klaxons de chauffeurs énervés et exaspérés, vous irritent et vous êtes sur le point de craquer. A cet instant, vous donneriez tout pour pouvoir sortir de cette situation, mais votre esprit vous rappelle que c’est « impossible ». Sous d’autres cieux pourtant, notamment au Nigéria où un politicien nigérian envoie un hélicoptère récupérer sa petite amie, l’actrice Régina Daniels, qui était coincée dans les bouchons pendant plusieurs heures sur l’axe routier Lagos – Benin.

Mais puisque vous n’êtes point milliardaires, vous pensez ne pouvoir vous offrir ce « luxe ». alors, détrompez-vous ! Car l’impossible est désormais possible. Ce qui était un luxe est désormais accessible grâce aux voitures volantes, lesquels vous donneront une plus grande liberté individuelle dans vos mouvements, vous permettant d’aller où vous voulez et quand vous le voulez. Comme le défend Rodin Lyasoff, directeur exécutif de A³ – satellite d’Airbus pour tout ce qui se veut innovant – dans sa présentation TEDx. Dans cette dernière, il présente le modèle Vahana, un taxi volant électrique qui peut être commandé via une application dédiée et atterrir sur des vertiports[4] (vertical + port). Il s’agit là d’un modèle plus performant que le Lilium Jet, une autre voiture volante crée en 2017.

https://vimeo.com/221950605

Lors d’un test d’essai réalisé le 31 Janvier 2019, ce robot-taxi s’était envolé à environ 5 m de haut. Malgré cette performance réussie, il faudra tout de même attendre des perfectionnements et des changements législatifs pour la commercialisation de ce que d’aucuns considèrent comme « Le Uber du Futur ». Eric Allison, le responsable de la division Uber Elevate a d’ailleurs annoncé la commercialisation de ces taxi volants en 2023[5], à Los Angeles et à Dallas, deux grandes agglomérations américaines minées par les embouteillages.  Et le projet CityAirbus est également en cours d’affinage pour une variante manuellement pilotée.

Pourquoi utiliser des voitures volantes alors qu’il existe des hélicoptères ?

«Le coût, mais aussi le bruit. Le bruit de l’engin doit s’intégrer dans le bruit de fond de la ville», et cela nécessite une nouvelle technologie, notamment des hélices plus petites et une propulsion électrique », répond M. Thacker, responsable de l’innovation chez Bell. « Nous pensons pouvoir rendre ces appareils bien plus silencieux en redessinant les rotors ou en modifiant leur vitesse de rotation » ajoute Eric Allison, le responsable de la division Uber Elevate. En effet, rappelons qu’à São Paulo — où l’hélicoptère est utilisé depuis longtemps par les navetteurs brésiliens fortunés —, un service de taxi héliporté à bas tarif, Voom, avait déjà vu le jour, en juillet 2017.

Les avions n’auront bientôt plus le monopole du ciel. Ils devront cohabiter avec des nuées de modèles réduits : des aéronefs à décollage et atterrissage verticaux aux drones et applications commerciales dans la supervision, la livraison et même le transport de personnes, en plus de ceux des particuliers qui en ont une utilisation ludique. D’où la nécessité de réorganiser le ciel. C’est pourquoi les régulateurs planchent actuellement sur des réformes de leur sécurité aérienne dans de nombreux pays. Notre prochain article analysera plus en profondeur ces enjeux règlementaires, sécuritaires et environnementaux.

 

Notes et références


[1] Thomas Michaud, ‘La dimension imaginaire de l’innovation : l’influence de la science-fiction sur la construction du cyberespace’, Innovations n° 44, no. 2 (18 April 2014): 213–33.

[2] Gary Westfahl, Hugo Gernsback and the Century of Science Fiction, vol. 5 (McFarland, 2007).

[3] Le Point magazine, ‘La science-fiction, un divertissement qui est aussi outil de réflexion’, Le Point, 19 December 2012, https://www.lepoint.fr/culture/la-science-fiction-un-divertissement-qui-est-aussi-outil-de-reflexion-19-12-2012-1603981_3.php.

[4] Le Groupe ADP a annoncé un partenariat avec la RATP et Airbus pour le développement d’une solution agnostique capable d’accueillir différents types de taxis-volants. Il s’agit d’un vertiport à plateaux mobiles, se déplaçant et permettant donc d’embarquer ou de débarquer des voyageurs tout en accueillant d’autres véhicules en même temps. https://www.adp-i.com/fr/actualites-evenements/le-groupe-adp-va-concevoir-et-construire-des-vertiports-pour-accueillir-les

[5] Jérôme Marin, ‘« Dans dix ans, les taxis volants seront présents dans de nombreuses villes »’, Silicon 2.0, accessed 15 July 2019, https://siliconvalley.blog.lemonde.fr/2018/05/12/dans-dix-ans-les-taxis-volants-seront-presents-dans-de-nombreuses-villes/.


Comment les Taxi volant électrique autonome révolutionnent les modes de transport ?

Vers la mobilité du futur?

En 2010 pour la première fois sur la terre, plus de la moitié des êtres humains habitaient en zone urbaine et on pense qu’on passera les 60% en 2030. Chaque jour des centaines de personnes migrent vers les zones urbaines, à la quête de meilleurs pâturages. Cette explosion démographique entraine de nombreux autres problèmes politiques, sociaux et économique, de l’aménagement urbain à la communication interculturelle, du chômage à la pollution atmosphérique. Pour une meilleure gestion de ces défis, le concept de ville intelligente (Smart City) a émergé et est en train d’être démocratisé dans le monde. Cependant, la mobilité efficace et rapide des biens et des personnes demeure toujours une préoccupation constante, notamment avec les embouteillages routiers et la congestion humaine, qui affectent la productivité et le bienêtre des citoyens.

La situation semblait sans issue, surtout pour les masses citoyennes, ne pouvant se permettre l’usage d’autres moyens de transports plus rapide et sécurisé comme le transport aérien. Mais avec l’avènement des voitures volantes et des robot-taxis, depuis les années 2017, le paysage des transports urbains est en mutation. Les constructeurs aéronautiques ont ingénieusement donné vie à la science-fiction et envisage conquérir l’espace de basse altitude, pour faciliter le transport rapide, sécurisé, confortable et abordable des biens et personnes.

Aujourd’hui, Airbus et Boeing sont à peu près au même stade d’avancement dans les tests de leurs taxis volants. Le géant américain Boeing s’exprimait sur l’avenir de ce secteur : « le vol autonome ouvre de nombreuses possibilités. Le trafic dans les zones urbaines denses va se transformer. On estime que 25% des trajets pour se rendre jusqu’à son lieu de travail, partout dans le monde sont supérieurs à 90 minutes, alors imaginez le gain de temps que pourrait offrir un taxi volant autonome[1]». Il semble tout à fait possible que des véhicules aériens autonomes soient en service dès 2020. Si tel est le cas, en 2024, aller de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle à un site olympique en taxi volant ne sera point une chimère, mais un objectif « réaliste » pour Aéroports de Paris (ADP), qui veut profiter des Jeux Olympiques pour tester un projet de mobilité du futur, avec Airbus et la RATP. Cependant, il reste du chemin à parcourir avant d’intégrer un véhicule volant dans le transport urbain. Avant qu’on en arrive là, il existe des enjeux contemporains sur l’usage des voitures volantes, que la seconde partie de notre article entend explorer, notamment les questions règlementaires, sécuritaires, économiques, environnementales et d’acceptabilité sociale.

L’enjeu règlementaire

La voiture volante, « les gens en rêvent sur le papier depuis des décennies et, maintenant, la technologie est là. La seule question, c’est comment nous allons nous y prendre », déclare Michael Thacker, vice-président du constructeur d’hélicoptères américain Bell.  Avant de survoler la tête des citadins avec ces nouvelles machines, un énorme travail de réglementation doit être mené à l’échelle mondiale. Airbus a pris le devant de ses concurrents (Boeing, Uber etc.), en menant un important travail de lobbying et d’évangélisation des esprits. Par exemple, la publication une grande enquête sur l’acceptabilité sociale de la mobilité aérienne urbaine, interrogeant 1540 personnes dans les villes de Los Angeles, Mexico ainsi qu’en Suisse et en Nouvelle Zélande.

Figure 1: Airbus a réalisé un sondage sur la perception de la mobilité aérienne auprès de 1540 personnes.

Dans le rapport d’enquête, les habitants des zones rurales sont peu enclins à utiliser ces nouveaux modes de transport alors que les jeunes urbains confrontés aux embouteillages les plébiscitent. Mais au-delà de l’acceptabilité sociale, les constructeurs devront faire modifier les règles du trafic aérien et de survol des zones habitées. Pour y parvenir, Airbus et Uber font des progrès. D’une part, Uber a établi un partenariat avec la NASA pour concevoir un système de gestion du trafic aérien urbain, puisqu’elle estime qu’elle pourrait exploiter plusieurs milliers de vols quotidiens d’ici 2023. Airbus de son côté a mené des expérimentations sur le campus de l’université de Singapour où le drone Skyways d’Airbus Helicopters a réussi un vol de livraison d’un colis chargé automatiquement par un bras robotisé. Les étudiants peuvent utiliser ce mode de livraison pour leurs commandes sur internet.

Figure 2: Le drone livreur de colis d’Airbus en action sur le campus de l’université de Singapour

Aux Etats Unis, certains Etats sont déjà favorables comme Los Angeles et Chicago. La Nouvelle Zélande  aussi, en autorisant la société américaine Kitty Hawk a réalisé des tests sur son territoire avec leur  « Flying Taxis Cora ». En Allemagne, la chancelière Angela Merkel a signé une lettre d’intention avec les représentants d’Audi (groupe Volkswagen) et d’Airbus pour tester des taxis aériens dans la ville d’Ingolstadt et ses environs. « Les taxis volants ne sont plus une vision, ils peuvent nous emmener vers une nouvelle dimension de la mobilité », a déclaré à ce propos, le ministre des Transports allemand, Andreas Scheuer.

Comme on peut s’en rendre compte, les questions de législation tournent essentiellement autour de l’acceptabilité et de la sécurité. La législation qui encadrera l’insertion de ces nouveaux engins volants dans l’environnement urbain et périurbain est un préalable indispensable pour que cette nouvelle industrie prometteuse décolle, et d’après la banque Morgan Stanley, elle devrait représenter un chiffre d’affaires annuel de 1,5 milliard de dollars en 2040. Et au regard des évolutions actuelles, on envisage leur usage pour le transport des personnes d’ici 2025, mais bien avant pour le transport des biens, comme des produits médicaux d’urgence.

Entre autonomie et sécurité.

La majorité sinon toutes les voitures volantes existantes sont autonomes[2], c’est-à-dire que la navigation repose essentiellement sur le pilotage automatique. Elle est intelligente, avec des caméras et un radar permettant de détecter et éviter des obstacles inattendus. La majorité des tests se font sans passagers. A l’exception de ceux réalisés par la firme chinoise Ehang qui a réalisé en Février 2018, une série de vols publics avec des passagers dans la ville de Canton, Guangzhou.

https://twitter.com/globaltimesnews/status/960790168776003584

Cette série de vols était non seulement avec des ingénieurs mais aussi des officiels du gouvernement chinois. En tout, une quarantaine de personnes ont déjà volé dans ce drone-taxi et les passagers cobayes chinois n’ont eu qu’à s’asseoir à bord sans s’occuper du pilotage puisque le Ehang 184 est entièrement autonome. Une fois le client  qui aura commandé son taxi via son smartphone pris en charge , c’est l’ordinateur de bord qui prend le contrôle et le transporte à bon port grâce à un pilote automatique. Toutes les conditions météo ont été testées jusqu’à faire voler le taxi drone propulsé par un quadrirotor 100 % électrique dans le brouillard, par temps de jour et de nuit et même par un vent de force 7. Un autre aspect sécuritaire est la présence d’un réseau 4G, qui permet d’effectuer un suivi en temps réel par un centre de supervision et en cas de défaillance technique il se pose immédiatement sur le vertiport le plus proche. Au-delà de la chine, les Émirats arabes unis espèrent que d’ici 2030 le quart de toutes les courses de taxi de leurs États s’effectueront grâce à des services de transport automatisés.

L’enjeu environnemental

Les voitures volantes, comme Lilium Jet sont entièrement électriques et n’émettent pas de CO2, bien qu’étant capable d’atteindre 4000 m d’altitude. Le Lilium Jet peut accueillir deux passagers et vole à une vitesse de croisière de 250-300 km/h. Mais ce véhicule peut également ranger ses ailes pour intégrer les itinéraires terrestres, comme n’importe quelle voiture, tout en respectant l’environnement. Son financement a d’ailleurs été réalisé par diverses institutions publiques et privées militant pour la diminution des changements climatiques.

L’enjeu économique

Il s’agit précisément d’une économie de temps et de ressources financières. Par exemple, avec le projet Lilium, on peut parcourir 300 kilomètres et rallier l’aéroport J.-F. Kennedy à Manhattan en six minutes pour un tarif de 70 dollars à 80 dollars (72 euros) par passager. Le tarif moyen avec Vahana de la firme A3 d’Airbus coutera environ 50 Euro. Avec de tels coûts, une entreprise est rentable. Et bien qu’il existe des services de taxi avec des hélicoptères comme Voom au Brazil, ils s’avèrent être un peu chers, un peu difficiles à piloter et trop bruyants pour les utiliser au quotidien dans les villes.

Conclusion

Il y a plus de 20 entreprises dans le monde qui travaillent en ce moment sur des projets de création ou d’amélioration de véhicules volants. Le cabinet Deloitte évalue le poids du marché à 17 milliards de dollars d’ici à 2040, rien qu’aux Etats-Unis. Dans les cinq prochaines années, on verra des vertiports apparaître dans quelques villes, et des petites icônes d’avion sur les applications de covoiturage. Ça pourrait commencer par une dizaine, mais un jour ou l’autre, on pourrait en avoir des centaines, survolant nos villes. Ça va fondamentalement transformer la manière dont nous nous déplaçons. Si au siècle dernier, c’était le trafic aérien qui connectait notre planète ; dans le prochain, il va reconnecter nos communautés locales, et j’espère qu’il nous reconnectera les uns avec les autres. Car bien qu’on puisse être fasciné par le progrès que les voitures volantes représentent, on doit également être vigilant des possibles dérives. De pareilles technologies doivent être appréciés en termes de valeur pratique plutôt que d’éloignement de nos possibles antérieurs.

Notes et références


[1] Valentin Cimino, ‘Boeing se dit prêt à lancer son taxi volant autonome pour un usage urbain’, Siècle Digital (blog), 6 March 2019, https://siecledigital.fr/2019/03/06/boeing-se-dit-pret-a-lancer-son-taxi-volant-autonome-pour-un-usage-urbain/.

[2] Normand, ‘Y a-t-il un pilote dans le taxi volant ?’, 17 May 2019, https://www.lemonde.fr/la-foire-du-drone/article/2019/05/17/y-a-t-il-un-pilote-dans-le-taxi-volant_5463533_5037916.html.


Les enjeux du multi-salariat pour les pays en voie de développement

Le numérique et l’économie des plateformes

À la suite de la révolution numérique, les possibilités et modalités de travail ont été transformés : micro-travail[1], portage, multi-salariat, télétravail, coworking…). Il est désormais commun de voir des personnes exerçant plusieurs jobs, à distance ou en présentiel, et ce pour diverses motivations, la plus importante étant d’ordre économique. Des particuliers équipés d’un ordinateur et payés à faire du traitement de texte, de la modération sur les réseaux sociaux ou du classement de factures pour le compte d’entreprises : c’est le principe de l’économie de la prestation. Cette dernière a entraîné la digitalisation du travail[2], le statut d’autoentrepreneur, le télétravail, l’ubérisation[3]. Au premier rang des inconvénients, l’isolement professionnel, l’ingérence du travail dans la vie personnelle, la diminution des rapports sociaux, l’allongement des heures travaillées etc.

Cette manière de travailler, qui caractérise principalement la génération Y, se répand de plus en plus dans les pays en voie de développement où l’accès à l’emploi reste un défi permanent.  Contrairement à leurs aînés, ils savent que la sécurité de l’emploi et la retraite ne sont pas des acquis. Par exemple en Afrique de l’Ouest :

  •  14,3 % des travailleurs des capitales de l’Union Economique et Monétaires des Etats de l’Afrique de l’Ouest (UEMOA) occupent leur emploi principal moins de 35 heures par semaine, alors qu’ils souhaiteraient travailler davantage ;
  • 43 % des actifs occupés des capitales de l’UEMOA travaillent plus de 48 heures, proportion qui monte à 48 % si l’on considère uniquement les travailleurs du secteur informel !

On rencontre donc davantage de situations d’excès de travail pour parvenir à un niveau de revenu décent. La pluriactivité[4] est en effet souvent considérée comme une stratégie des ménages pour accroître leurs revenus, en particulier en cas de contrainte conjoncturelle ou risque de chômage partiel. Et selon un rapport[5] de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Économiques), les jeunes de 30 ans n’exerceront pas moins de 13 métiers, dont certains n’existent même pas encore.

Economie des plateformes et développement des compétences

Dans de nombreux pays en développement, où une grande partie de la population n’a pas accès à une éducation de base de qualité, le défi de doter les gens des compétences nécessaires pour participer à l’économie de plate-forme est beaucoup plus important[6] que dans les pays du Nord. De plus, on doit se demander non seulement quelles sont les barrières de compétences qui entravent l’accès à cette nouvelle forme de travail, mais aussi quels types de mobilité économique l’économie de plateforme favorise.

Un autre lien entre le développement des compétences et l’économie de plate-forme est la collaboration entre les centres de formation et les entreprises de l’économie de plate-forme. Des organisations comme Souktel, qui opère au Moyen-Orient, ont utilisé la technologie de la téléphonie mobile pour révolutionner l’adéquation sur le marché du travail et connecter les jeunes aux programmes de développement des compétences. Souktel et d’autres utilisent des systèmes basés sur les SMS pour établir des profils de jeunes chômeurs et les relier ensuite à des opportunités pertinentes. Ces types de portails pourraient-ils être intégrés dans les systèmes d’économie de plateforme afin que les travailleurs qui utilisent ces plates-formes disposent d’un canal efficace pour se renseigner sur les possibilités de perfectionnement professionnel et de perfectionnement des compétences ?

Un aperçu des pratiques existantes en Afrique

En Afrique, ce mode de travail basé sur les plateformes en ligne, peut permettre d’améliorer ses revenus et d’avoir davantage d’autonomie, selon les résultats d’une enquête conduite par les chercheurs du Gordon Institute of Business Science de l’université de Pretoria auprès de 500 de ces e-travailleurs, notamment au Kenya, au Nigeria et en Afrique du Sud.

En 2013, au moment d’ouvrir Naijacloud, un site de mise en relation entre employeurs et micro-salariés numériques, le Nigeria avait même estimé que ce secteur pourrait représenter 450 à 900 millions de dollars par an.

Depuis juin 2016, Isahit, une société française ambitionne de reconnecter les jeunes femmes africaines au monde du travail grâce aux micro-tâches. Au Cameroun, des femmes vont travailler sur les marchés le matin puis passent l’après-midi à modérer les commentaires de sites internet. Au Togo et au Burkina, des étudiants arrondissent aussi leurs fins de mois de cette manière. Le modèle d’Isahit est proche de celui d’Amazon Mechanical Turk[7]. Mais les niveaux de rémunération des 500 000 turkers d’Amazon sont vivement critiqués, avec parfois quelques cents de dollar seulement par tâche. Mais Isahit paye 20 dollars (18 euros) par jour pour sept heures de travail, et les fondateurs entendent recruter 10 000 personnes à Dakar, Abidjan, Ouagadougou et Yaoundé.

En 2017, le gouvernement kenyan lançait « Ajira », un programme de formation des jeunes aux compétences numériques qui vise à réduire le chômage ambiant en créant un million d’emploi. Joe Mucheru, ministre kényan de l’Information, de la Communication et de la Technologie explique que les autorités envisagent de maximiser les efforts sur les emplois en ligne qu’offrent plusieurs sociétés dans le pays ces dernières années : « Les entreprises offrent davantage de travail en ligne parce que c’est plus pratique et rentable pour elles…». Le gouvernement kényan estime à plus de 40.000, le nombre de Kenyans ayant obtenu un travail en ligne allant des services de transcription au développement de logiciels sur des sites tels qu’Amazon Mechanical Turk et la plateforme kenyane KuHustle. L’ambition est de poursuivre sur la même lancée avec le programme Ajira (emploi en swahili).

La seule différence substantielle entre le travail à la chaîne du siècle passé et ces plateformes de micro-travail, est que ces dernières se basent non pas sur une hyperspécialisation mais sur une hyperstandardisation des actions.  Les controverses et les accidents auxquels les stratégies opportunistes de ces entreprises porteuses d’une version marchande de l’économie de partage exposent ses contributeurs montrent à quel point, dans le travail algorithmique, la dimension immatérielle se fait toujours rattraper par les éléments tangibles, par la force des contraintes matérielles et sociales, par la réalité des conditions de vie même des usagers.

Perspectives d’avenir

Emploi et travail constituent une préoccupation sociale[8] majeure, à l’heure de l’automatisation grandissante et du chômage de masse. La formation, initiale ou continue, semble plus que jamais être un rempart au chômage. Mais réaliser une formation professionnelle de qualité ne garantie pas l’obtention d’un job de qualité. Au-delà des motivations économiques, le télétravail, le multi-travail etc., sont également des sources d’épanouissement professionnel ou personnel. Pour certains, il s’agit d’un moyen alternatif d’assouvir leur passion ou rêve. Pour d’autres, il s’agit de quêtes intérieures résultant de la curiosité, du gout de l’aventure. Contrairement à ceux qui considèrent donc les micro-travailleurs comme des automates[9], nous pensons que le plus important, c’est de considérer le but ultime du travail, c’est-à-dire « ce qui permet l’épanouissement de chacun dans sa singularité, au bénéfice de la collectivité ».

Les chercheurs et les gouvernements ont une tâche ardue à accomplir pour évaluer les impacts de l’économie plate-forme dans le Sud, sans parler de l’élaboration de nouvelles politiques autour de celle-ci. Dans l’ensemble, nous devons évaluer l’impact de l’économie de plate-forme sur les marchés du travail dans le Sud en considérant comment la participation à ces formes de travail affecte les individus au cours de leur vie professionnelle. Cela signifie qu’il faut se concentrer sur les possibilités de formation des compétences, de mobilité économique et d’autonomisation. Ensuite, il est important de se focaliser davantage sur la maximisation de la valeur qui revient aux travailleurs dans l’économie de plateforme. Les nouvelles politiques et réglementations devraient tirer parti des avantages de l’économie de plateforme plutôt que d’essayer de limiter sa croissance.

Référence


[1] Lehdonvirta, Vili & Paul Mezier (2013) Identity and Self-Organization in Unstructured Work, Working Paper COST Action IS 1202, « The Dynamics of Virtual Work », n° 1, https://www.dynamicsofvirtual-work.com/wpcontent/uploads/2013/03/COST-Action-IS1202-Working-Paper-12.pdf

[2] Antonio Casilli. Digital Labor : travail, technologies et conflictualités. Qu’est-ce que le digital labor ? Editions de l’INA, pp.10-42, 2015, 978-2-86938-2299.

[3] Dans le cas d’Uber, l’idée initiale était de créer des réseaux de covoiturage dynamique en mettant en contact un utilisateur passager avec un conducteur. Finalement, cela s’est transformé en un service qui remplace les taxis, voire qui aspire à « disrupter » le secteur des transports urbains, à y introduire des éléments de rupture économique et sociale.

[4] Ils étaient plus de 4,5 millions en France (16% des actifs) d’après une étude menée par le Salon des micro-entreprises en Août 2015.

[5] OECD (2017). Going Digital: Making the Transformation Work for Growth and Well-being. Meeting of the OECD Council at Ministerial Level. Paris, June 2017

[6] Dewan, S. & Randolph, G. (2016). Introduction, in Transformations in Technology, Transformations in Work. JustJobs Network. Retrieved from https://justjobsnetwork.org/transformation-in-technology-transformation-in-work/

[7] Il s’agit d’une plateforme fondée sur un principe simple de parcellisation et d’atomisation des tâches. Vous pouvez vous inscrire sur MTurk si vous êtes un travailleur ou une entreprise, avec des avantages spécifiques. Si vous êtes un travailleur, vous choisissez de réaliser des tâches simples, appelées Hits (Human intelligence tasks). Il s’agit d’activités qui affichent une forte ressemblance avec les comportements numériques « hors contrainte de travail » : écrire des courts commentaires, cliquer, regarder des photos ou des vidéos…

[8] Devereux, S. & Sabates-Wheeler, R. (2004). Transformative social protection. Working paper series, 232. Brighton: IDS. Retrieved from https://opendocs.ids.ac.uk/opendocs/bitstream/handle/123456789/4071/Wp232.pdf?sequence=1

[9] C’est de toute façon ce qui est en train de se passer, à cause de la déferlante de l’automatisation. D’aucuns disent que les postes créés dans le digital ne compenseront pas ces pertes, loin de là.


Comment les statuts WhatsApp nous renseignent sur la personnalité des individus

Saviez que les statuts live de vos amis peuvent vous donner des informations précieuses sur leur état d’esprit ? Saviez vous que ces murs sont des outils de communication parallèle efficaces mais redoutables ?

Deux scénarios éloquents sur le caractère aliénant des statuts.

Premier scénario :

Abena Owusu, une jeune femme ghanéenne âgée de 26 ans, vient de recevoir un appel de son copain, qui l’annonçait n’avoir plus d’intérêt et voulait stopper leur relation amoureuse qui perdure depuis 4 ans. Abena, étouffe de colère, tout son corps tremble tellement elle est enragée. Après quelques heures de pleurs, elle se rend sur son statut WhatsApp où elle poste des messages apparemment innocents pour un observateur lambda, mais très éloquent pour leur destinataire. Vindicative, ses messages sont lourds de reproche, d’avertissement et de menaces dont la finalité ultime est d’amener son Roméo à renoncer à sa décision ou du moins, à le lui faire regretter et à développer. Quelques jours après cet incident, elle est victime d’un choc cérébral entraînant la paralysie complète du coté gauche de son corps. Plusieurs mois de traitement à l’Hôpital n’ont aucun effet, les médecins ne parviennent pas à identifier exactement la cause de cette paralysie. La famille a ainsi vite fait d’attribuer cela à une attaque mystique d’un(e) jaloux du bonheur et de la beauté de leur fille Abena. La famille ignore qu’Abena traverse une crise émotionnelle depuis sa rupture. Elle ne peut ni ne veut le leur dire également. Son père est un diacre très respecté et influent qui ne rate jamais l’occasion de chanter la chasteté et l’exemplarité de sa fille unique Abena. Ni lui ni aucun autre parent ne se doutent de la vie parallèle dans laquelle cette dernière vivait. Si seulement, ils consultaient les statuts WhatsApp de leur fille, ils auraient longtemps compris qu’il y’avait quelque chose d’anormal qui clochait. Et cela aurait peut-être constitué une piste de résolution du mal intérieur qui rongeait Abena…

Deuxième scénario :

Si le premier scénario est une histoire vraie qui nous a été narrée, la seconde a été personnellement vécue. Notre compagnie avait organisé une soirée de gala pour remercier et dire aurevoir à certains membres sortants du Conseil d’administration. Après le repas et les témoignages, vint l’instant de se défouler. Le DJ de l’occasion joua des rythmes et sonorités locales, mais étant donné que la soirée avait été organisée un vendredi soir, après une longue journée de travail, tous les collègues étaient épuisés et certains retournèrent à leur domicile se reposer. Cependant, une jeune collègue de 27 ans se lança avec énergie sur la piste de danse. Initialement, je crus qu’elle était emportée par la musique, mais je m’aperçu quelques secondes plus tard qu’elle tenait son iPhone en mode selfie, s’autofilmant pendant qu’elle dansait. Elle sollicita même un tiers pour mieux la filmer pendant quelques minutes. Lorsque je l’interrogeais, un peu surpris, elle déclara innocemment que ces vidéos étaient réalisées juste pour alimenter ses statuts WhatsApp, Facebook et Instagram…

Cette déclaration me rappela les propos d’une amie Magalie Laliberté, qui disait en parlant des réseaux sociaux que : « Les jeunes ne vivent plus l’instant présent. Ils documentent le présent. » En effet, les réseaux sociaux sont rapidement devenus des outils aliénant affectant la santé mentale des jeunes, surtout les « digital natives ». Ces derniers n’envisagent point leur vie sans accès à internet, à leur portable, à Internet et tous les contenus qu’on y retrouve. Dans une analyse antérieure, nous présentions déjà l’importance voire l’urgence de parfois de déconnecter, pour respirer, se désintoxiquer, prendre du recul et mieux apprécier la vie sans internet ni réseaux sociaux. Dans celle-ci, nous nous pencherons sur une fonctionnalité spécifique des réseaux sociaux, les statuts, afin de montrer comment ils fournissent de précieuses informations sur l’état psychologique des jeunes et leur potentiel usage pédagogique.

Mais pour faciliter l’analyse, nous avons tenté une catégorisation des profils d’utilisateurs des statuts.

Young women showing a WhatsApp Messenger icon – CC

Les profils d’utilisateurs des statuts.

Image libre de droit

 

Les Annonceurs ou reporters : Cette catégorie regroupe tous ceux qui se servent de leurs statuts comme plateforme publicitaire leur permettant d’annoncer à leurs proches et au monde, les événements auxquels ils sont impliqués ou intéressés. Il est ainsi possible de savoir exactement le lieu et l’activité que réalise ce genre d’individu juste en se rendant sur son statut. Tel des journalistes reporters, ces derniers sont obsédés par le besoin d’informer les autres de tout ce qu’ils font en temps réel. Au niveau psychologique, il s’agit parfois d’un manque de confiance en soi, d’un besoin d’approbation des autres ou tout simplement la satisfaction de leur ego.

 

 

Image libre de droit

 

Les Blagueurs : il s’agit là de personnes passionnées d’humour et baignant régulièrement dans une humeur positive. Sur leurs statuts, la majorité de leurs contenus sont des images ou vidéos hilarantes, le plus souvent collectées sur internet dans des groupes dédiés. Par exemple, il existe des communautés ou groupes Facebook uniquement destinés au partage de contenus humoristiques ou sarcastiques. Il s’agit d’une source d’approvisionnement pour les Blagueurs qui éprouvent du plaisir à diffuser de la bonne humeur ou à arracher un sourire à un proche autour d’eux. Du point de vue psychologique, diffuser le rire pour les Blagueurs a une fonction thérapeutique, un exutoire pour se libérer du stress quotidien du travail, des études, de la famille ou de la vie en général.

 

Image libre de droit

Les Cachotiers : Cette catégorie renvoie aux personnes comme Abena Owusu, ceux qui se servent de leurs statuts comme des postes de combat pour mitrailler ceux qui les auraient offensés. Parfois, les attaques sont ciblées et directes lorsque le Cachotier mentionne clairement le nom du destinataire. Mais le plus souvent, elles sont anonymes et seules des proches peuvent cerner les sous-entendus ou non-dits. Au niveau psychologique, les Cachotiers sont parfois des personnes colériques ou timides qui n’arrivent pas toujours à exprimer ouvertement et verbalement leurs émotions. Leurs statuts deviennent ainsi un ring de boxe, où ils peuvent se défouler, cracher leur venin en toute sécurité et confort mental, blotti avec leur portable. De nature renfermés, ils se sentent courageux et puissant lorsqu’ils sont abrités derrière leur écran. Les statuts leur permettent ainsi d’extérioriser leur état psychologique : dépression, stress, fatigue, frustration… Vous ne pourrez saisir leur état émotionnel qu’en visitant leur statut WhatsApp car ils ne vous diront pas ou rarement qu’ils ne vont pas bien.

Les Pros comme l’expression l’indique, désigne ces personnes, parfois matures, qui ont un usage stratégique et consistent de leurs statuts. Il s’agit parfois d’entrepreneurs accomplis ou en devenir qui s’en servent pour éduquer leur audience, marketer leurs produits, motiver leurs followers, réaliser leur branding personnel ou organisationnel etc. Il n’est ainsi pas surprenant de retrouver des profils avec des produits de beauté ou électroniques en vente. Le follower ou regardeur a ainsi une relation directe quoiqu’informelle avec le fournisseur de services. C’est cette pratique qui a motivé WhatsApp à développer une version « business » pour les entreprises afin d’avoir une meilleure relation de proximité entre clients/marchands.

Les Spirituels : il s’agit là de croyants – chrétiens ou musulmans le plus souvent – qui utilisent leurs statuts pour partager des contenus religieux dérivés de leur expérience personnelle ou tiré de livres ou personnalités religieuses. Il est par exemple courant de retrouver des versets bibliques ou coraniques, des mots d’encourages chrétiens… Evidemment, il est peu recommandable de se fier à ces statuts à caractère religieux pour mesurer la maturité spirituelle d’un individu.

Voilà ainsi présentés les 5 profils d’utilisateurs des statuts sur les réseaux sociaux. Evidemment il ne s’agit point de catégories closes et fixes, mais juste des traits dominants. On peut ainsi retrouver un Cachotier partager des contenus spirituels, pour se remonter le moral ou attaquer une cible invisible. On peut également avoir un Annonceur pro, qui est consistent et stratégique dans ses usages. Le plus important n’est point cette catégorisation, mais le fait qu’elle permette de ressortir et d’apprécier les dynamiques en cours dans les usages des réseaux sociaux. Les professionnels de la santé, surtout mentale, trouveront en cela un matériau supplémentaire pour améliorer le diagnostic de leurs patients. Et parfois, cela peut sauver des vies, surtout lorsque la victime de trouble psychologique n’extériorise point véritablement son état émotionnel ou psychologique.

Cependant, la communauté éducative est-elle consciente des immenses potentialités contenues dans les espaces d’apprentissage informel comme les statuts, et exploite-t-elle l’omniprésence des technologies mobiles afin d’encourager de nouvelles percées pour relier entre eux les environnements scolaires, post-scolaires et familiaux ? Telle est la question principale à laquelle la seconde partie de notre analyse tentera d’apporter un éclairage.


Apply NOW for the African Future Leaders Fellowship (Cohort 2)

The African future Leaders Fellowship (AFLF) is a bold initiative to develop changemakers for the continent and inspire young Africans to be solution oriented, entrepreneurial-minded and value led leaders.  The program, which launched its first cohort in September 2018 will this year seek to offer training to 100 tertiary students and recent graduates between the ages of 18 – 25.

We had a chat with Belinda Akoto, Programs Director of the AFLF to learn about the vision and benefits of the program.

Kindly tell us briefly about yourself

My name is Belinda Akoto. I am proud Ghanaian from the Ashanti region and the wife of an extraordinary man. I am the eldest of 2 girls. My first degree was at the University of Ghana and my second degree was at the London School of Economics and Political Science. I am in the process of building my career but currently, I work for Harlem Children’s Zone in Manhattan and also double as the programs director for the African Future Leaders Fellowship.

 Tell us about the African Future Leaders Fellowship and the vision for this initiative?

The African Future Leadership Fellowship (AFLF) is a social enterprise solving the needs of Tertiary students and Senior High students.  We organize mentoring/ youth empowerment programs for students in the Tertiary and Senior high school with our current cohort focused on tertiary students. The program aims at offering a holistic mentoring & skills training in Career Development, Entrepreneurship, Leadership among others to young Africans between the ages of 18 & 25.
Do you remember how you felt when you were about completing the senior high school or the university? I remembered how I felt, for SHS, I was scared of what the university life will be like but was very excited about moving to the next stage in life and being considered an adult lol but the feeling is totally different when you are in your finals at the university. You are more terrified of the unknown. You are unsure of when you will get a job. or even how to begin the job search. If you have a business idea, there is very little chance of finding a guiding hand to help you succeed. Most often the reality turns out to be even worse after school.  This is the problem the AFLF seeks to solve, to empower young Africans for the corporate world and connect them with mentors to offer guidance.

What is the structure of the AFLF?

Our program is based on 3 pillars:

1. 3 months online mentoring & training

The mentoring/ training is based on 6 modules which are:
– purpose & vision
– Leadership
– Networking and Relationship
– Financial Literacy
– Career Development
– Entrepreneurship.
Each module is handled by a seasoned mentor who is a master in their field of work. These modules have been designed to prepare the tertiary student for the corporate world after graduation and also empower them to start their own businesses and organizations.

2. Community Project

As Patrick Awuah, founder of Ashesi University, Ghana has said, ‘We don’t need more agitators in Africa. We need more problem solvers.’ Our aim through the African Future leaders fellowship is to raise up solution oriented, problem solving young leaders for Africa. Through the community project, Fellows apply the skills they have gained through the training to a community project in their country.

3. Digital Skills Training

Many young people lack the digital skills crucial for success in today’s workplace. The digital skills training is aimed at helping fellows acquire certification in relevant digital skills based on their career path.
At the end of the program, fellows receive a certificate and become part of our community of solution-oriented young African leaders.  You can apply for Cohort 2 of the fellowship program here.

What have been some of your successes & challenges so far?

Our success stories have been the positive results that we see in our graduated fellows. They are out there being a part of the solution and not a part of the problem. They are making a major impact in their communities in their own small ways. Another success has been the ability of the impact of the training on the preparedness of our fellows for the job market and their renewed interest in entrepreneurship.
Our challenges have been many but a major one has been the access to affordable internet for most of our fellows. Internet is expensive in their various countries and also unstable and unreliable. This makes it difficult for some fellows to follow the course through to the end. Another major challenge has been getting more partnerships with corporate organizations.
 

What are some benefits fellows for Cohort II stand to gain?

Some of our amazing rewards are .: support with information(application & financial aid) on studying abroad, free website for outstanding business/ blog ideas, free certified digital training, holistic training for career development a and entrepreneurship, Q&A live sessions with successful entrepreneurs & professionals, become part of a rich network of outstanding young Africans and many more. And before I forget… Can I get a drum roll for this reward ……… The best fellow gets  awarded with our SURPRISE GRAND  PRIZE 😉
Visit https://africanfutureleaders.org/apply/ to apply for Cohort 2


My propositions to better the Arab and African Youth Platform of the World Youth Forum

The World Youth Forum (WYF), which was opened by President Abdel Fattah El Sisi in Aswan on Saturday 16 March 2019, conveys the civilized image of Egypt and reflects its keenness on spreading peace. The WYF mirrors the civilization, security and stability in Egypt. It’s also a cultural diplomacy tool as it brings youths from all over the world to meet their Egyptian counterparts. After attending the Forum, here are some observations and propositions for the organising committee to improve the planning and implementation of this program to make it more successful and impactful.

 1. If not yet, it will be good to establish a task force team with 1-2 members representing the 5 African Regions (Central, Eastern, Southern, West and the MENA region to ensure more diversity in attendance and representativity all through the planning and execution stage.

Task force gives more power.

2. Connect more participants from the Arab and sub-Saharan regions using game-based activities. As an active and leading researcher on gamification in Africa, I know how important gaming can foster engagement, motivation and facilitate collaboration between people from different background. Playing is a universal language. During this event, I noticed that most of the participants were not properly or effectively mingling with each other. Most were still working and talking with their colleagues from the same country or region. I just saw very few cases of Arab youth exchanging ideas with African Youth, and I believe we can create more opportunities for both to engage, learn and collaborate.

3. Encourage Arab and African Youth to mix, collaborate and create businesses together. Bringing youth from across the globe is important to foster intercultural dialogue, but what’s the essence or long-term impact if we just come to share diverse ideas without creating something together or implementing them? Many of the participants were unemployed, students or underemployed. So, beyond an international engagement, it will be great to equip and empower them to be increase their social impact and influence. WYF’s slogan is ‘Discuss, Generate, Act!’ but it seems that the last step on action has not yet been fully considered or integrated. But it’s only through action that change happens. Actions speak louder than words.

4. Depending on the content, workshop facilitators should prioritize small group activity to categorize and organize ideas gathered in brainstorm activity; Identify and describe key issues. Include more team-building activities to keep everyone refreshed and amused.

With friend of Nigeria and Egypt

5. We haven’t been explicitly asked for feedback. It sounds cheesy but it’s true. Some people will tell you their opinion anyway, but it may not be a representative cross-section of all the participants and likely not the best sample from the people you’d ideally like to attend. But if you specifically and repeatedly ask the entire crowd, they’ll share their voice, as everybody liked to be heard.

6. Having celebrity speakers such as Nelson Mandela Grandson doesn’t guarantee a successful impact. Having celebrities talk about how they’ve made changes doesn’t necessarily help us. From the workshop on social entrepreneurship, most of the participants will agree with me that the more important is for the speaker to understand where participants are coming from and engage in a meaningful way with them. A good speaker keeps the audience engaged and presents information in an interesting way. Interactive workshops that seek ideas and feedback from the people participating in them have done best, in my experience.

7. Explicitly encourage participants to share on social media what they are learning during the AAYP.

Even though the hashtag #WorldYouthForum was visible on all the event materials, it’s always better to regularly remind participants what to do. I sincerely believe in the WYF Platform as a unique and leading voice for Arab and African Youth to connect, discuss and create joint initiatives with a lasting impact in Egypt and Africa. So, whenever, there is an event being organised (such as the WYF Insights), it is important to “make strategic noise” to tell the world our story. For the next editions, we could use a social media stream on a projector showing each time a post with the forum related hashtag is tweeted. This will also connect people who are not at the conference with the WYF.

8. Turn inspiration into action: to be sincere and honest, the Arab and Youth African Platform was more inspiring than empowering.

It has been a life-changing experience and I’m impatient to see this program growing and reaching its full potential in solving problems for a better world. I took some time to write down these propositions because I believe in this program and in its transformative potential for diplomatic and cultural relationship between the MENA Region and Sub-Saharan Africa. I will always be ready to contribute and share more ideas whenever the need arises.

Wish you all the best and thanks again for all.

 


My inspiring experience at the 2019 World Youth Forum in Aswan

On March 15th, I landed in Aswan (Egypt) after an 8 hours trip from Ghana, to attend the Arab and African Youth Platform of the World Youth Forum. It was a great and inspiring event where I had the opportunity to meet and discuss with the Egyptian President, H.E El Sissi. In this blog, I’m going to share my best experiences, highlight areas that need improvements and suggest some propositions to better future editions.

What I liked most?

  1. This event is an innovative way of promoting cultural and political diplomacy.

Aswan, where the event was organised

An Overview of Aswan

The WYF promoted tourism in Egypt and showed the whole world that Egypt is a safe tourism destination, not to mention its capability to hold such a well-organized forum that welcomed a hundred delegations from all over the world. The forum resulted in inking several investment deals, which will provide lots of job opportunities for Egyptians. It proved that Egypt has intellectual youth, who are totally aware of African problems, with a clear vision to reform or resolve them. I believe many African governments can learn and be inspire by this program.

  1. It gives Arab and African youth a voice, a platform where to creatively and thoughtfully express their ideas on how to improve their societies.

World Youth Forum
Arab and Subsaharan youth together

  1. Most, if not all, the members of the organizing team (PLP) never lose their control and were always cool even when unexpected things happened. For example, I lose my wallet and they have helped me to recover it professionally and gently.

With a member of the WYF Organizing team

  1. I connect with many people from across Africa and made new friends with youth from Swaziland, Bahrein and Lebanon. It would be very difficult for me to book hotel accommodation whenever I’m travelling to one of these countries. Beyond friends, we are now a family, a network ready to support each other whenever the need arises.

With other participants from Nigeria and Ethiopia

  1. I enjoyed revisiting Aswan, after a first trip in 2016 with my colleagues from Senghor University in Alexandria. Stuff were less expensive, and the Egyptians are very welcoming, always ready to take a selfie. I enjoyed the nice food and thanks to all the chefs, particularly those on the “Tower Prestige” Cruise who were friendly and patient. One night that we came late for dinner, they had already cleaned everything but accepted to serve us some food to eat.

  1. Most of the participants were dressed in their national or cultural attire. As an Afropolitan, it’s very important to me because we need to value more our cultural artefacts and present it to the world. Some participants who were dressed in the western style said that it was “more conventional and convenient” to them. But I always replied that it was a wrong perception, nothing is conventional or not. It’s just a matter of perspective and thinking. If there is something in Africa that’s not conventional, we are responsible for accepting that status quo and following the trend. Let’s be original! Let’s dare to be different. Let’s dare to be unique and do everything from an African perspective. It just requires a mindset shift that we all need to develop. Let’s stop being passive followers and assume our rich identity. As a proud Afropolitan, I always wear African dresses and many times, it has intrigued or inspired foreign people.

Proud Afropolitan

 

What can be improved?

Planning

At the level of planning, most of the participants received all the travel documents just three days before the event. It was therefore difficult or impossible for some participants to be granted authorisation to leave from their organisation because the time was too short. If possible, the WYF Organizing Committee should send a confirmation email at least two weeks ahead to enable all the participants to prepare accordingly. As a convener of debate & public speaking events across Africa, I know the logistical and organisational burdens that such events may constitute.

Communication

I really appreciate the fact that there was a WYF Wi-Fi hotspot at Aswan International Airport but was quite surprised to notice that most of the boat cruises were not having WiFi for participants. However, I understand that it may have been strategically been done to enable participants to connect more together rather than isolating on social media. Not providing a free internet connection has also enabled most of us to buy local SIM Card (Etisalat, Vodafone, Orange…), henceforth contributing to the economic development of local communities.

There was also asymmetrical communication between participants and organisers. The agenda wasn’t fully respected, and I understand it may be due to factors that weren’t under the control of organisers. But what we say must always line up with what we do.

You can’t please everybody

Some participants also complained about not have being informed about the presidential meeting on the boat. Even though they are right, everyone couldn’t have been able to get on the boat. It’s just a matter of natural selection and divine grace. No matter how much thought and planning goes into an event, you simply can’t please everyone who attends. That’s also why I’m writing this feedback.

Workshop on Social Entrepreneurship from an African Perspective: a disillusion.

Even though the topic was interesting, the content has not properly been designed and delivered by the facilitation team. They made it look like a teaching session or course, while it was supposed to be an interactive and participant-driven session. We had different groups with different level of experiences, cultural background and expectations in the classroom. As an Instructional designer and facilitator, a good approach will have been better if the facilitator had previously sent a quick needs assessment to understand participants expectations and tailor the content according to that. They could have also been able to do that in-class by briefly asking participants’ expectations before the beginning of the workshop. Knowing and understanding participants expectations will have then served to divide them into small diverse team of 4-5 members working on 3-4 key characteristics of social entrepreneurship in Africa, previously identified by the participants. After 15-20 minutes of brainstorming and collective work, the participant would have come front to present their findings and the facilitator could have then build on that to explain it better, using its own examples and references.

This bottom-up approach was more suitable than the top-bottom one that was used. It has irritated and frustrated participants and some of them openly expressed their discontent or left before the workshop’s end. The lesson I have learnt from this is that, the more important is not the value of the content, but how it’s been shared. Knowledge only becomes power when it’s appropriately and conveniently shared with others. The second lesson I learnt is patience. In life, things won’t always work as expected nor planned, but it’s how we respond that makes the difference. Attitude is the foundation and support of everything we do and the most valuable asset we can possess toward life.

With the Egyptian President El Sisi

It has been a life-changing experience and I’m impatient to see this program growing and reaching its full potential in solving problems for a better world. I believe in this program and in its transformative potential for diplomatic and cultural relationship between the MENA Region and Sub-Saharan Africa.

 


La Philosophie Du Jeu, Un Langage Universel

La philosophie est un jeu. Le jeu est une philosophie. De la philosophie au jeu, la frontière est légère. Du jeu en philosophie, la matière est entière. L’enjeu de cet article, c’est de philosopher sur le jeu comme langage universel, une pratique atemporelle qui sans cesse se renouvelle. Les nouvelles dans l’éducation, la formation, le sport, la santé, l’économie, la politique… lui font la part belle. A tel enseigne qu’il est presqu’impossible d’envisager un avenir sérieux, sans le jeu.

La philosophie est un jeu.

Enfant entrain de jouer avec une roue de moto @Afropolitanis

La finalité de la philosophie c’est d’apprendre de la vie, de la comprendre et de s’en détendre. Philosopher donc c’est prendre la vie du bon côté et parvenir à se détendre au milieu des tumultes de la vie. Et il n’y a rien de mieux que le jeu pour se détendre. Le jeu est un plaisir humain au caractère divin[1]. Un aphrodisiaque longtemps pratiqué pour le plaisir des Dieux[2]. Le jeu est une pratique naturelle mais éternelle. Le jeu est une étape du développement cognitif qui échappe au contrôle du temps. Peu importe votre étape de croissance, que vous soyez enfant, adolescent, jeune adulte, parent ou grand parent, le jeu est une équation omniprésente dans votre vie.

Bébé, l’un de mes meilleurs moments de la journée était la prise de bain. Un moment magique où je sautais d’excitation au contact de l’eau dans ma bassine bleu ciel. Joyeux, je battais de l’eau dans tous les sens, sous l’œil attentif de ma tendre maman, qui profitait de ce moment de bain pour avoir un peu de répit.  Après m’avoir baigné et pomponné, on m’installait dans ma voiturette-bébé où je devais apprendre à marcher, une fois de plus à travers le jeu : un parent me désignait un jouet-récompense et m’invitait à venir le chercher en marchant debout sur mes pieds. Chaque fois que j’échouais, en trébuchant ou m’asseyant, je devais recommencer de plus belle.

Enfant, le jeu était une instance de sociabilité[3], d’émotivité, de découverte et d’apprentissage. Il était difficile pour les parents de nous retenir à la maison lorsque des jeux comme la « ndamba » (football), le pousse-pion, l’Awalé ou le Ndorchi étaient pratiqués à l’extérieur. Instinctivement, nous convergions tous vers notre centre habituel de jeu : une maison abandonnée dont l’espace était soigneusement assigné à la pratique de jeux différents[4]. Dans la vaste salle du salon, un groupe de jeunes s’adonnait au jeu « tête-tête » avec une balle de football. Dans les chambres annexes, d’autres groupes d’enfants s’amusaient à des jeux très variés : le jeu de billes[5], le jeu de rôle « papa-maman »[6], la corde à sauter[7], le cache-cache, la marelle[8].

 Jeu de billes

La cour du voisin, assez spacieuse, servait de terrain de football et il arrivait que les enfants et jeunes adultes continuaient à jouer même lorsqu’il pleuvait. Ce sont des souvenirs dorés inoubliables qui contrastent avec les pratiques ludiques contemporaines favorisant davantage l’isolation, peu accessible et parfois couteux : Xbox, Nintendo, PlayStation, Internet… Je développe davantage les effets des jeux contemporains dans cette analyse.

 Le jeu est une philosophie.

La philosophie a l’art pour objet mais est aussi sujet de l’art. L’esprit philosophique, dit-on[9] souvent, est l’art de jongler avec des abstractions. Sous cet angle, le philosophe est un jongleur, qui pour réussit sa performance doit rester focus. D’où les critiques lancées à l’endroit des philosophes, qui s’intéresse à tout et au Tout (métaphysique), oubliant l’adage : qui trop embrasse, mal étreint.

Pareillement, le jeu est une philosophie, mais aussi une philosophie de la vie. Certains comme Jess Martinez, Frank Guan[10], estiment que le jeu offre un univers meilleur à celui de la vie réelle. Avec les développements de la Réalité Virtuelle et de l’intelligence artificielle, le jeu se transforme chaque jour et prend des formes jusqu’alors imprévisibles il y’a une décennie. Le jeu, sous toutes ses formes, s’est ainsi diffuser et imposer dans toutes les sphères de la vie. Il est impossible d’envisager l’avenir de l’enseignement sans les jeux dit ‘sérieux’ car ils favorisent un meilleur engagement de l’apprenant et une meilleure rétention de l’information.

Quand la philosophie du jeu entre en scène…

 Deux danseurs africains @irawo

Dans le milieu professionnel,

Le jeu s’infuse de plus en plus. Des expériences[11] ont démontré qu’intégrer le jeu en entreprise[12], renforce la cohésion au sein d’une équipe (team-building), et donne une motivation extrinsèque aux employés par une mise en contexte, un côté ludique de positionnement, d’estime de soi ou d’altruisme.

Dans le milieu de la santé,

Les effets positifs du jeu sur le bienêtre, sur la santé mentale et dans le traitement de certaines maladies, a longtemps été prouvé : des ateliers jeux vidéo ont été mis en place par des infirmiers psychiatriques dans certains hôpitaux, afin d’aider les malades à sortir de leur isolement ; des maisons de retraite utilisent des consoles de jeu contrôlées par les mouvements pour favoriser l’activité physique de leurs résidents ; les personnes victimes d’un traumatisme cérébral sont rééduquées par le jeu.

En famille…

 Jouer en famille @Flickr

le jeu renforce les liens d’affection et d’amour entre les différents membres. Les enfants apprécient beaucoup ces instants ludiques mais magiques partagés avec leur parent. Peu importe le degré d’amour ou de discipline d’un parent, c’est souvent à travers le jeu que les leçons se partagent et que s’installe un sentiment de proximité, de complicité et d’intimité avec votre enfant. Si vous voulez être proche de votre enfant, adoptez une philosophie du jeu dans votre relation. Des entreprises[13] l’ont très vite saisi et se sont spécialisées dans la conception de jeux de société (Monopoly, Azzul, codenames , jeux de carte,  …) et autres jouets pouvant être utilisés avec des amis, proches…

En politique…

Le jeu a toujours existé. Le jeu comme la politique est un art. Le jeu politique tout comme la philosophie est aussi l’art de jongler avec des abstractions. Les citoyens électeurs n’ont aucune garantie certaine que le candidat battant campagne, tiendra ses promesses une fois élu. Les politiciens sont d’ailleurs de très bons orateurs, des rhéteurs devenus maitre dans l’art du discours, qui jouent avec des mots pour persuader le peuple de leur capacité à résoudre leurs maux ; qui camouflent parfois leur véritable éthos et s’appuient sur le pathos du public pour convaincre. Donc tout bon politicien est un bon joueur. Tout bon joueur aime le risque tout comme la politique est le champ des risques. Donc la politique sans le jeu perd son essence. Le « jeu » politique qui a conduit à l’élection surprise de Donald Trump est là pour nous le rappeler. Son élection a déjoué tous les « scores » et « classements » et jusqu’aujourd’hui continue à provoquer l’étonnement « philosophique » et entrainant des questionnements des plus insolites.

Dans le domaine des sports…

Deux lutteurs sénégalais

Le jeu est comme l’âme du corps. Il n’y a aucun sport sans jeu. Tout sport est un jeu codifié dont l’une des finalités est la recherche du plaisir dans le dépassement de soi. Le jeu tout comme le sport est un langage universel : les jeux olympiques et les différentes compétitions sportives nationale ou internationales comme la Coupe d’Afrique de Football, l’EURO etc., sont là pour nous le rappeler. Sur un terrain de football, il n’est pas nécessaire de parler la langue pour pouvoir se comprendre, connaitre les règles du jeu suffisent amplement. Dans un pays arabe comme l’Egypte, le sport pour moi était une plateforme de dialogue interculturel. Bien que leur connaissance de l’Afrique Subsaharienne soit faible, la majorité des jeunes égyptiens connaissaient et adoraient Samuel Eto’o Fils, une icone camerounaise du football africain.

Enfin, on a clairement pu se rendre compte de ce que le jeu est une philosophie mais aussi un art universel. La musique est un jeu de sonorités. La littérature est un jeu de lettres. La danse est un jeu du corps. La Bande dessinée est un jeu de signes. L’architecture est un jeu d’espaces et la sculpture, un jeu de formes. La peinture est un jeu de couleurs. La photo est un jeu de lumière. Le théâtre est un jeu de rôles et de représentation…

Universel, le jeu nous permet ainsi de traverser les barrières sociales[14], ethniques, culturelles, politiques, sanitaires, économiques etc. Le jeu nous apprend à nous comme aux animaux à appréhender la gestion du risque et la connaissance de nos limites dans la vie réelle. Les jeux font appel à notre aspiration à apprendre et à progresser, à surpasser les autres ou soi-même, à interagir et à découvrir. Peu importe les challenges que vous rencontrez, changer de perspective et adopter une philosophie du jeu vous permettra de voir d’autres enjeux.

 

Notes et références

[1] Jean Lambert, « Le singulier système des monothéismes », Topique no 96, no 3 (2006): 11‑22.

[2] Danièle Dehouve, « Les dieux en action. Conférences de l’année 2014-2015 », Annuaire de l’École pratique des hautes études (EPHE), Section des sciences religieuses. Résumé des conférences et travaux, no 123 (1 septembre 2016): 317‑24.

[3] Cédric Christian Ngnaoussi Élongué, « Effets du jeu vidéo sur la mobilité, la sociabilité et la santé des jeunes », Thot Cursus, consulté le 1 mars 2019, /articles/42633/effets-du-jeu-video-sur-la-mobilite-la-sociabilite-et-la-sante-des-jeunes.

[4] Cédric Christian Ngnaoussi Élongué, « Usages pédagogiques de jeux traditionnels africains en ligne | Thot Cursus », consulté le 19 février 2019, https://cursus.edu/articles/42599/usages-pedagogiques-de-jeux-traditionnels-africains-en-ligne.

[5] L’objectif est de dégommer la bille de l’adversaire pour gagner. Certains petits garçons y laissaient leur argent de poche. Il y’a plusieurs variantes.

[6] Il s’agit d’un jeu de rôle.  Le garçon campe le rôle du père, et la fille, celui de la mère. Ils ont souvent des enfants qui peuvent être leurs frères ou des poupées.

[7] Un jeu très rythmé. Il s’agit d’une petite chorégraphie autour d’une corde élastique tenue de part et d’autres par 2 personnes. Le tout sur des chansons que tous fredonnent.  Il ne faut surtout pas s’emmêler les pieds !

[8] Il s’agit d’un parcours ordonné (au minimum de 1 à 8) dessiné sur le sol, progressant de « terre » à « ciel ». Après avoir lancé un caillou plat, ou un petit sachet rempli de sable, les joueurs progressent alors chacun à son tour dans les différentes cases à cloche-pied. Il ne faut surtout pas se retrouver dans la case où se trouve le caillou, ni toucher les lignes entre les cases.

[9] Raymond Ruyer, « L’esprit Philosophique », Revue philosophique de la France et de l’etranger Tome 138, no 1 (18 février 2013): 7‑19.

[10] FRANK GUAN, « Video Games Are Better Than Real Life », Vulture, 22 février 2017, https://www.vulture.com/2017/02/video-games-are-better-than-real-life.html.

[11] Stéphanie Marulier, « Serious games : quel potentiel d’application en milieu professionnel ? », consulté le 1 mars 2019, https://www.vitagora.com/blog/2015/serious-games-milieu-professionnel/.

[12] Alexandre Roberge, « Les jeux vidéo et l’entreprise : une perspective très sérieuse », Thot Cursus, consulté le 4 mars 2019, /technologies/28244/les-jeux-video-et-lentreprise-une-perspective-tres-serieuse.

[13] Charles Cuvelliez, « La gamification ou comment le jeu peut changer le travail en entreprise », La Tribune, consulté le 3 mars 2019, https://www.latribune.fr/opinions/tribunes/la-gamification-ou-comment-le-jeu-peut-changer-le-travail-en-entreprise-783113.html.

[14] Alexandre Roberge, « Les jeux vidéo pour acquérir des compétences sociales », Thot Cursus, consulté le 1 mars 2019, /articles/26355/les-jeux-video-pour-acquerir-des-competences-sociales.