Christian ELONGUE

La Philosophie Du Jeu, Un Langage Universel

La philosophie est un jeu. Le jeu est une philosophie. De la philosophie au jeu, la frontière est légère. Du jeu en philosophie, la matière est entière. L’enjeu de cet article, c’est de philosopher sur le jeu comme langage universel, une pratique atemporelle qui sans cesse se renouvelle. Les nouvelles dans l’éducation, la formation, le sport, la santé, l’économie, la politique… lui font la part belle. A tel enseigne qu’il est presqu’impossible d’envisager un avenir sérieux, sans le jeu.

La philosophie est un jeu.

Enfant entrain de jouer avec une roue de moto @Afropolitanis

La finalité de la philosophie c’est d’apprendre de la vie, de la comprendre et de s’en détendre. Philosopher donc c’est prendre la vie du bon côté et parvenir à se détendre au milieu des tumultes de la vie. Et il n’y a rien de mieux que le jeu pour se détendre. Le jeu est un plaisir humain au caractère divin[1]. Un aphrodisiaque longtemps pratiqué pour le plaisir des Dieux[2]. Le jeu est une pratique naturelle mais éternelle. Le jeu est une étape du développement cognitif qui échappe au contrôle du temps. Peu importe votre étape de croissance, que vous soyez enfant, adolescent, jeune adulte, parent ou grand parent, le jeu est une équation omniprésente dans votre vie.

Bébé, l’un de mes meilleurs moments de la journée était la prise de bain. Un moment magique où je sautais d’excitation au contact de l’eau dans ma bassine bleu ciel. Joyeux, je battais de l’eau dans tous les sens, sous l’œil attentif de ma tendre maman, qui profitait de ce moment de bain pour avoir un peu de répit.  Après m’avoir baigné et pomponné, on m’installait dans ma voiturette-bébé où je devais apprendre à marcher, une fois de plus à travers le jeu : un parent me désignait un jouet-récompense et m’invitait à venir le chercher en marchant debout sur mes pieds. Chaque fois que j’échouais, en trébuchant ou m’asseyant, je devais recommencer de plus belle.

Enfant, le jeu était une instance de sociabilité[3], d’émotivité, de découverte et d’apprentissage. Il était difficile pour les parents de nous retenir à la maison lorsque des jeux comme la « ndamba » (football), le pousse-pion, l’Awalé ou le Ndorchi étaient pratiqués à l’extérieur. Instinctivement, nous convergions tous vers notre centre habituel de jeu : une maison abandonnée dont l’espace était soigneusement assigné à la pratique de jeux différents[4]. Dans la vaste salle du salon, un groupe de jeunes s’adonnait au jeu « tête-tête » avec une balle de football. Dans les chambres annexes, d’autres groupes d’enfants s’amusaient à des jeux très variés : le jeu de billes[5], le jeu de rôle « papa-maman »[6], la corde à sauter[7], le cache-cache, la marelle[8].

 Jeu de billes

La cour du voisin, assez spacieuse, servait de terrain de football et il arrivait que les enfants et jeunes adultes continuaient à jouer même lorsqu’il pleuvait. Ce sont des souvenirs dorés inoubliables qui contrastent avec les pratiques ludiques contemporaines favorisant davantage l’isolation, peu accessible et parfois couteux : Xbox, Nintendo, PlayStation, Internet… Je développe davantage les effets des jeux contemporains dans cette analyse.

 Le jeu est une philosophie.

La philosophie a l’art pour objet mais est aussi sujet de l’art. L’esprit philosophique, dit-on[9] souvent, est l’art de jongler avec des abstractions. Sous cet angle, le philosophe est un jongleur, qui pour réussit sa performance doit rester focus. D’où les critiques lancées à l’endroit des philosophes, qui s’intéresse à tout et au Tout (métaphysique), oubliant l’adage : qui trop embrasse, mal étreint.

Pareillement, le jeu est une philosophie, mais aussi une philosophie de la vie. Certains comme Jess Martinez, Frank Guan[10], estiment que le jeu offre un univers meilleur à celui de la vie réelle. Avec les développements de la Réalité Virtuelle et de l’intelligence artificielle, le jeu se transforme chaque jour et prend des formes jusqu’alors imprévisibles il y’a une décennie. Le jeu, sous toutes ses formes, s’est ainsi diffuser et imposer dans toutes les sphères de la vie. Il est impossible d’envisager l’avenir de l’enseignement sans les jeux dit ‘sérieux’ car ils favorisent un meilleur engagement de l’apprenant et une meilleure rétention de l’information.

Quand la philosophie du jeu entre en scène…

 Deux danseurs africains @irawo

Dans le milieu professionnel,

Le jeu s’infuse de plus en plus. Des expériences[11] ont démontré qu’intégrer le jeu en entreprise[12], renforce la cohésion au sein d’une équipe (team-building), et donne une motivation extrinsèque aux employés par une mise en contexte, un côté ludique de positionnement, d’estime de soi ou d’altruisme.

Dans le milieu de la santé,

Les effets positifs du jeu sur le bienêtre, sur la santé mentale et dans le traitement de certaines maladies, a longtemps été prouvé : des ateliers jeux vidéo ont été mis en place par des infirmiers psychiatriques dans certains hôpitaux, afin d’aider les malades à sortir de leur isolement ; des maisons de retraite utilisent des consoles de jeu contrôlées par les mouvements pour favoriser l’activité physique de leurs résidents ; les personnes victimes d’un traumatisme cérébral sont rééduquées par le jeu.

En famille…

 Jouer en famille @Flickr

le jeu renforce les liens d’affection et d’amour entre les différents membres. Les enfants apprécient beaucoup ces instants ludiques mais magiques partagés avec leur parent. Peu importe le degré d’amour ou de discipline d’un parent, c’est souvent à travers le jeu que les leçons se partagent et que s’installe un sentiment de proximité, de complicité et d’intimité avec votre enfant. Si vous voulez être proche de votre enfant, adoptez une philosophie du jeu dans votre relation. Des entreprises[13] l’ont très vite saisi et se sont spécialisées dans la conception de jeux de société (Monopoly, Azzul, codenames , jeux de carte,  …) et autres jouets pouvant être utilisés avec des amis, proches…

En politique…

Le jeu a toujours existé. Le jeu comme la politique est un art. Le jeu politique tout comme la philosophie est aussi l’art de jongler avec des abstractions. Les citoyens électeurs n’ont aucune garantie certaine que le candidat battant campagne, tiendra ses promesses une fois élu. Les politiciens sont d’ailleurs de très bons orateurs, des rhéteurs devenus maitre dans l’art du discours, qui jouent avec des mots pour persuader le peuple de leur capacité à résoudre leurs maux ; qui camouflent parfois leur véritable éthos et s’appuient sur le pathos du public pour convaincre. Donc tout bon politicien est un bon joueur. Tout bon joueur aime le risque tout comme la politique est le champ des risques. Donc la politique sans le jeu perd son essence. Le « jeu » politique qui a conduit à l’élection surprise de Donald Trump est là pour nous le rappeler. Son élection a déjoué tous les « scores » et « classements » et jusqu’aujourd’hui continue à provoquer l’étonnement « philosophique » et entrainant des questionnements des plus insolites.

Dans le domaine des sports…

Deux lutteurs sénégalais

Le jeu est comme l’âme du corps. Il n’y a aucun sport sans jeu. Tout sport est un jeu codifié dont l’une des finalités est la recherche du plaisir dans le dépassement de soi. Le jeu tout comme le sport est un langage universel : les jeux olympiques et les différentes compétitions sportives nationale ou internationales comme la Coupe d’Afrique de Football, l’EURO etc., sont là pour nous le rappeler. Sur un terrain de football, il n’est pas nécessaire de parler la langue pour pouvoir se comprendre, connaitre les règles du jeu suffisent amplement. Dans un pays arabe comme l’Egypte, le sport pour moi était une plateforme de dialogue interculturel. Bien que leur connaissance de l’Afrique Subsaharienne soit faible, la majorité des jeunes égyptiens connaissaient et adoraient Samuel Eto’o Fils, une icone camerounaise du football africain.

Enfin, on a clairement pu se rendre compte de ce que le jeu est une philosophie mais aussi un art universel. La musique est un jeu de sonorités. La littérature est un jeu de lettres. La danse est un jeu du corps. La Bande dessinée est un jeu de signes. L’architecture est un jeu d’espaces et la sculpture, un jeu de formes. La peinture est un jeu de couleurs. La photo est un jeu de lumière. Le théâtre est un jeu de rôles et de représentation…

Universel, le jeu nous permet ainsi de traverser les barrières sociales[14], ethniques, culturelles, politiques, sanitaires, économiques etc. Le jeu nous apprend à nous comme aux animaux à appréhender la gestion du risque et la connaissance de nos limites dans la vie réelle. Les jeux font appel à notre aspiration à apprendre et à progresser, à surpasser les autres ou soi-même, à interagir et à découvrir. Peu importe les challenges que vous rencontrez, changer de perspective et adopter une philosophie du jeu vous permettra de voir d’autres enjeux.

 

Notes et références

[1] Jean Lambert, « Le singulier système des monothéismes », Topique no 96, no 3 (2006): 11‑22.

[2] Danièle Dehouve, « Les dieux en action. Conférences de l’année 2014-2015 », Annuaire de l’École pratique des hautes études (EPHE), Section des sciences religieuses. Résumé des conférences et travaux, no 123 (1 septembre 2016): 317‑24.

[3] Cédric Christian Ngnaoussi Élongué, « Effets du jeu vidéo sur la mobilité, la sociabilité et la santé des jeunes », Thot Cursus, consulté le 1 mars 2019, /articles/42633/effets-du-jeu-video-sur-la-mobilite-la-sociabilite-et-la-sante-des-jeunes.

[4] Cédric Christian Ngnaoussi Élongué, « Usages pédagogiques de jeux traditionnels africains en ligne | Thot Cursus », consulté le 19 février 2019, https://cursus.edu/articles/42599/usages-pedagogiques-de-jeux-traditionnels-africains-en-ligne.

[5] L’objectif est de dégommer la bille de l’adversaire pour gagner. Certains petits garçons y laissaient leur argent de poche. Il y’a plusieurs variantes.

[6] Il s’agit d’un jeu de rôle.  Le garçon campe le rôle du père, et la fille, celui de la mère. Ils ont souvent des enfants qui peuvent être leurs frères ou des poupées.

[7] Un jeu très rythmé. Il s’agit d’une petite chorégraphie autour d’une corde élastique tenue de part et d’autres par 2 personnes. Le tout sur des chansons que tous fredonnent.  Il ne faut surtout pas s’emmêler les pieds !

[8] Il s’agit d’un parcours ordonné (au minimum de 1 à 8) dessiné sur le sol, progressant de « terre » à « ciel ». Après avoir lancé un caillou plat, ou un petit sachet rempli de sable, les joueurs progressent alors chacun à son tour dans les différentes cases à cloche-pied. Il ne faut surtout pas se retrouver dans la case où se trouve le caillou, ni toucher les lignes entre les cases.

[9] Raymond Ruyer, « L’esprit Philosophique », Revue philosophique de la France et de l’etranger Tome 138, no 1 (18 février 2013): 7‑19.

[10] FRANK GUAN, « Video Games Are Better Than Real Life », Vulture, 22 février 2017, https://www.vulture.com/2017/02/video-games-are-better-than-real-life.html.

[11] Stéphanie Marulier, « Serious games : quel potentiel d’application en milieu professionnel ? », consulté le 1 mars 2019, https://www.vitagora.com/blog/2015/serious-games-milieu-professionnel/.

[12] Alexandre Roberge, « Les jeux vidéo et l’entreprise : une perspective très sérieuse », Thot Cursus, consulté le 4 mars 2019, /technologies/28244/les-jeux-video-et-lentreprise-une-perspective-tres-serieuse.

[13] Charles Cuvelliez, « La gamification ou comment le jeu peut changer le travail en entreprise », La Tribune, consulté le 3 mars 2019, https://www.latribune.fr/opinions/tribunes/la-gamification-ou-comment-le-jeu-peut-changer-le-travail-en-entreprise-783113.html.

[14] Alexandre Roberge, « Les jeux vidéo pour acquérir des compétences sociales », Thot Cursus, consulté le 1 mars 2019, /articles/26355/les-jeux-video-pour-acquerir-des-competences-sociales.


An overview on the state of implementation of Anti-corruption policies in Ghana

On 5th December 2018, I attended a workshop organised by the Ghana Integrity Initiative (GII) to enhance knowledge and awareness of the Africa Union Convention on Preventing and Combatting Corruption (AUCPCC). The programme brought together 29 civil society and media practitioners who learned and interacted on their role in ensuring that Ghana meets its obligations in relation to the AUCPCC.

The workshop was facilitated by the Director of Anti-Corruption at the Commission for Human Rights and Administrative Justice (CHRAJ), Charles Ayamdoo, who presented Ghana’s effort in fighting corruption and the level of implementation of anti-corruption commitments under the AUCPCC.

The AUCPCC is a shared roadmap for states to implement anti-corruption systems and good governance on a regional or national level. The convention contains strong provisions that could help in resolving corruption challenges in Ghana. However, beyond its ratification in 2007, Ghana has not regularly reported progress on implementation.

Moreover, the facilitator presented some research findings on the extent to which Ghana has discharged her obligations under the AUCPCC, with a focus on money laundering, illicit enrichment, political funding, civil society and media, access to information, code of conduct and assets declaration.

Evaluation of Ghana’s compliance with the anti-corruption convention of the AU

  • Money Laundering: The research findings revealed that Ghana is in full compliance with Article 6 of the AUCPCC. Since 2007, the Anti-Money Laundering Act criminalises money laundering and has gone further to establish the Financial Intelligence Centre (FIC) to assist in the implementation of the Act, something not provided for by article 6 of the AUCPCC.
  • Illicit enrichment: the existing legislative and measures show that conflict or interest and illicit enrichment have not yet been established as offences.
  • Funding of Political Parties: The Ghana Political Parties Act 2000 (Act 574), do not cater for the activities of political party candidates in Parliamentary elections. There is no transparency nor limit on campaign financing. Therefore, the country is not fully complying with Article 10 of the AUCPCC.
  • CSO and Media: Article 12 of the AU Convention recognises the role of civil society and the media in curbing corruption, but that provision is yet to be practicalised in Ghana. For instance, a short pre-training evaluation revealed that many CSO and media practitioners were more aware of the United Nation Convention Against Corruption than the African Union Convention on Corruption. Also, the non-compliance of article 12 is demonstrated by the non-representation of CSOs on the AU Advisory Board on Corruption and the non-representation of CSOs in delegations of country visits by the Board.
  • Assets declaration and code of conduct: The existing legislation on assets declaration regime is deficient in many areas. Reform is required in order for Ghana to maximise the benefits of a robust and strong assets declaration regime.
  • Access to information: Since 2009, the Right To Information (RTI) Bill is still pending. Despite the recent advocacy actions from civil society it is still difficult to predict when it shall be enacted. Therefore, the country is not in full compliance with Article 9 of the AUCPCC.

After Mr. Charles Ayamdoo presented these key findings on Ghana’s obligation towards the AUCPCC, the participants were asked to mingle and constitute two main groups with the goal of identifying key priority areas for advocacy and elaborate some recommendations.

Group discussion during the program

Key priority for advocacy and recommendations

The key priority areas that have been identified are access to information, CSO and Media, illicit enrichment and political party funding. Regarding civil society and media, it has been recommended that:

  • More and better civil society advocacy is needed to enhance effective engagement of stakeholders and the government on the implementation of the AUCPCC.
  • CSOs should prepare their own reports on monitoring activities of the Board for the consideration of the AU Commission
  • CSOs should hold government accountable and responsible for ensuring the implementation of the AUCPCC and also request for feedback on the reporting obligations as well as challenges Government may be encountering;
  • CSOs need to lobby for representation on the Board and collaborate more closely with relevant key state institutions on the AU Convention.

At the end of the program, CSO and media practitioners have commended the current government for implementing measures and strategies, including the creation of the Office of the Special Prosecutor to support the fight against corruption. But the reality is that corruption remains consistent and persists despite these efforts.

We strongly believe that the Government should move from slogans to actions. It, therefore, requires a stronger leadership, oversight institutions and financial support to help strengthen existing anti-corruption systems and support civil society in eradicating corruption. We also need to reorient our attitudes and perceptions as citizens and not spectators. Fighting corruption is a collective responsibility and everyone must contribute with his own quota. We need to eschew politicisation of corruption and encourage citizens to reject and run-away from this canker wherever they are.


Kofi Annan: a great Afropolitan changemaker, servant leader and tireless peacemaker.

Kofi Annan_Responsibility to protect_lafropolitain.mondoblog.org
Kofi Annan_Responsibility to protect 

A changemaker is someone who makes a personal decision for their lives to be a part of the solution…part of the fight for a better world. there is one main difference between changemakers and the rest of the world. Most people desire change; many know what they would like to see different in the world, and some even know how it could be done best. But Kofi Annan belonged to that higher class of people who act to see their change happen. His aristocratic style, cool-tempered elegance and political savvy helped guide his ascent to become the first black African UN secretary-general, and the first to be selected from the ranks of the global agency staff. And while the world is shocked after the death of the former first black African UN Secretary Kofi Annan, I want to recall his legacy as a great African leader, changemaker and peacemaker.

1. Kofi Annan, a guiding force for good.

Kofi Annan_Rockstar to diplomacy_afropolitanis_ngnaoussi
Kofi Annan_Rockstar to diplomacy

The main characteristic of changemaker is the fact that they are tenacious about the greater good. They use a deep-rooted sense of empathy for others, identify a specific problem or opportunity to tackle, and give themselves permission to do something about it. Bill Drayton

“Kofi Annan was a guiding force for good,” current U.N. Secretary-General Antonio Guterres said. In many ways, Kofi Annan was the United Nations. He was chief architect of what became known as the Millennium Development Goals, and played a central role in creating the Global Fund to Fight AIDS, Tuberculosis and Malaria and the U.N.’s first counter-terrorism strategy. He rose through the ranks to lead the organization into the new millennium with matchless dignity and determination.

But it doesn’t stop there. Changemakers are relentless.

2. A tireless peacemaker and defender of humanist values

This is how some African presidents described him after the announce of his death:

“A diplomat extraordinaire, we will remember Mr Kofi Annan for his commitment, his leadership and his tireless efforts to advance the African agenda” President Ramaphosa.

 

In fact, Kofi Annan is worldly recognized for its relentless efforts in pushing for peace as the most paramount instrument for sustainable development when others were structuring war. He was a master mediator who was keen on flying the flag for peace around the world, always looking for reconciliation when others were looking for division.

From March 1993 to February 1994, he served as assistant secretary-general for Peacekeeping Operations. In 2001, he and the United Nations were jointly awarded the Nobel Prize for Peace. Just before becoming secretary-general, Annan served as special envoy to the former Yugoslavia, where he oversaw a transition in Bosnia from U.N. protective forces to NATO-led troops. In 2005, he succeeded in establishing the Peacebuilding Commission and the Human Rights Council. In 2006, he helped secure a truce between Israel and Hezbollah. And when he departed from the UN, he left behind a global organization far more aggressively engaged in peacekeeping and fighting poverty, setting the framework for the U.N.’s 21st-century response to mass atrocities and its emphasis on human rights and development.

After leaving his high-profile U.N. perch, Annan didn’t rest. In 2007, he founds the Kofi Annan Foundation, a non-profit promoting global sustainable development, peace and security. That year he helped broker peace in Kenya, where election violence had killed over 1,000 people.

His quiet advice on how best to defuse impending crises was in constant demand from all corners of the globe, in particular from Africa,” said former Norwegian Prime Minister Gro Harlem Brundtland.

As special envoy to Syria in 2012, Annan won international backing for a six-point plan for peace. In 2017, his foundation’s biggest projects included promotion of fair, peaceful elections. They also mobilize leaders of all sectors to provide leadership where it needed. The Foundation works on the premise that there can be no long-term peace without development and no sustainable development without peace. And no society can long remain prosperous without the rule of law and respect for human rights.

3. A tall iroko tree in Africa.

Kofi Annan said he is Stubborn Optimist for peace in the World _ afropolitanis
Kofi Annan said he is Stubborn Optimist for peace in the World

Annan has been described as “Africa’s foremost son » or “a tall iroko tree” whose achievement as the first black African to lead the UN is a source of pride to many on the continent.

« Wherever there was suffering or need, he reached out and touched many people with his deep compassion and empathy » said His foundation when announcing his death in Switzerland on Saturday in a tweet.

He was there for Africa during the Rwandan Genocide. In 1998, he helped ease a transition to civilian rule in Nigeria. He brokered a crucial truce in the bloody aftermath of the Kenyan election violence in 2007/2008. Around 600 people were killed after marauding youths armed with spears, bows, arrows and machetes destroyed homes around the town of Eldoret, near the border with Uganda. Annan and his team got both leaders to agree to a power-sharing coalition that ended the bloodshed. One Twitter user wrote on hearing of his death Saturday: « Were it not for you, our country would have been brought down to ashes. » He mediated a settlement of a dispute between Cameroon and Nigeria over the Bakassi peninsula. “He stood by The Gambian people during difficult times in 2016/17,” Gambian president Adama Barrow said on twitter.

Annan was widely recognized as one who advanced the African agenda greatly during his tenure at the United Nations. Many have lauded his significant contributions to the humanitarian and development issues in Africa, not just through the United Nations but through his work at the Mo Ibrahim Foundation and the Africa Progress Panel, which advocates at the highest level for equitable and sustainable development in Africa.

He launched a global campaign at an African leaders summit in 2001 calling for fresh funding to tackle the HIV/AIDS epidemic ravaging major countries in sub-Saharan Africa. A year earlier, he had called on world leaders at a UN Security Council meeting to urgently prioritize the AIDS epidemic, which he said was 10 times deadlier than armed conflict on the continent.

« HIV/AIDS is not only an African problem. It is global and must be recognized as such. But within that international obligation, the fight against AIDS in Africa is an immediate priority, which must be part and parcel of our work for peace and security in that continent, » Kofi Annan

He will be remembered for his remarkable achievements in ensuring and contributing to the stability of democratic governments across Africa. But also as a Pan-Africanist leader and extraordinaire diplomat genuinely committed to serve the world.  He was humanity’s best example of human decency and grace. In a world now filled with leaders who are anything but that, our loss, the world’s loss becomes even more painful. Taking the leadership rope today as the young Generation of Africa, I see difficult days ahead. However, I shall take lessons from history, inspiration from him and try to do a better job.

Rest in peace, Kofi Annan the Afropolitan.


Comment communiquer en Egypte quand on ne parle pas l’arabe ?

L’Egypte, avec ses légendaires pyramides et sa riche civilisation, est parmi les premières destinations touristiques au monde. Des individus de toutes les nations s’y rendent chaque année par centaines de millions pour satisfaire leur soif d’exotisme ou tout simplement à des fins académiques. Quoi qu’il en soit et selon la durée de votre séjour, vous pouvez recourir à un guide local qui se chargera de vous fournir toutes les informations en Anglais, ou alors vous débrouiller vous-même pour communiquer. Dans ce cas, on se repose souvent sur des applications mobiles comme Google translate, Duolingo…

Je me souviens encore de la constance avec laquelle je m’en servais en Egypte.

Dans ce pays arabe, seuls les intellectuels ou personnes à partir de la classe moyenne, parlent ou se débrouillent en Anglais, et le français encore moins. C’est presqu’une langue élitiste réservée à la haute classe, très souvent féminine car les hommes égyptiens perçoivent le français comme une langue « efféminée ».  Il est très difficile voir rarissime de voir un citoyen lambda s’exprimer en français. La langue courante c’était donc l’arabe local : à prendre ou à laisser.

1) Commencer avec Google Translate…

Google translate était donc mon « sauveur » lors des négociations d’achat. Et Dieu seul sait comment j’aime marchander (hihihihi). Car si tu ne marchandes pas bien avec un commerçant égyptien, le « gars » va te vacciner « un genre un genre » tu vas sauf que confirmer. Ne parlant point l’arabe, je tapais donc mes phrases sur Google translate puis je présentais au marchand qui lisait pour comprendre ce que je voulais dire. Quand il était lettré, il écrivait également sa réponse en arabe puis je traduisais vers le français. S’il n’était point lettré, je devais faire recours à la fonction de traduction vocale de Google Translate.

Mais pour ceux qui utilisent régulièrement l’application, nous savons que la traduction vocale n’est pas très fidèle. Surtout que l’accent, la prononciation, le rythme, le débit de parole ou même la qualité de la connexion influencent une réception de qualité du message. Dans ces conditions, ce que je recevais était très souvent 30% du message réel et je me débrouillais avec les signes gestuels pour transmettre le reste de l’information.

2) Enchainer avec la gestuelle…

Même là encore c’était un autre problème car les codes de la gestuelle n’ont pas tous la même signification en Egypte. Je me souviens un jour où je traversais la route, j’ai tendu le bras, la paume de main ouverte, vers un taximan pour lui faire signe de ralentir.

Signe de la main pour demander à une voiture de ralentir au Cameroun. Credit: depositphotos.com
Signe de la main pour demander à une voiture de ralentir au Cameroun. Credit photo: LiliiaKyrylenko via Depositphoto.com

Mais cela eu l’effet contraire et ce fut de justesse que j’échappais au choc. J’appris plus tard que ce geste était plutôt une insulte. Pour demander une pause ou ralentissement, il fallait user d’un autre geste.  Il ne faut aussi jamais montrer sa semelle de chaussure, c’est une grave offense à l’égard des personnes assises en face.

Après avoir suivi quelques cours d’arabe egyptien, j’ai retenu quelques mots clés utiles pour les négociations. L’un d’eux, « Ketir » qui signifie, c’est cher, servait presque à tous les coups. Lorsque j’allais par exemple, acheter un téléphone et qu’on me « taxait » le prix. Mon premier réflexe c’était de répondre Kétir avant même d’entamer n’importe quoi. Après, je sortais mon application Google translate pour gérer la suite. Et lorsqu’il arrivait que mon téléphone s’éteigne avant la fin des négociations, on continuait avec la calculatrice. Le marchand de laptop écrit  son dernier prix sur la calculette puis me la montre. J’écrivais le mien puis le lui montrait également. Et en quelques minutes, le tour était joué.

3) Se faire accompagner par un arabophone et se préparer à faire beaucoup de selfies

Au-delà de l’usage du langage non verbal comme la gestuelle, la mimique, le regard ou le sourire, il est également possible voire recommandé de se faire accompagner, surtout pour les lourdes opérations d’achat, par une personne qui parle bien arabe. Cela facilite la connexion et le prix qu’on donne à l’arabophone est très différent de celui qu’on donnera à un étranger.

Comme on le sait, la langue est un facteur d’intégration capital dans tout pays. Si tu veux te faire accepter par la population d’un pays, il faut apprendre, accepter et partager certains de leur code. C’est ce qu’a très vite saisi mon cher ami Konstantinos Maragkos, que j’ai connu à Accra au Ghana. Et bien que n’ayant résidé que pendant 6 mois au pays de Kwame Nkrumah, il se débrouille merveilleusement bien. De loin mieux que moi-même qui y suis depuis un an déjà. Son secret, c’est qu’il n’a point peur de faire les erreurs. Dès qu’il apprend une nouvelle expression, il s’en sert aussitôt que l’occasion se présente. En matière d’apprentissage des langues, seule la pratique perfectionne.

Pour en revenir au cadre égyptien, toute personne y résidant, pourrait en profiter pour apprendre la langue arabe. Une des cinq langues les plus parlées au monde. Sa maitrise, même au niveau « débutant » constituerait un avantage pour tout locuteur francophone, surtout les auditeurs de l’Université Senghor d’Alexandrie.

Avec des égyptiens qui m'apprirent quelques mots d'arabe. Credit photo: Elongue
Avec des égyptiens qui m’apprirent quelques mots d’arabe. Credit: Elongue

Au-delà des cours d’arabe reçus dans le cadre académique, le meilleur moyen de tester son niveau de maitrise et d’apprendre cette belle langue qu’est l’arabe, c’est dans la rue, dans les ruelles qui jalonne le marché d’Asafra, de Khaled Bin Walid. Allez à la rencontre de ces vendeurs à la sauvette, de ces commerçants ambulants car c’est en conversant avec eux que la magie s’opère. Si aucun des trois moyens susévoqués ne fonctionne, il y’en a qui marche toujours, les selfies. La majorité des égyptiens adorent prendre des selfies, surtout avec ceux qu’ils appellent « Samara », c’est à dire leurs frères noirs d’Afrique Subsaharienne.

Le selfie est un message qui transcende les barrières linguistiques Credit photo: Elongue
communiquer sans parler arabe_ngnaoussi
En train de faire le « kala kala » avec mon petit frère ! Credit photo: Elongue

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Près d’une année après mon départ d’Egypte, je ne peux m’empêcher d’être mélancolique au souvenir de ce pays qui m’a si bien accueillir et où j’ai passé deux années de ma vie. Evidemment, comme toute aventure, il y’a eu des hauts et des bas, notamment la barrière linguistique. Mais les souvenirs positifs sont plus nombreux et gravés à l’encre d’or au plus profond de ma mémoire. Vivement qu’une nouvelle aventure vers le pays des Pharaons se présente: j’ai hâte d’y être à nouveau…


La galère développe l’esprit entrepreneurial 

Dans le billet précédent, je montre comment mon exil volontaire dans la ville de Dschang, loin de ma famille et amis, m’a permis d’être mieux concentré dans  mes études au point d’entamer des séances de répétitions gratuites avec des camarades. Ces séances de travail gratuite m’ont permis de développer et déguiser mes compétences pédagogiques mais je n’avais jamais pensé m’en servir pour créer un business. Ce n’est que pendant une période de galère que je développe mon esprit entrepreneurial puis songe utiliser mes compétences pour créer une activité génératrice de revenu: le centre Apprendre Pour Comprendre (APC). Ici, je vous en livre les détails. 

Un acte de délinquance juvénile à l’endroit de mon père marqua le début d’une longue période de galère. Ayant été habitué à recevoir la manne familiale au début du mois, je n’avais presque jamais véritablement envisagé de développer des sources de revenus alternatifs comme certains étudiants le faisaient à l’époque. J’avais des amis qui arrondissaient leurs fins de mois à travers des petits jobs çà et là dans la ville et au sein de l’université.

Certains vendaient les tickets pour la navette universitaire, d’autres vendaient les fournitures usuelles (format, bic, règle…). J’ai passé des semaines à me remuer les méninges pour trouver l’activité que je pouvais réaliser avec plaisir pour gagner ma vie. La seule dans laquelle j’excellais avec passion était l’enseignement avec les séances de répétitions que je réalisais jusque-là gratuitement et de manière informelle.

C’est donc ainsi que j’ai rassemblé deux amis avec lesquels j’ai fondé le centre de formation Apprendre Pour Comprendre (APC). Ma mission était de développer leur amour pour la recherche, leur esprit de créativité et de curiosité pour comprendre les fondements épistémologiques de la Science. En effet, la tendance en vogue à l’université était d’apprendre pour valider. Les étudiants ne se préoccupaient donc qu’à vouloir mémoriser puis restituer les connaissances acquises. Or ce modèle d’apprentissage béhavioriste n’est point adapté pour certains types de connaissance qui s’effacent très rapidement de la mémoire par la suite.

On retrouvait en effet des étudiants de Master qui étaient incapables d’expliquer clairement certaines notions basiques du Niveau 1. Ils n’avaient rien compris, juste mémoriser pour avancer. C’est ainsi que mon approche pédagogique, durant mes séances de cours, avait une dimension autoréflexive qui pousse les étudiants à questionner les savoirs, à s’interroger sur leur rapport à la science et à creuser par le biais de la recherche-action et expérimentale pour comprendre le comment et le pourquoi des choses.

Cette approche pédagogique évidemment nécessitait plus d’effort et d’énergie autant pour l’enseignant que pour l’étudiant. Or ces derniers étaient toujours pressés de tout savoir et désiraient qu’on mâche tout pour qu’ils avalent. Chose que je me refusais évidemment de faire.

APC fut donc ma première aventure entrepreneuriale, née au terme d’un acte de délinquance juvénile, qui m’aura permis de découvrir un autre sens à la vie. J’ai compris que ce sont les challenges qui dynamisent la pensée et insufflent de l’adrénaline au corps. La souffrance est une école de sagesse dit-on souvent, car elle rend la pensée plus productive, et explose les limites du raisonnement, nous permettant d’explorer cet univers fantastique et merveilleux qu’est l’imagination. Le monde des impossibles.

Mais il ne se révèle que lorsque nous acceptons de sortir de notre zone de confort. Tant que nous posons les mêmes actes chaque jour, nous aurons les mêmes résultats. Il faut apprendre à oser, à prendre des risques, prendre des initiatives sans toujours penser à leur finalité. L’échec n’est qu’une interprétation négative d’une situation de la vie. Pour moi, toute situation est une forme d’apprentissage qui conduit à la sagesse lorsque comprise.

J’espère que tu te retrouveras d’une manière ou d’une autre dans ce récit (assez long quand même hein 😊) de mon parcours jeunesse. Si tu aimerais aussi partager les conditions t’ayant conduit vers l’entrepreneuriat, sens toi libre de le faire en commentaires… A+ / 😊😜


Mon premier acte de délinquance juvénile

Dans ce billet, je décris les conditions de mon premier acte de délinquance juvénile. Une expérience inoubliable que je n’hésiterai pas à refaire (mais en mieux) si jamais je pouvais remonter le temps. Bonne lecture.

Le besoin attise la convoitise…

A l’époque où j’étais encore très jeune, je dépendais financièrement de ma famille. Comme beaucoup d’autres étudiants, c’est dans mon allocation mensuelle que je devais puiser pour mes loisirs, le vestimentaire, la nourriture, la documentation universitaire…Bref, je devais organiser toutes mes dépenses dans l’allocation mensuelle que je recevais alors des parents. Sans parler des besoins de la « petite » qu’il me fallait aussi gérer (j’étais alors fidèle hein !). Or alors que mes besoins économiques s’agrandissaient au fur à mesure que j’évoluais, la pension que je recevais des parents, était demeuré sensiblement la même.

Au niveau 3 donc, je me souviens avoir informé les parents de la nécessité de me procurer des ouvrages universitaires très important qui ne coutaient que quelques dizaines de milliers de francs. Ma situation était aussi devenue très délicate à gérer depuis que j’hébergeais mon cadet chez moi. Le jonglage en effet devenait plus difficile puisque je l’avais « sous ma charge ». Après avoir insisté à de nombreuses reprises pour l’augmentation de notre pension mensuelle, je n’avais point reçu de retour positif.

Cette année-là, je suis allé passé les congés de nouvel an chez une tantine de la famille. L’un de ses fils était réputé, pour avoir dérobé régulièrement d’importantes sommes à ses parents pour aller s’enjailler. Et il s’en sortait seulement avec quelques réprimandes verbales mais jamais rien de grave. Après tout, ne dit-on pas souvent qu’un enfant ne « vole » pas ses parents. Il « prend » juste sans permission. Mais cet épisode d’une manière ou d’une autre m’influença. Intérieurement, je me disais :

« Cet enfant a dérobé des centaines de milliers de FCFA à ses parents juste pour aller gaspiller cela avec les femmes et jouer la vie. Moi je suis là, je ne demande que quelques dizaines de millier pour des fins académiques et ils réchignent à me les donner ? Si je me sers moi-même, que vont-ils bien me faire ? Après tout, je ne l’ai jamais fait ! J’ai toujours été un fils obéissant et respectueux. Donc ils comprendront que j’étais vraiment dans le besoin et que je ne n’avais pas le choix »

Voilà de façon assez schématique et synthétique, le raisonnement que j’avais eu à l’époque. C’est donc ainsi que j’ai planifié mon premier acte de rébellion de toute ma vie 😊. Les circonstances furent très favorables voire aisées, les parents ne se méfiants jamais de moi. Après tout, j’étais presque toujours celui qu’on citait comme modèle. C’était donc difficilement imaginable que je puisse commettre un pareil acte.

Les errements de ma jeunesse, ici j'imitais DJ Arafat.
Les errements de ma jeunesse, ici j’imitais DJ Arafat 🙂

Le besoin peut transformer un agneau en loup…

Ah mofmidé ! c’est ici qu’ils ont confirmé le code alors… Par un dimanche après midi, je suis donc parvenu à « ramasser » quelques centaines de kolo puis je suis djoum dans les sissongos. En m’éloignant du domicile familial, mon coeur battait la chamade, les pensées s’entrechoquaient dans mon esprit.

via GIPHY

Je transpirais à grosse goutte alors qu’il ne faisait point chaud. Sur la route pour la gare routière où j’allais prendre le bus pour Dschang, j’ai rencontré deux amis à mes parents. Le second m’interrompis, me demandant si je savais où il pouvait retrouver mon vieux (père). Je lui répondis avec empressement que je ne savais pas. Il me demanda comment si mon père serait à la maison le weekend. Je lui dis une fois de plus que je l’ignorais.

En réalité, je ne pouvais répondre à ses questions. J’étais comme plongé dans un état second. A la fois excité et terrifié. Excité d’avoir eu l’audace de poser l’acte que je venais de poser. Terrifié à l’idée d’être démasqué. J’avais l’impression qu’il était marqué sur mon front « Cet enfant a détourné l’argent de ses parents ». Pour me rassurer, je sortis un tissu pour m’essuyer le visage car les gouttes de sueur qui en découlaient, étaient de plus en plus grosses. L’ami à mon père me libéra enfin en me disant aurevoir. Le soulagement qui m’envahit était semblable à celui qu’on ressent après s’être libéré d’une diarhée.

Parvenu à la gare routière, j’étais assez embarassé sur la destination à prendre. Devais je retourner dans ma ville universitaire à Dschang? Ou aller me réfugier chez des amis à Yaoundé? Ou alors aller à Kribi jouer un peu la vie maintenant que j’avais sufisamment d’argent sur moi? Je n’avais que quelques minutes pour me décider car je craignais toujours être interpellé d’un moment à un autre. Je me suis donc rappelé que j’avais un examen à passer à la fac le lundi matin. Etant un Samedi, je devais retourner sur Dschang afin de reviser et préparer ma compo.

C’est ainsi que je me suis retrouvé à Dschang ce soir là aux environs de 22h. A mon arrivée, mon frère cadet m’accueillit chaleureusement comme d’habitude. Je lui briefait rapidement sur mon forfait. Grande fut sa surprise car il ne s’attendait point à un pareil acte de ma part. Epuisé, je m’endormis immédiatement tel un saoulard après avoir consommé des litres de matango (une boisson locale).

La nuit passa comme un éclair tellement j’étais fatigué. Dans mon rêve de cette nuit là, j’étais tout joyeux et je me voyais déjà entrain de réalisérédigé une liste des choses que j’achèterai avec tout cet argent:

  • le livre Peaux Noires Masques Blancs de Franz Fanon et l’essai Raison Nègre d’Achille Mbembè que j’admirais tant.
  • un jeu complet de Scrabble;
  • Une nouvelle télévision ainsi qu’une PlayStation 2: j’en avais toujours rêvé.
  • Le reste des fournitures scolaires et le matériel technique de mon frère, alors étudiant en génie électrique.
  • La deuxième tranche de ma pension universitaire.
  • Un téléphone Samsung Galaxy pour ma petite amie.

C’est donc tout excité que j’accepte finalement de me séparer des bras de Morphée. Le coq de ma voisine s’était mis à chanter pour marquer le début de la journée. Il le faisait toujours entre 6h et 6h10, ponctuel comme une horloge suisse. En ouvrant fébrilement les yeux, j’aperçu une masse difforme assise sur mon canapé au Salon adjacent à ma chambre à coucher. Mon coeur ne s’emporta point, je me dis qu’il s’agissait surement de mon frère qui devait s’être endormi devant la télé.

Mais un agneau même déguisé ne sera jamais un loup ! 

Quelques secondes après mon réveil, ma vue s’éclaircit pour me permettre de constater qu’il s’agissait non point de mon petit frère mais plûtôt de ma maman qui dormait profondément sur le canapé. Quel choc ! En guettant légèrement de ma chambre, j’aperçu mon « vieux » (père) qui lui ne dormais pas du tout: il était assis sur une chaise placée devant l’unique porte de mon appartement. A cet instant, j’eus l’impression que mon monde s’effondrait.

Comment diable avaient-ils pu entrer à la maison sans que je ne les entende? (Pourtant je dors comme un cadavre hein 🙂

Qui leur avait ouvert la porte? Surement mon frère ! Mais pourquoi ne m’a t-il pas prévenu? J’étais cui !

« Je suis fini oh » me dis-je ! Men pensées étaient pala-pala.

Je me mis à regarder autour de moi, à la recherche d’une issue de secours…

Rien!

Mes toilettes étaient externes et la fenêtre était scellée.

Pas d’issue !

J’étais coincé comme un rat. Mon vieux allait me « fumer » !

Comment avait-il su aussi rapidement? Qu’allais je lui dire? Pourquoi ne m’avaient-ils pas réveillé à leur arrivée? Le connaissant, il devait non seulement être déçu mais bouillant de rage.

Oh comme j’aurai aimé avoir les pouvoirs de Hiro Nakamura ! Si j’étais Harry Potter, j’allais me transformer en moustique pour voler tranquillement de ce lieu qui allait bientôt être très chaud. Bon ! Si je ne peux fuir, je n’ai qu’a assumer mes actes. Après tout, la raison principale pour laquelle je leur avais dérobé c’est parce qu’ils ignoraient notre requete d’argent pour nos charges sociales et académiques.

Je retournais me coucher silencieusemnt sur mon lit. Je voulais me rendormir. Je voulais d’un sommeil profond pour retourner au royaume du rêve rencontrer Morphée. J’espérais dormir et qu’à mon prochain réveil, je serai dans un endroit autre que celui ci. En forçant le sommeil, la rhétorique du plus que parfait, ce que j’appelle « l’imparfait du passé », m’envahit:

  • Si j’avais su, je devais plutot aller me refugier à Yaoundé. Tu es trop bête Christian ! me suis-je dit intérieurement. 
  • Si j’avais su, je serai même aller dormir chez un ami à Dschang, sachant que mon domicile serait le premier lieu où mes parents se rendraient…
  • Si j’avais su, j’aurai… !

Je n’eus point le temps d’achever ce songe que j’entendis marteler:

  • M. Elongué Christian, vous n’avez toujours pas fini de dormir?

J’avala une goulée de salive. Quand ton père t’appelle Monsieur, suivi de ton nom propre qui est encore le sien, Elongué, tu dois savoir que l’heure est grave.

via GIPHY

Mais je préfère arreter mon récit là pour l’instant. Il est déjà long comme ça. Si tu es intéressé pour la suite, prière de me l’indiquer en commentaire, je rédigerai et publierai cela avec plaisir. Ces expériences jeunesse sont vraiment très importante car d’elles j’ai appris beaucoup. Si c’était à refaire, je n’hésiterai point.

Si tu as également des actes de rébellion ou de delinquance juvénile que tu posé, sens toi libre de partager en commentaire. Le partage enrichit ! A +😊

 

Notes


S’enjailler = s’amuser, faire la fête.

Jonglage = débrouillardise.

Centaine de kolo = Centaine de mille !

Djoum dans les sissongo = prendre la poudre d’escampette.

 


Comment j’ai créé ma première entreprise ? (Part 1)

Hum ! Attention ! Je sais qu’à la lecture de ce titre, tu t’es empressé à cliquer sur le lien pour découvrir l’histoire d’un Serial Entrepreneur blindé qui possède une longue expérience en entrepreneuriat. Tu es surement impatient de voir les difficultés auxquelles il a été confronté, découvrir comment il les a surmonté afin que cela te serve de source d’inspiration ou de motivation pour t’encourager à te lancer ou à persévérer dans cette merveilleuse aventure périlleuse qu’est l’entrepreneuriat. Si tel fut ta principale motivation en cliquant, tu risques peut-être d’être déçu. Mais, c’est mieux de lire jusqu’à la fin pour te construire une idée : on ne sait jamais 😊. Le récit de la création de ma première entreprise, le Centre de formation Apprendre Pour Comprendre (APC) est en effet le fruit d’une double frustration : l’une académique, l’autre familiale. Ici je ne parlerai que du contexte familial, qui m’a poussé à développer ma vision entrepreneuriale. Je dis poussé parce que je ne l’aurais surement pas fait dans des conditions de vie ordinaire.

Commençons par un petit flashback…

Lorsque j’ai obtenu mon BAC A4 Espagnol au Lycée Bilingue de Bonabéri, je décide de quitter ma région natale pour aller me « cacher » à l’Ouest du pays, dans la ville estudiantine de Dschang. En prenant cette décision, je désirais me retrouver dans un cadre où je pourrais consacrer plus de temps à mes études. La ville de Douala et principalement le quartier populaire de MAMBANDA où j’avais grandi était trop « mouvementé » : le sexe, l’alcool, la délinquance juvénile et le banditisme y atteignaient un seuil inégalé. Immergé dans ce milieu depuis le secondaire, il fallait être très consciencieux et surtout avoir la Grâce divine sur soi pour ne pas se retrouver au sein des multiples gangs de voyous qu’on retrouvait au mètre carré. Et ce fut donc un véritable miracle pour moi que de quitter Mambanda sans être papa.

En partant, je laissais tout derrière moi : amis, camarades, famille, confort… Je quittais ce quartier dont les expériences ont façonné l’Homme que je suis aujourd’hui. Je quittais tout ! Pour entamer une nouvelle aventure dans une ville à l’autre bout du pays, réputée pour son climat « glacial », et dans laquelle je ne connaissais personne : aucun ami, aucun membre proche ou éloigné de la famille… Rien ! Bref j’allais démarrer une nouvelle vie, écrire de nouvelles pages de mon histoire, un détour sur mon parcours…

L’Exil salutaire…

En « exil académique » à Dschang, je me sentais plus confiant car loin des pratiques « mondaines » de Douala. A Mambanda, le rythme de vie était à cent à l’heure! Même sans le vouloir, on se retrouvait facilement dans l’ambiance. Or à l’époque ou j’arrive à Dschang, c’est tout le contraire, il fallait vraiment faire des efforts pour se divertir ou se faire plaisir. Les lieux de jouissance comme les Bars, Night-Club, Hotels et autres évènements récréatifs n’y étaient point à profusion.

A la salle de lecture de l'alliance franco-camerounaise @2010
A la salle de lecture de l’alliance franco-camerounaise @2010

Pour chasser l’ennui, je m’arrêtais au retour du campus, à la médiathèque de l’Alliance Franco-Camerounaise. Déjà fan de lecture depuis le collège, c’est ici que le livre deviendra une vivre qui m’énivre. Je m’étais lancé comme défi personnel de lire au moins un auteur parmi ceux indiqués dans la bibliographie des cours de nos enseignants universitaires. Ces recherches supplémentaires me permirent de mieux comprendre certains faits et ainsi de pouvoir aider gratuitement d’autres étudiants dans la compréhension des différents cours inscrits au programme.

C’est ainsi que se formèrent de petits groupuscules d’intérêt académique et ma voix, au départ écouté, finit par faire autorité. Des camarades venaient vers moi pour trancher ou élucider certains dilemmes épistémiques. Et au fil du temps, je finis par ressentir un certain plaisir à jouer ce rôle de médiateur des savoirs. J’étais heureux de pouvoir aider des personnes à mieux comprendre les cours puis les valider. C’était un véritable privilège pour moi que de pouvoir le faire et c’était TOUJOURS Gratuit, sans aucune conditionnalité, même pour les filles. Au terme de ma première année, j’organisais ainsi de petites rencontres informelles à domicile où nous travaillons sur toutes les disciplines dans lesquelles j’avais des connaissances solides.

Les prémices d’Apprendre pour Comprendre en 2011

Je devins très vite un leader académique, et la plupart me classait dans la catégorie des « Jean Ecole » : ces personnes passionnées par les études et s’y dédiant corps et âme, reléguant parfois au second plan certains plaisirs et jouissances pour se consacrer aux études. Et insidieusement, la façon dont la société nous perçoit affecte notre manière d’être. Conscient des attentes sociales – surtout celles de mes camarades dans mon environnement immédiat – je me fixais donc pour objectif d’être toujours à la hauteur des attentes et aussi de diversifier mon champ de connaissance.

Séance de travail avec mes amis en 2011
Séance de travail avec des étudiants en 2011 sur la pelouse de la FLSH – Dschang

Au terme de la première année, une quinzaine d’étudiants ont ainsi pu progresser au niveau supérieur grâce à mon soutien direct. Pendant ma deuxième année de licence, mon cercle d’influence s’élargit et c’est environ une quarantaine d’étudiant(e)s que « j’ai aidé » à avancer au niveau supérieur. Il m’était même arrivé une fois qu’au lieu de retourner à MAMBANDA après les sessions d’examen, je décidais de demeurer à Dschang, car de très nombreux camarades étaient dans des situations critiques et risquaient de reprendre le niveau.

J’y suis donc resté pendant deux semaines, n’ayant aucune matière à « rattraper » mais juste pour pouvoir travailler et renforcer les compétences académiques des étudiants. Evidemment, comme susmentionné, tout cela était 100% gratis car j’ai toujours pensé que servir autrui était un privilège et un honneur qui perdait son essence véritable si on en venait à le monétiser. L’intelligence est un don de Dieu. Pouvoir partager mes connaissances en toute aisance et sans complaisance, était donc un moyen de rendre Grâce à Dieu, détenteur des savoirs.

Cependant, un incident survint et changera non pas ma vision des choses mais mon regard. Mais avant de m’y pencher, s’il y’a un élément à retenir de ce premier épisode c’est qu’il est important d’investir sur soi-même mais aussi sur les autres. Les idées de création d’entreprise sont nombreuses. Chaque problème que vous identifiez dans votre communauté peut se transformer en entreprise si vous trouver le moyen de le résoudre. Tout service bénévole ou gratuit que vous rendez aux autres est une semence sur votre destinée. Et une Loi naturelle d’inspiration divine dit qu’on sème ce qu’on récolte. Aussi, ne réchignez jamais à toujours faire du bien autour de vous et à servir votre prochain. Car  c’est de lui que dépend une partie de notre bonheur et c’est grace à autrui qu’on peut entreprendre et comprendre sa vie…


Global citizenship education as a solution to cultural difference

We are the most affected by the multiple and often interlinked forms of violence such as terrorist attacks or political violence that we witness or read through media. Therefore, we are directly concerns in finding the solution in order to bring back a peaceful world where we can be more tolerant, respecting differences and sharing commonalities. The differences between people need not act as barriers that wound, harm and drive us apart. Rather, these very differences among cultures and civilizations should be valued as manifestations of the richness of our shared creativity.

With Globalization, our actions are no more having just a national or regional impact. We are now living in a global village where we have shared responsibilities. We must be belonging to a broader community and common humanity. We must develop that global consciousness and competencies that will enable us to understand and resolve global issues in our sociocultural, environmental and economic environment. The great aim of education is not knowledge but action. Then Global Citizenship Education allows learners to act effectively and responsibly at local, national and global levels for a more peaceful, inclusive and sustainable world.

I strongly believe that it is difference that makes the beautifulness of the world because our identities are entirely made up of relations. Woven into other contributions, nourished by various worlds, born of unforeseen encounters: diversity is what we have in common. Our humanity is first and foremost a plurality. We are made by the world that we make, that we mix with, modelled by what comes from afar, crosses our paths and carries us forward. That’s why, I am engaged in the promotion of Art of Speech through debate and leadership training that I think is a tool to promote tolerance, emotional intelligence and critical thinking amongst youth. I think no matter how complex global challenges may seem, we must remember that it is we ourselves who have given rise to them. It is therefore impossible that they are beyond our power as human beings to resolve. Returning to our humanity, reforming and opening up the inner capacities of our lives can enable reform and empowerment on a global scale.

I want to play an active role as an agent of positive and constructive change for the maintenance of international peace and justice. I am very shocked when I watch terrorist attacks on the TV or event in my country Cameroon with Boko Haram and now the « Anglophone Crisis ». It is very painful but as that violence are perpetrated by other young like me, I have the responsibility to demonstrate that all youths are not violent, some are just victims of manipulation. As a youth leader, I want to prove that young people can construct and maintain peace, can build a bridge across the cultural barrier, can work together, educating each other and promoting peace. We must therefore work hard and be responsible in order to positively impact our society and build a better world.


Ne pas condamner le viol conjugal, c’est être misogyne

Le viol est un acte odieux, dégradant, avilissant et de lâcheté. Je pense qu’il est temps de considérer le viol, même conjugal, comme une pratique moralement, éthiquement et religieusement condamnable. Il faut mettre fin à l’impunité et considérer le viol conjugal un crime qui mérite d’être puni par la loi. Les 5 questions rhétoriques ci-dessous vous permettront de comprendre pourquoi rester silencieux, c’est se rendre complice de l’objectivation sexuelle des femmes.

 Quelques petites questions pour débuter…

  • Connaissez-vous véritablement ce qu’est le viol et ce qu’être violé signifie ?
  • En avez-vous déjà été victime ou témoin ?
  • Si non, aimeriez-vous en être victime ?
  • Si ‘non’ à la question 3, imaginez votre corps et vos parties intimes (homme ou femme) être pris d’assaut, agressé violemment par un corps étranger qui se sert de vous comme simple instrument ou objet de plaisir ? Comment vous sentirez vous après ? Heureux(se) j’espère !
  • Connaissez-vous l’impact psychique et traumatisant de cette pratique sur la victime ?

Si votre réponse est ‘Oui’ à la première question, alors vous n’avez pas besoin de lire la suite. Vous pouvez sauter ces lignes et aller directement signer cette pétition pour soutenir Hussein Noura, une survivante de viol qui a tué son mari en se défendant. Si votre réponse est plutôt ‘non’, vous devez absolument me lire jusqu’au bout !

Avez-vous déjà été victime ou témoin de viol ?

Si votre réponse est ‘Oui’ à la cette question, vous devez aisément comprendre l’expérience qu’a vécue Noura Hussein : être maintenue de force au sol par des hommes pendant que son « mari » la violait. Imaginez l’humiliation, la haine et le dégoût qu’elle a ressenti mais surtout ce sentiment de peur qui vous habite et ne vous lâche plus d’une semelle. La peur d’avoir à revivre la même expérience. La peur d’être à nouveau agressée, fouillée, utilisée comme du vulgaire papier hygiénique.

Oui ! Si vous avez vraiment été victime de viol, vous devez, même à l’instant présent où vous lisez ces lignes, toujours avoir cette peur-là enfouie au fond de vous. Elle refait surface chaque fois que vous vous retrouvez seule dans le noir. Depuis ce jour, vous avez peur de tout : peur du noir, peur des hommes et de vous-même. Car vous savez que vous serez imprévisible si jamais un autre homme s’aventurait à vouloir abuser de vous par la force. En tant que femme, il vous sera très difficile d’aimer ou d’accorder entièrement votre confiance à un homme suite au martyr qu’il vous ont déjà fait vivre.

Avez-vous déjà victime ou témoin de viol conjugal ?

Sodfa Daaji_Justice For Noura
Sodfa Daaji_Justice For Noura_Afropolitanis

Contrairement au viol commis par un étranger qui est unique, celui vécu en famille est régulier et les femmes doivent dans la plupart du temps, vivre dans la honte et l’humiliation, la peur de représailles et le déshonneur qu’une telle dénonciation jetterait sur la famille.  Cette humiliation perpétuelle les rend plus vulnérables aux infections sexuellement transmises par leur mari et exacerbent chez elles des tendances suicidaires

Maintenant !

Imaginez donc le désarroi de Noura Hussein, à l’idée d’être violée ainsi toute sa vie.

Imaginez sa frayeur à l’idée de subir le même supplice deux, trois, quatre, cinq, six…. fois.

Imaginez sa déception d’être incomprise par sa famille, qui ne voyait en elle qu’une marchandise.

Imaginez sa peine de se voir condamner à mort pour avoir voulu préserver sa dignité et son honneur.

En tant que survivante de viol, signer cette pétition, est un moyen pour vous de dire STOP au viol conjugal en Afrique et dans le monde. Selon les dernières statistiques, 51 % des Africaines considèrent que leurs maris ont raison de les battre quand elles sortent sans leur autorisation, ne s’occupent pas bien des enfants, refusent d’avoir un rapport sexuel ou laissent brûler le repas…

Toujours pour la question deux, si vous n’avez qu’été témoin de viol : soit votre sœur, votre mère, votre fille, votre tante ou tout une amie…  Alors vous devez savoir combien il est difficile de réconforter les victimes de viol. Vous devez connaitre ce sentiment d’impuissance qu’on ressent devant une personne meurtrie dans son être. Vous devez savoir que les mots, aussi beaux soient-ils ne soignent pas tous les maux, surtout les blessures psychiques, celles de l’âme et de l’esprit, qu’on écope après un viol. En tant que témoin, vous ne souhaiteriez surement point que cela arrive à quelqu’un d’autre. Vous avez l’opportunité aujourd’hui de soutenir non pas une mais toutes les victimes de viols de par le monde en signant cette pétition. Hussein est la voix de toutes ces victimes silencieuses qui n’ont point de voix.

Aimeriez-vous être victime de viol ?

A moins d’être sadomasochiste, il est difficile pour une personne de répondre par l’affirmative à cette question. Le viol est une pratique qu’on ne devrait souhaiter même à son pire ennemi. Il a été utilisé à de nombreuses reprises comme arme de guerre au Congo, en Centrafrique, et ses effets néfastes à long terme sur les victimes ont conduit la Cour Pénale Internationale (CPI) a le considéré comme une arme de « destruction massive », un crime contre l’humanité. Ainsi, tous ces hommes qui « forcent » leurs femmes pour avoir des rapports sexuels sont des criminels de guerre en miniature. La seule différence réside au niveau du nombre de victimes mais la pratique avilissante reste la même. Le viol est surement l’atteinte la plus pernicieuse qui soit aux droits des femmes et à leur pudeur.

Puisque vous n’aimeriez jamais être victime de viol, alors vous devriez condamner les systèmes où cette pratique est « tolérée ». L’Article 91 de la loi soudanaise sur la famille ne reconnaît pas le viol d’une femme par son mari. « Une femme mariée doit obéir à son mari. Si le mari a payé la dot et s’il fournit un logement convenable, sa femme ne peut pas refuser les rapports sexuels ».  Au Maroc, l’article 475 du code pénal permettait à un homme coupable de viol sur mineure d’échapper à la prison s’il épouse sa victime. Amina Filali, une marocaine de 15 ans avait mis fin à ses jours après avoir été forcée d’épouser son violeur. La femme n’est point une propriété ni un objet sans émotion qu’on utilise bon gré mal gré.

La dot n’est qu’un rituel cultuel et culturel qui n’enlève point la liberté de la femme pour la concéder à son époux. Ainsi, une femme peut effectivement et délibérément refuser d’avoir les rapports sexuels si elle n’y est pas disposée. Le sexe nécessite d’ailleurs l’implication et la participation active des deux partenaires. Il devient une forme de violence si l’autre n’y consent point. Cette loi soudanaise, semblable à celle présente dans d’autres pays musulmans africains, refuse le droit aux femmes comme Noura Hussein, Amina Filali, Khadija Souidi… de jouir librement de leur corps. Si vous êtes contre cette instrumentalisation de la femme, alors veuillez signez cette pétition puis la diffuser.

Connaissez-vous l’impact psychique et traumatisant de cette pratique sur la victime ?

Martyrisée par des violeurs remis en liberté, Khadija Souidi s’est immolée par le feu / Afropolitanis
Martyrisée par des violeurs remis en liberté, Khadija Souidi s’est immolée par le feu / CP: Flickr

Connaissez-vous l’étendue du traumatisme et de la violence auxquelles sont sujettes des milliers de femmes victimes de viol ?  Sans suivi psychologique, les victimes s’en remettent difficilement. C’est le cas de la jeune marocaine de 16 ans Khadija Souidi, qui s’était immolée par le feu après que ses huit violeurs furent jugés non coupables et remis en liberté. Noura est un cas de viol où la victime est condamnée et les oppresseurs non. Elle n’est point une criminelle mais une « héroïne » qui a osée dire NON à son bourreau et s’est battu pour sa dignité. Au lieu de condamner, nous devons supporter et soutenir ces survivantes de violences sexuelles, les encourager à dénoncer leurs bourreaux et trouver justice.

C’est cette stigmatisation et l’acceptation sociale de cette pratique qui les emmurent dans le silence, sans espoir et prisonnière de dans leur propre foyer. C’est cette stigmatisation qui est à l’origine de la tragédie dans laquelle se retrouve Noura Hussein. Si les hommes sont pénalement punis pour les viols conjugaux, cette pratique régressera. Les autorités ayant préféré se réfugier dans le mutisme et l’indifférence, des millions de femmes continuent d’être victimes de ce crime silencieux, de vivre dans l’angoisse et la honte sans obtenir une prise en charge adéquate et sans que justice leur soit faite. Ainsi, ne pas condamner cette pratique c’est être misogyne. La question que nous sommes en droit de nous poser est : Jusqu’à quand ?


Une dédicace à l’homme qui m’a rendu Homme (I)

Résumé: A l’occasion de la fête des pères, je vous partage des souvenirs d’enfance de ma relation avec un homme spécial, mon père. Un sage incompris des siens à qui ce texte rend hommage. Au regard de la longueur du texte, je l’ai divisé en deux. Après lecture de cette 1ère partie, la seconde est disponible ici

 

Lorsque je rédigeais la section dédicace de mon 2ème master pro, je prenais le soin de caractériser en quelques mots, l’importance du dédicacé dans ma vie. Des quatre lignes qui constituait cette section figurait cette phrase : « A l’homme qui m’a rendu Homme ». Si je te demandais d’arrêter ta lecture à ce niveau, pourrais-tu deviner le personnage qui se cache derrière ces 8 mots ? Je suis persuadé que tu as la bonne réponse. Mais tu dois surement te demander : « Pourquoi ? » ou du moins « Comment ? » Eh bien, je t’invite à te laisser transporter par les lignes ci-dessous pour le découvrir…

Oui ! Je t’invite à découvrir un Homme très spécial dans ma vie. Un homme que j’ai connu toute mon enfance sans le comprendre. Un homme que j’apprends encore à connaitre. Un homme dont la nature simpliste et le caractère épicurien n’a cessé de m’étonner.

Cet homme est l’artisan de ma résilience.

Cet homme est le forgeron de ma bravoure.

Cet homme est le cordonnier qui a misé ses deniers pour coudre les sentiers de ma destinée.

S’il est vrai que cet homme est aujourd’hui l’objet d’une profonde et secrète admiration,

je dois avouer que ce n’étais point le cas au départ.

Oui ! Au départ, ses actions généraient en moi de l’incompréhension.

Au départ, ses décisions étaient l’objet de profondes scissions.

Au départ, de sa famille, il était incompris et acceptais volontiers de subir leur « mépris »…

Risible et immersible, il était la cible  de nos railleries enfantines.

Placide et parfois candide, il était autant un disciple de Voltaire que de Molière.

Le comique était une partie inhérente de sa personnalité.

J’aurais aimé continué à caractériser cet homme avec ce style poétique constitué de rimes croisées et impaires mais je suis à court d’inspiration… (Ah oui hein, ça arrive parfois… ! =) J’adopte donc le style narratif dans les lignes suivantes tout en espérant que cela n’affectera en rien ta lecture…

Bleck le Roc !

Blek le Rock, héro de BD. lafropolitain.mondoblog.org
Blek le Rock, héro de BD. Crédit : Quizz.biz

Je ne sais pas si tu connais ce personnage de bande dessinée. Blek le Roc est un héros de BD qui se caractérisait par sa force, sa bravoure et surtout sa capacité à se sortir des situations les plus risquées. Adolescent, lorsque je constatais que cet homme n’aimait jamais dépenser et que tous les plaidoyers du monde parvenaient difficilement à le faire flancher, je décidais, secrètement de le surnommé « Bleck Le Roc ». Je sais qu’il n’a jamais su (et ne saura peut être jamais) que nous l’appelions ainsi. Mais à l’époque, je n’avais pas trouver de meilleure expression pour caractériser ce que je percevais alors comme étant de « l’insensibilité » ou de l’indifférence…

Une enfance épicurienne

Interrogation au coeur e la philosophie épicurienne.
Interrogation au coeur e la philosophie épicurienne. Credit: Arrêtetonchar.fr

Je ne comprenais toujours pas pourquoi il refusait presque toujours de nous donner exactement ce que nous lui demandions. Quand on lui demandait 15 000 Frs pour l’achat de nos livres scolaires à la rentrée, il ne nous donnait presque jamais l’intégralité. Si on lui demande 1000 Frs pour l’argent des beignets de la semaine, il nous donnait 700 Frs. Les fêtes de Noël et la Saint Sylvestre étaient les principales périodes de l’année où nous recevions de l’argent pour renouveler quelques vêtements dans notre garde-robe.

Pendant cette période festive, comme tous les enfants, nous établissions une liste des habits que nous aimerions porter en ces jours festifs. Mais presque toujours, le nombre d’articles qui y étaient inscrits se voyait diviser en deux et réduit au strict nécessaire car le budget alloué ne permettait jamais de se les procurer tous. Cela générait évidemment de la frustration pour mes frères et moi car nous voyions d’autres enfants être gâtés avec des tenues toutes plus extravagantes les unes que les autres alors que leurs parents étaient moins nantis. Heureusement, malgré la modicité des moyens mis à disposition, nous revêtions toujours des tenues de qualité. Évoluant dans l’industrie vestimentaire depuis des années, notre mère, la commissaire spéciale de la famille, maîtrisait tous les « bons coins » pour dénicher des habits de qualité au « prix de gros ».

A la rentrée, mes frères et moi, prenions plaisir à dresser la liste des fournitures scolaires. Mais cette liste était ensuite méticuleusement tamisée pour ne retenir que le strict minimum. Alors que nos camarades avaient tous les 15 ou 18 livres inscrits au programme, nous n’avions que le tiers ou la moitié. Surtout les livres des matières de bases. Mais cela ne m’empêchait point cependant d’exceller dans la mesure du possible. Pendant les pauses récréatives, tandis que nos camarades mangeaient du pain-œuf-sardine, je me contentais, parfois du pain-spaghetti. En classe de Première, alors que la majorité de mes camarades avaient un téléphone Android, je me contentais d’un téléphone basique, sans tactile, avec écran noir/blanc.

Ce fut donc une enfance faite de frustration, de joies et colères. Insatisfait de la manne parentale, j’estimais et savais qu’ils pouvaient faire bien mieux si seulement la volonté y était. Mais ce ne fut presque jamais le cas, et cela s’est poursuivi ainsi même pendant mon adolescence. Aujourd’hui, je réalise que ces privations méritent des ovations, que ces sentiments d’insatisfaction font place à des sentiments de satisfaction.

Oui ! C’est maintenant que je réalise que l’homme qui m’a rendu Homme a commencé à me préparer dès l’enfance, s’assurant toujours de me garder hors de ma zone de confort. Car c’est le seul moment où l’esprit devient vif, énergétique et créatif. Dans le confort, l’esprit devient plus aisément disciple de la paresse, de la léthargie et de la procrastination. Mais ces privations, loin de générer de la convoitise, m’ont appris dès l’enfance, à me contenter du strict minimum, à le préserver jalousement et à apprécier l’abondance à sa juste valeur.

Cependant, à l’adolescence, l’homme qui m’a rendu Homme m’a fait travers traverser bien d’autres difficultés pour accélérer ma maturité. Je vous invite à découvrir mon parcours universitaire au prisme parental dans le prochain billet. J’espère que vous avez appréciez celui ci !

Je serai ravi d’avoir vos avis sur ces questions. Pensez vous que toujours satisfaire à tous les besoins des enfants est la meilleure façon de leur démontrer notre amour? Comment pensez vous que les parents devraient gérer les finances avec leurs enfants?