Christian ELONGUE

Et si la médecine africaine pouvait véritablement contribuer à stopper le Covid-19 ?

Le monde aujourd’hui vit l’une des crises sanitaires les plus importantes de son histoire.

Dans tous les médias du monde, il ne passe plus un jour sans qu’on ne parle de la pandémie du Coronavirus. Ayant pour point de départ la ville de Wuhan en Chine, cette pandémie s’est répandue dans tout le monde à une vitesse vertigineuse depuis mars 2020 faisant de nombreux morts et victimes surtout en Chine et en Europe (Italie, France, Espagne etc…) mais aussi en Amérique. La médecine moderne qui jusqu’à présent avait l’habitude de gérer d’une manière admirable les problèmes de santé, n’a pas réussi pour l’instant à trouver un médicament ou vaccin efficace à 100%.

Il y a néanmoins une sorte de controverse autour d’un médicament : la chloroquine.

 S’il est vrai que le professeur Didier Raoult opte pour son utilisation pour soigner cette maladie, beaucoup d’autres spécialistes dans le monde s’inscrivent en faux contre cette posture, relevant qu’il pourrait présenter des effets secondaires non désirables, notamment les problèmes oculaires et cardiaques.

 Par conséquent cette posture n’a pas reçu l’aval des organisations nationales et internationales liées à la santé.  Certains ministres français explorent de plus en plus l’usage la chloroquine notamment le ministre français de la santé qui l’a finalement autorisée selon certaines conditions. Mais, il reste qu’il fait l’objet de plusieurs antagonismes dans le monde médical.  Face à cette cacophonie, la médecine africaine ne serait-elle pas un terrain digne d’exploration ?

Des incertitudes liées à la pharmacopée africaine.

Déjà il serait intéressant de faire une clarification terminologique. Beaucoup ont tendance à utiliser l’expression médecine traditionnelle pour désigner la médecine africaine. Christian Elongue pensait déjà que le terme traditionnel est réducteur par rapport à une autre médecine dite « moderne ».  Dans cet article, il a proposé cinq challenges à relever pour passer d’une médecine traditionnelle africaine à une médecine africaine.  

Lire : 5 challenges pour le développement de la médecine « traditionnelle » en Afrique

Depuis de longues dates, il y a toujours eu une opposition entre la médecine « moderne » et celle « traditionnelle ». La première a  presque toujours accusé la deuxième d’être dépourvu de stratégie propre, de connaitre un problème de dosage, et surtout d’être risqué pour la santé. Il faudrait quand même rappeler qu’il serait difficile d’imaginer que des médicaments naturels aient des effets secondaires.

 Par conséquent beaucoup de voix s’élèvent pour vanter son efficacité et son accessibilité.  On pourrait quand même relever que cette médecine souffre souvent d’un problème d’approche, d’organisation et de concertation de spécialistes. Un exemple palpable au Cameroun est que lorsque vous empruntez un bus de transport inter-urbain, à chaque fois vous tomberez sur un naturopathe qui s’installe au couloir pour vous vanter les mérites de son produit. Lors du prochain voyage, vous tombez sur un autre qui vous parlera d’un produit différent pour soigner la même maladie et parfois plus. Même si quelques produits ont une certaine efficacité reconnue par la majorité, il reste que ce secteur aurait besoin d’une sorte de réaménagement.

 Lorsqu’on revient à la médecine moderne, il est connu au plan international que la chloroquine est un antipaludéen. Dans les réseaux sociaux, on constate une affluence vers les recettes à base de plantes naturelles pour soigner le Coronavirus.

Produits naturels d’un naturopathe. Source

Entre autres, certains proposent de manger les feuilles de de ndolé (un légume populaire au Cameroun )  trois fois par jour.

 Mais l’efficacité de ces méthodes de traitement à base de plantes naturelles diffusées sur les réseaux sociaux n’est pas unanime.

Au regard de ce qui précède, il serait envisageable que les « traditionalistes » d’Afrique se mettent ensemble pour réfléchir sur comment attaquer la maladie et par la suite faire des propositions aux gouvernements africains. Se mettre ensemble permettra déjà de créer les conditions favorables pour être écouté et avoir une autorité auprès du grand public. Dans cette lancée, ils pourraient s’inspirer de l’approche développée par un personnage de l’auteur hispano-africain Inongo-vi-Makome.

Lire aussi: Le corona virus rappelle l’importance de bien financer la recherche scientifique et l’innovation 

Et si le protocole de traitement pour s’attaquer à la pandémie du corona virus se trouvait dans l’oeuvre : Cuando el cielo y la tierra se confabulan”   

Oeuvre Inongo Vi Makomè. Source: Amazon

Inongo-vi-Makome, est un romancier camerounais d’expression espagnole. Il a publié un certain nombre de romans parmi lesquels, Cuando el cielo y la tierra se confabulan…

Il met en exergue un médecin camerounais, Sony Ya EKO’O, revenu d’Europe pour contribuer au développement de son pays notamment en apportant sa pierre à l’édifice sur le plan de la médecine. Il s’installe à  Massaka au sud du pays et devient ainsi l’unique médecin de son village.  Malheureusement, les populations vont souffrir d’un déluge quotidien et interminable et d’un délestage permanent.

Le village va aussi faire face à une épidémie meurtrière. En manque de médicaments, le médecin va faire recours aux différents de la médecine « traditionnelle » du village pour l’aider à vaincre l’épidémie. Ce dernier va séparer les malades en différents groupes et attribuer à ces derniers, des produits de différents médecins selon des doses bien indiquées.

Au bout de quelques jours, il va constater un soulagement considérable chez certains groupes de patients par rapport à d’autres. Ce qui va lui permettre de valider ce qui lui permettre de valider leur efficacité et de tirer les conclusions qui s’imposent.

 Ainsi, lorsqu’on y met de la méthode et du sérieux, il est possible qu’on obtienne des résultats probants.

Au regard de ce qui précède, n’est-il pas grand temps pour les Naturopathes africains de se mettre ensemble pour voir dans qu’elle mesure réfléchir sur un médicament qui pourrait permettre de venir à bout de la pandémie Corona Virus ?

N’est-il pas enfin temps que les africains montrent qu’ils peuvent apporter quelque chose de significatif dans le cours de l’humanité si tant est que pour l’instant les occidentaux sont submergés et dépassés par les évènements ?

De nos jours, la mondialisation appelle à une réaction collective et concertée pour venir à bout des difficultés communes.  A ce titre, nous pensons effectivement qu’un travail concerté est de nature à résoudre cette pandémie et par la même occasion permettre de mettre fin à ces multiples médications constatées dans les réseaux sociaux. 

Déjà, la stratégie du personnage principal de l’œuvre mentionnée plus haut, à savoir collaborer avec les médecins « traditionalistes » pourrait   être une approche non négligeable. Cependant, il faudrait au préalable une concertation entre les différentes parties prenantes. En outre, si la majorité des médicaments « modernes » trouvent leur matière première dans la nature, cela pourrait signifier que la solution s’y trouve.

              Les solutions efficientes et durables pour la résolution des problèmes de l’humanité peuvent aussi provenir de l’Afrique. L’Afrique à travers ses fils a là, une occasion de montrer pourquoi elle est appelée le berceau de l’humanité.

Herman Labou

Le corona virus a vraisemblablement changer le cours de l’histoire et les habitudes des uns et des autres. L’Afrique à travers ses fils a là, une occasion de montrer pourquoi elle est appelée le berceau de l’humanité. Cela ne sera possible que si les individualismes sont transcendés pour un collectivisme salutaire.  

Contributeur: Labou Hermann.

Je suis un poète, acteur de théâtre. Je suis aussi néo-chercheur en transferts culturels. Ecrire d’un point de vue général est une passion. Déjà j’ai contribué dans certains magazines notamment Muna Kalati, Lepaan Africa et le magazine du CLIJEC.  Si tu aimes cette réflexion, tu peux insérer un commentaire et même partager.


Be first content with what you have before seeking more

Yesterday evening, 29th January 2020, around 8:36, I was on the way to my home when I heard a lady saying: “Please, I need 50 pesos”. As I was making a WhatsApp voice note to a YALI Liberian friend, when walking, I didn’t stop immediately, thinking she wasn’t speaking to me.

But after a few steps, I interrupted my voice note and returned on my steps to enquire if she was talking to me. As I was getting closer, I realized she had a baby on her back. She then repeated: “Please, I need 50 pesos to complete what I have and buy some food for my baby”.

I was a little surprised! In my mind, I was wondering how someone could lack 50 pesos at East Legon, one of the residential areas of Accra, the heart of Ghana, a booming economy in Africa?

But I quickly remembered that I had also gone through furious storms in my life in the past. So, it was easier for me to connect with her story and understand her.

I finally gave her something beyond what she expected. She too, was surprised and was about to do an act of reverence when I stopped her. I told her that only God deserves our reverence and praise, I’m just a vessel. The smile I saw on her face was already a big reward for me. It’s always a privilege and honor to be a channel of blessing into someone else life.

On my way home, an indescribable joy and sorrow filled my heart. Joy because I had just been used by God. Sorrow and compassion because it make me realized once again the big social inequalities that exist in our societies. It’s not just in Ghana but everywhere in the world. While some people are starving and lacking even what to eat or a shelter, others are living in abundance. It’s just by God’s grace that we have what we have, that we are where we are, not only by our work.

At home, this scripture from Philippian 4:11-12 dropped into my mind: “Not that I speak from want, for I have learned to be content in whatever circumstances I am. I know how to get along with humble means, and I also know how-to live-in prosperity”.

You can find contentment only in Christ, and in striving to serve Him. Contentment can’t be found in God’s creation or in things like people, possessions, or money. Always learn to be thankful and praise God for what you have, even as “little” as it could be. For what you neglect may be what someone is desperately looking for. In all circumstances, either good or bad, always trust God for  all things works for the good of those who love him (Romans 8:28)

Today, ask God to give you a spirit of contentment and decide to be a blessing to someone. We always have enough to give. Sharing is caring ! Shalom


Université de Dschang : une excellence en décadence ?

De 2010 à 2015, j’étais un étudiant à l’Université de Dschang, une ville qui m’a « chaleureusement » accueilli après l’obtention de mon BAC A4 Espagnol au Lycée Bilingue de Bonabéri. J’avais choisi l’Université de Dschang au lieu de celle de Douala tout simplement parce que Dschang était réputée pour son excellence démontrée à travers la qualité de ses diplomés.

Mon pari sur l’Université de Dschang fut gagné car on y prenait en effet les études très au sérieux ; du moins par comparaison aux autres universités publiques comme celles de Yaoundé 1 (Ngoa Ekellé) & 2 (Soa), Ngaoundéré, Bamenda etc. A Dschang, les études étaient tellement sérieuses que certains la qualifiaient de « Lycée Universitaire » au regard de l’intensité du travail et de l’engagement exigé des étudiants. Si le cycle universitaire est généralement reconnu comme celui où on a plus de temps et de liberté, cette règle ne s’appliquait pas à Dschang.

Je me souviens des cours à l’Amphithéâtre A352 qui étaient parfois planifiés de bonne heure le matin, nécessitant ainsi que les étudiants soient présents à 5h ou 6h pour sécuriser une place assise. Je me souviens des emplois du temps surchargés avec les cours et séances de Travaux Dirigés. La majorité du personnel enseignant était dévoué comparé à ceux d’autres universités publiques. Tout cela faisait de l’Université de Dschang l’une des meilleures à l’échelle nationale et même en Afrique Centrale.

Ça, c’était le passé !

Du moins les choses ont changé d’après ce que j’ai pu constater lors de mon dernier séjour à Dschang du 19 au 21 décembre 2019. J’ai retrouvé une université dans un état avancé de délabrement.

La majorité des bâtiments et infrastructures universitaires sont en pleine détérioration, sous le regard passif et la désinvolture des étudiants et du personnel enseignant. (Ne me demandez pas les raisons !)

Route menant vers l’Université

Dès l’entrée principale, on constate que la route menant vers l’université, jadis goudronnée, est désormais en latérite. Un nuage de poussière rougeâtre se soulève donc automatiquement chaque fois qu’une moto-taxi ou automobile passe ; ce qui pourrait entrainer de nombreuses maladies pour les piétons ou commerçants exerçant autour de cette voie routière.

À l’entrée même de l’Université de Dschang, on constate que le majeur changement réside dans les plaques d’identification des différentes entreprises de bureautique ou restauration des étudiants. Les affiches ont été uniformisées et il est désormais plus facile d’identifier une entreprise de l’autre. À part ça, rien n’a bougé.

Du regard, on constate que la majorité des entreprises n’ont vraiment pas évolué : les mêmes imprimantes et ordinateurs d’antan sont toujours là… Si les capitaux de ces entreprises n’ont pas évolué, c’est le reflet de la précarité économique qui règne dans la ville et même au Cameroun en général.

Entrée de la Salle B311 en FLSH @ngnaoussi, Décembre 2019

Une fois le portail traversé, on constate que la majorité des salles de cours n’ont point été rénové, du moins celles de la Faculté de Lettres et Sciences Humaines (FLSH). Pareillement pour les bureaux des enseignants, qui sont dans un état de délabrement proche de l’abandon : surtout ceux qui sont vers le département Études Africaines.

Vu de l’extérieur, on pourrait naturellement se demander si des docteurs et professeurs de rang magistraux occupent véritablement ces espaces aux murs foisonnant d’affiches, à la peinture terne et larmoyante, aux fenêtres avec des vitres brisées ou absentes, et dont les couloirs sont aussi obscurs que les chemins qui mènent vers l’ignorance.

Lorsqu’on arrive à la FLSH, on peine à croire qu’on se retrouve dans une université publique prônant l’excellence.

Si on y parachutait des inconnus ignorant tout de leur emplacement, ils décriraient l’université de Dschang comme un musée ou une école à l’abandon qui n’est plus fréquentée depuis belle lurette. Le niveau d’insalubrité visible à travers les dépôts de poubelle répandu ici et là, les vestiges de babillards ainsi que des aires de sports peu équipées ou entretenues, laissent à désirer.

Une poubelle débordante devant une salle de cours à l’UDs @ngnaoussi, Décembre 2019

Pourquoi ?

En voyant ce degré élevé d’insalubrité et de délabrement, on ne peut que se demander comment les étudiants et le personnel enseignant évoluent dans un pareil environnement ? Comment maintenir le gout pour l’apprentissage lorsque l’environnement ne le favorise point ? Comment motiver et inciter les jeunes étudiants à aspirer à l’excellence lorsque l’environnement ne le facilite point ?

Je ne dis pas que rien n’a été fait depuis 2015 – année à laquelle j’ai quitté Dschang. Mais le niveau de progrès qui a été réalisé jusque-là est largement inférieur à mes attentes. J’étais donc plutôt déçu en me rendant compte que les choses rentraient plutôt en arrière.

 La FLSH était plus jolie et vivante dans les années 2010 qu’elle ne l’est maintenant. En essayant de comprendre cette stagnation, on m’expliqua que l’Université n’avait point renouvelé le contrat de l’entreprise de nettoyage. Info ou intox ?

Cependant, je n’arrive toujours pas à comprendre la désinvolture tant du personnel enseignant que du public estudiantin, dans lequel on retrouve de nombreux « clubs » ou associations menant des activités culturelles, académiques ou sociales.

Personne ne changera les choses à part nous-mêmes !

En tant qu’acteurs de la société civile, ces clubs et associations ont pour mandat non seulement de contrôler l’action publique, mais aussi de contribuer à un changement positif à travers d’actions concrètes.

Un des babillards de la FLSH, Décembre 2019

Par exemple, l’Association des Étudiants de la FLSH, le Club Bilingue ou tout autre club, pourrait se lancer dans la mobilisation des ressources financières pour la restauration ou rénovation des babillards, espace-clé pour l’affichage des résultats d’examens. D’autres associations et club exerçant sur le campus pourraient également organiser des « Journées d’actions citoyennes » où les étudiants pourraient nettoyer et désherber certains endroits stratégiques du campus.

Évidemment, ces actions ne pourraient qu’être temporaires et complémentaires, en attendant que les autorités universitaires prennent véritablement les choses en main. Je suis de ceux qui pense qu’on ne devrait et saurait tout attendre de l’Etat, du Gouvernement ou des autorités publiques. En tant que citoyens ou étudiants, nous avons tous notre rôle à jouer dans la construction de la nation camerounaise. Chacun a sa pierre à apporter à l’édifice et aucun apport n’est négligeable : tout est significatif. Personne ne changera les choses à part nous-mêmes !

J’invite donc les clubs et associations culturelles ou académiques à jouer pleinement leur rôle. Si l’environnement éducatif, c’est-à-dire la forme, laisse déjà peu à désirer, on peut déjà s’imaginer la qualité du fond, c’est-à-dire les savoirs et connaissances partagées dans ces espaces d’apprentissage.

 Si jamais ces clubs et associations rencontrent des difficultés, ce serait important de l’indiquer afin qu’ensemble, nous réfléchissions sur les actions concrètes et réalisables pouvant permettre à l’Université de Dschang de (re)devenir le centre d’excellence, la belle Cité des Savoirs dont on était si fiers auparavant.


#CamerounIaiserie : Le choc émotionnel quand tu réalises que ton pays avance à reculons…

Mes Camerouniaiseries

Attention ! Je n’ai pas dit #Camerounaiserie, qui est un concept porté par Ecclésiaste Deudjui d’Achouka Mondoblog. J’ai dit #CamerounIaiserie. Il y’a la lettre « i » qui fait la différence entre les deux.

Pour court-circuiter votre curiosité, sachez que j’utilise ce néologisme tout simplement pour renvoyer à mes pérégrinations, périples et péripéties de voyage au Cameroun, le pays des lions (in)domptables qui est désormais le théâtre de plusieurs niaiseries.

Après près de 4 années d’absence, pour des raisons académiques et professionnelles, j’ai enfin refoulé le sol du Camer. Déjà que mon voyage retour à travers ASKY n’a pas été facile, je me consolais avec les beaux souvenirs que j’avais gardés du pays, lors de mon dernier séjour. En effet, j’avais laissé un Cameroun corrompu mais vivant, un Système qui essayait tant bien que mal de survivre.

Mais à mon retour, de l’aéroport à mon domicile, j’ai été totalement déphasé (1), dépaysé (2), déboussolé (3), désemparé (4), dépassé (5), désenchanté (6) et désillusionné (7) par ce que je voyais, touchais, entendais, sentais et goutais.

J’étais déphasé…

Car j’imaginais mon pays être, non pas dans une phase de progrès accéléré, mais au pire dans une constance et maintien du statu quo. Mais je m’aperçus rapidement que le pays effectuait une « marche arrière » à la Petit Pays.

Le Bled (pays) est en détérioration lente mais progressive. Et des pays comme le Togo ou le Bénin, qui jadis enviaient le Cameroun dans bien de secteurs, notamment infrastructurels, sont désormais enviés par les Camerounais.

J’étais dépaysé…

Et n’arrivait point à « reconnaitre » mon pays. Douala, jadis bouillonnante est désormais ballonnante et bâillonnant. Jadis exubérante et vivante, elle est désormais « moribonde », très sale et presqu’en état de délabrement. En dehors des ponts sur le Wouri et de quelques rares infrastructures qui ont émergé ici et là, notamment les snacks bars et restaurants, tout est presqu’identique aux dernières photographies mentales que j’ai du pays. Les mêmes bâtiments étaient toujours présents, mais en plus vieux et la majorité des murs, délabrés.

J’étais déboussolé…

Car ne sachant plus où aller. Je me suis dit : « Si Douala la capitale économique est en aussi piteux état », comme un « pamplemousse en cours de pourrissement » pour emprunter les mots d’un oncle ; alors à quoi ressemblerait les petits arrondissements comme Penja, Mbanga et Loum où je comptais me rendre afin de retrouver des membres de la famille ? Si une aussi grande ville urbaine comme Douala, laissait à désirer, qu’en sera-t-il des villes rurales comme Souza, Mbanga et Loum ? me suis-je interrogé durant mon trajet vers le rondpoint Deido où je devais prendre le car vers Mbanga, une ville devenue populaire grâce à l’artiste musicien Lapiro de Mbanga. Une fois que j’y suis arrivé, une autre surprise agréable m’attendait.

J’étais dépassé…

Par les chargements. La donne n’avait pas changé et le « sur-chargement » était toujours une pratique en cours. Le « chargeur », l’homme responsable de trouver les passagers, agissait comme un entraineur ou coach de football. Son classement était 4-4-3:

  • 4 passagers à l’arrière ;
  • 4 au milieu et
  • 3 au siège avant : le chauffeur, le petit chauffeur et un autre passager.

On se retrouvait ainsi à 11 dans une voiture qui normalement ne devait recevoir que 5 passagers : 3 à l’arrière, 1 à l’avant et le chauffeur. Mais puisque le Cameroun c’est le Cameroun…

Durant le chargement, on m’avait mis en « petit chauffeur » ; les connaisseurs comprendront !  Bien que dépassé, ce fut une agréable expérience qui me rappela que j’étais véritablement au bled. Car ailleurs, cette pratique de surcharge des passagers dans les taxis n’était point répandue.

Au Ghana par exemple, le taxi est davantage à usage individuel que collectif et quand bien même un groupe de personnes empruntent un taxi, ce dernier va difficilement accepter de mettre plus d’un passager à l’avant et trois à l’arrière. Mais au Cameroun, l’écart est devenu la règle.

Désenchanté !

Tel fut mon état d’esprit une fois sur la « route » nationale menant vers Mbanga, car les choses, ici aussi, n’avaient point changé. Le trajet fut épuisant et époustouflant.

Epuisant car les nombreux nids de poule voire d’éléphants, transformaient la voiture en un rodéo. Il était difficile de parcourir 2 Km sans entrer dans un creux, à moins d’être un « habitué » du trajet, maitrisant déjà les endroits stratégiques où ces trous se trouvaient pour mieux les éviter.

Epoustouflant le trajet l’était au regard des différents accidents évités jusqu’à l’arrivée. J’ai compris qu’au Cameroun, voyager et arriver à destination en un seul morceau, était déjà à lui seul, un miracle.

Un des nombreux accidents sur les routes (pistes) nationales camerounaises. Il est difficile de voir passer une journée sans recenser un accident de circulation sur le territoire camerounais.

Les chauffeurs sont ainsi des preuves manifestes de la grâce et miséricorde de Dieu, car vu l’état des routes, seule la protection divine, la prudence et conduite responsable, peuvent permettre d’arriver à destination sain et sauf. Tel fut donc mon cas, arrivant ainsi en un seul morceau à Mbanga, ville d’enfance dans laquelle étaient enfouis de nombreux souvenirs.

Mais j’ai très rapidement été désillusionné.

Je projetais développer des incubateurs entrepreneuriaux pour les jeunes de la localité afin de booster l’activité socioéconomique. Mais après quelques jours, je compris qu’il s’agissait là d’une grande illusion au regard de l’environnement extrêmement corrompu et politisé dans lequel il existe de nombreux obstacles administratifs et financiers pour la mise en œuvre d’un projet entrepreneurial. Les seules entreprises qui prospèrent à Mbanga (et au Cameroun en général), sont les centres de vente d’alcool (bars), les Hotels et les restaurants.

Christian Elongué entrain de manger du taro avec la sauce jaune
Christian Elongué entrain de manger du taro avec la sauce jaune.

Malgré mon déphasement,

Malgré mon dépaysement,

Malgré mon déboussolement,

Malgré mon dépassement,

Malgré mon désenchantement,

Malgré mon désillusionnement,

Je reste positif et garde l’espoir que les choses changeront. Pour créer ce changement, il est important de changer ou repenser les priorités sociales, économiques et surtout politiques. L’état de dégradation avancé du Cameroun est le reflet de sa classe politique aux abois car presque tout se résume au leadership. D’aucuns estiment qu’un changement de la classe dirigeante pourrait positivement améliorer la situation. D’autres estiment qu’il n’en est rien, car les mentalités de la jeunesse, censée prendre la relève, sont presqu’identiques sinon plus corrompues et pernicieuses que celle de la génération actuelle.

Il est donc urgent de revaloriser les cours d’éducation civique et morale car cela permettra d’initier les jeunes aux valeurs patriotiques et citoyennes afin qu’ils puissent devenir des citoyens plus responsables, engagés et actifs dans la gestion de la Nation.

D’après vous ? Comment pourrait-on stopper ou limiter le recul progressif du Cameroun ? Car au-delà des infrastructures publiques, l’éthique et la morale foutent également le camp. Comme l’illustre à merveille l’industrie musicale où le sexe, l’alcool et la vie de luxe sont les thèmes de prédilection. Un changement de gouvernement est-il véritablement la solution ? L’après-Biya sera-t-il différent, en mieux ? Sinon, comment construire un meilleur Cameroun ? Prière de commenter pour partager vos idées.

Dans les prochains articles, je vous partagerais d’autres #Camerouniaiseries. Ces choses qui énervent, dérangent, choquent et surprennent au Cameroun. Restez branché !


Pourquoi ASKY Airlines est une compagnie aérienne à éviter ?

En tant qu’afropolitain, je n’ai jamais écrit d’articles avec une orientation péjorative sur une entreprise africaine. Mais il y’a des expériences qui ne doivent pas être silencées si l’on veut avancer dans ce continent.

Le moins cher est parfois cher

D’emblée, je n’ai jamais voyagé à travers ASKY Airlines, les compagnies que j’emprunte le plus souvent dans mes voyages sont Kenyan Airlines, Ethiopian Airlines, Air France, EgyptAir, Brussels Airlines etc.

Mais lorsque je préparais mon voyage pour le Cameroun, après plus de 3 années et demie d’absence, c’était les tickets de ASKY Airlines qui apparaissaient être les plus attractifs. Le prix du ticket de vol aller-retour depuis Accra (Ghana) où je réside était à près de 1000$ tandis qu’il était à presque 500$ si ma ville de départ était Lomé au Togo, pays frontalier au Ghana. En bon camerounais, un rapide opération de « ma’a calcul ma’a plan » m’a permis de voir que j’épargnerais beaucoup en passant par Lomé, qui n’est qu’à 4 heures de route d’Accra. Si 4h de route peuvent m’épargner près de 300 000 Frs, je ne vais pas réfléchir à deux fois.

Cependant, c’était sans compter les périples et péripéties du voyage transfrontalier. Parvenu à la frontière d’Aflao le jeudi, je constate déjà que les Camerounais doivent payer le visa d’entrée à 25 000 FCFA alors que les Français paient seulement 10 000 Frs… Autrement dit, c’est plus cher pour un africain d’entrer au Togo que cela ne l’est pour un occidental. Après on nous parlera d’intégration africaine… Malchance…

Pour ne pas être hors sujet, je vais laisser cette question pour une autre fois. Pour l’instant, je me focaliserai sur mon expérience avec la Compagnie aérienne ASKY.

A Lomé depuis Jeudi soir, je me suis rendu le vendredi matin, à la Direction Générale de la Documentation Nationale (DGDN) pour étendre la durée de mon séjour d’une semaine à un mois deux semaines, afin que je n’ai plus à payer les frais de visa lors de mon retour sur Lomé. Mais avec la corruption gangrenant au sein de l’administration togolaise, les officiels ne m’ont point rendu mon passeport à 12h comme prévu, alors que je leur avais informé de ce que mon vol était prévu à 14h.

Ce n’est qu’après de longues supplications et prières qu’ils acceptent malgré eux – et après m’avoir menacé avec une arme comme si j’étais un terroriste – qu’ils me rendent finalement mon passeport. Ils s’attendaient à un « geste » de ma part, à ce que je leur donne quelque chose (financier) avant qu’ils me rendent mon passeport, pourtant ce service est gratuit pour tous ceux ayant déjà payé les frais de Visa à la frontière ou l’Aéroport.

Une première mauvaise expérience avec ASKY

Evaluation des services d’ASKY par leurs clients

Au-delà de cette altercation à la DGDN, une pluie violente avait commencé à battre tambour. C’est donc tout mouillé que j’arrive à l’Aéroport à 13h10 et dans le hall des embarquements à 13h20. A ma grande surprise, la chargée de la clientèle ASKY m’informe de ce que les embarquements sont cloturés depuis 12h30. Ebahi et abattu, je lui explique qu’il y’a encore 40 minutes avant le décollage de l’avion tel qu’indiqué sur mon ticket de vol. Mais elle me dit « Niet, vous ne pourrez plus prendre votre vol ».

J’ai eu l’impression que le sol s’écroulait autour de moi. Une violente rage bouillonnait en moi. Tous ces efforts, tous ces sacrifices, toutes ces misères pour en arriver là ? Une amie togolaise qui m’avait accompagné à l’aéroport m’a soudainement rappelé que même si j’étais arrivé plus tôt à 13h, je n’aurais toujours pas pu embarquer puisqu’ils avaient clôturé ces embarquements depuis 12h30. Je me suis donc questionné :

Pourquoi une compagnie aérienne voudrait-elle laisser un passager à l’aéroport à moins 40 minutes du départ alors que l’avion était encore au sol ?

Pourquoi ASKY Airlines s’empresse-t-elle de clôturer les embarquements près d’une heure et demie avant le départ effectif de l’avion ?

La réponse n’allait pas tarder ! Car un membre du personnel de l’aéroport, me voyant dans mon désarroi se rapprocha de nous, et confia en Ewé (langue locale) à mon amie que : ASKY adoptait cette stratégie de clôture rapide des embarquements afin que beaucoup de passagers puissent rater leur vol et ainsi payer les frais de pénalités. Il nous informa de ce que cela arrivait très fréquemment et que rares étaient les vols ASKY sur lesquels il n’y avait pas de passager manquant.

Entendre cela m’attrista davantage. Car je me rendis compte que j’étais victime d’une stratégie systémique orchestrée par ASKY Airlines afin de générer plus de recettes à travers les paiements des frais de pénalité. Difficile à croire, mais ce fut la triste réalité à laquelle je devais faire face ce vendredi 6 décembre 2019.

Je me rendis de nouveau vers leur service clientèle pour plaider afin de savoir s’ils pouvaient m’accorder une faveur, étant donné que je voyageais afin d’assister au mariage de mon cousin qui devait se cloturer le Samedi 7 Décembre. Donc voyager le samedi pour arriver à 18h n’était pas une bonne option pour moi, car le mariage, l’objet prinicipal de mon voyage, serait déjà achevé. Mon voyage aurait donc été à 50% vain.

Mais toutes mes supplications se heurtaient à un marbre de glace et aucune action ne fut prise pour me permettre de rattraper le vol. Tout ce qu’elle me disait c’était de payer les frais de pénalité à hauteur de 107 000 F pour prendre le vol suivant le Samedi 7 Décembre à 14. Tel un chien abattu, je devais attendre jusqu’au lendemain, mon excitation à l’idée de refouler les terres du « Mboa » avaient été refroidies.

Une seconde mauvaise expérience.

Le lendemain à 12h, j’étais de nouveau à l’Aéroport. Emmanuel Sogadji, Président de la Ligue des Consommateurs du Togo (LCT), avait écouté mon histoire puis intervenu afin qu’une solution puisse être trouvée. En tant que représentant du droit des consommateurs, il s’indignait de leurs pratiques violant le droit de la clientèle. A cet effet, il demanda à la respo du service clientèle :

La Compagnie ASKY paie t-elle des frais de pénalités aux voyageurs lorsque l’avion accuse un retard de 3 à 4h ?

Malgré toutes ces négociations, il s’avérait que le paiement des frais de pénalité était incontournable. Lorsque nous nous décidâmes à le faire, il était 12h40 et la responsable de la réservation des vols a passée une quinzaine de minutes derrière son écran pour transférer mon ticket sur le vol en partance à 14h, et pour lequel les passagers avaient déjà commencé à embarqué.

Vers 12h55, elle nous informe de ce qu’elle a des problèmes de connexion internet et ne peut le faire en ligne. Je me rends donc au service des embarquements et ils me disent que mon ticket n’a pas été reconduit et quelques minutes plus tard, vers 12h57, ils disent que les embarquements sont clos. J’ai eu l’impression de recevoir une douche glacée. A une 2ème reprise, je ne pouvais voyager, cette fois ci étant présent à l’aéroport deux heures avant mon voyage. J’ai du ravaler ma rage et abandonner toute idée de rattraper la cérémonie de mariage de mon cousin au Cameroun.

Ma première expérience de voyage avec ASKY Airlines est donc assez amère et voici quelques facteurs qui pourraient freiner la croissance de cette compagnie aérienne « africaine ».

La Satisfaction clientèle n’est pas leur priorité.

De la réservation du billet au voyage, le service clientèle d’ASKY est très médiocre. Le personnel est très arrogant, insolent et peu soucieux de satisfaire les problèmes du client. Vous allez difficilement voir une compagnie aérienne sérieuse qui, à deux reprises, va observer (contribuer) un client manquer son vol, et demeurer indifférent. Même le personnel de l’aéroport qui m’avait vu manquer le vol le Vendredi, était surpris qu’ils ne m’eussent aussi pas laisser passer le Samedi.

Négliger l’expérience clientèle au profit de l’économique est dangereux.

Comme je l’ai souligné plus haut, la compagnie ASKY se réjouit du malheur des passagers car les vols ratés génèrent beaucoup de recettes à travers le paiement des pénalités, ou même l’abandon des tickets. Or la clé pour attirer, maintenir et fideliser des clients, c’est l’expérience unique qu’ils reçoivent dans le service.

Lorsque l’expérience clientèle est positive, ils promouvront d’eux-mêmes vos services et les recommandations personnelles ou de bouches à bouches, sont plus efficaces que la majorité des campagnes publicitaires.  Quant à moi, je ne vais JAMAIS recommander cette compagnie aérienne à qui que ce soit.

Si vous êtes pressé ou avez des rendez vous importants lors de votre voyage, ASKY n’est pas sur pour vous. Ils sont trop imprévisibles et peuvent rapidement transformer votre voyage en cauchemar. Bien qu’ils aient des prix attractifs, le risque n’en vaut pas la chandelle. Le moins cher est très souvent plus cher.

Vous verrez certains entrepreneurs africains se plaindre de ce que leurs entreprises ou affaires ne marchent pas ou ne progressent. Par expérience, ils négligent beaucoup la relation client et pensent que les africains vont automatiquement ou naturellement se tourner vers des services africains. Après cette expérience cauchemardesque avec ASKY, j’ai compris pourquoi certains africains se tournent toujours vers des compagnies de voyage étrangères.

En cloturant ce billet, j’aimerais rassurer mes lecteurs de ce qu’il ne s’agit point d’un règlement de compte avec ASKY ; cela n’a jamais été mon intention ni dans mes pratiques. C’est juste qu’il faut aussi décrier les choses lorsqu’elles sont mal faites. Et je ne suis pas le seul passager d’ASKY Airlines qui a eu une très mauvaise expérience, la compagnie n’a reçue qu’une note de 4/10 des passagers ayant évalué la qualité du service. Certains déclarent par exemple que :

« C’est la pire expérience que j’ai jamais vécue en voyage et après mon retour, j’espère ne plus jamais voler avec Asky à moins qu’une action ne soit prise pour le comportement de leur personnel. »
« Horrible, ce n’était qu’un cauchemar et une expérience détestable. Je regrette d’avoir acheté ce billet et j’ai eu l’impression d’avoir perdu mon argent et mon temps. » C Kardeke (United States)

« C’est de loin la pire compagnie aérienne que j’aie jamais vue de ma vie. » Emmanuel Aighu (Nigeria)

« Je ne recommanderais cette compagnie aérienne à personne, ils sont arrogants et n’ont pas de service à la clientèle du tout ! »

« Cette compagnie aérienne n’a été qu’une déception et je ne la prendrai plus jamais et je ne la recommanderai en aucun cas. » Chess White (United States)

Si vous avez également voyagé à travers ASKY Airlines, je vous prie de partager également votre expérience (positive ou négative) en commentaire. Ces critiques positives ou négatives pourront certainement les amener à améliorer la qualité de leurs services pour le bien être de tous les africains.


Mongo Beti était-il véritablement un athée ou un catholique caché?

Mongo Beti, écrivain, homme politique, polémiste et leader d’opinion célèbre est aussi connu pour n’avoir pas été souvent tendre avec le clergé catholique en Afrique. Tant dans sa prose latérale que dans son œuvre. Laquelle œuvre toute entière est pourtant empreinte de motifs catholiques. C’est le constat qu’a fait Owono-Kouma, lequel l’a conduit à écrire Mongo Beti romancier et l’église catholique romaine publié chez L’Harmattan en 2010.

L’interrogation principale qui occupe le chercheur est celle d’explorer l’écriture de Mongo Beti (Eza Boto) pour se « demander pourquoi un romancier qui s’est proclamé ou que l’on a dit agnostique, voire athée, a puisé si abondamment la matière d’œuvre de sa production romanesque dans le christianisme en général, l’Écriture sainte et l’Église catholique en particulier. Pourquoi en est-il toujours question dans chacune de ses œuvres ? Pourquoi le romancier en est-il tant obnubilé ? » l’exégète s’est aussi demandé si cela a servi ou desservi l’église catholique.

Le critique se démarque de Molly Mazuiri, Louis-Paul Ngongo, Bernard Mouralis, Tsibola Kalengayi, Albert Gérard et Eloi Messi Metogo qui, tous ayant étudié la religion chez Mongo Beti, n’ont pas abordé le motif chrétien de façon holistique chez le natif de Mbalmayo, tâche à laquelle le critique s’attelle.

Église catholique romaine et création romanesque

La première partie Église catholique romaine et création romanesque présente la création romanesque de Mongo Beti comme se basant principalement sur la religion chrétienne et surtout l’obédience catholique romaine. Son chapitre I s’intitule La mission catholique : une succession de descriptions. Ce chapitre est forgé au pied de la théorie de Pierre Fontanier se rapportant à la description que le chercheur utilise. Il dresse exhaustivement les caractéristiques des infrastructures de l’église catholique. Le personnel missionnaire : une galerie de portraits, ainsi s’intitule le chapitre II. Il y est question d’insister sur l’ensemble des marques que l’on pourrait appeler l’étiquette du personnage selon la terminologie de Philippe Hamon. De ce point de vue, les membres du clergé comme les évêques, les prêtres, les laïcs dont le personnel du presbytère et les domestiques passent à l’analyse. Le chapitre III parle du Thème structurateur de l’évangélisation. De la pléthore des théoriciens de l’approche thématique, Owono-Kouma jette le dévolu sur Jean-Pierre Richard qui consiste entre autres à construire des associations significatives et récurrentes. Il conclut que ces associations sont construites autour d’un pivot : la religion chrétienne d’obédience catholique.  

Écriture sainte et création romanesque 

La deuxième partie a pour titre Écriture sainte et création romanesque : essai d’analyse intertextuelle. Indication du temps et caractérisation de l’espace en est le premier chapitre et le quatrième de l’ouvrage. Comme l’écrit Owono-Kouma, « Dans cette perspective, l’analyse du présent chapitre montre que l’écrivain s’est servi du temps et des localités de la Bible pour indiquer et caractériser tour à tour le temps et l’espace dans lesdits romans. » p. 146.  Au chapitre V Signifiant et faire des personnages. L’intertextualité tient des analogies que le chercheur établit entre les personnages bibliques et ceux de Mongo Beti. Les personnages de Mongo Beti sont tantôt inscrits dans le cadre de leur programme dans les canevas proscriptif et prescriptif selon la terminologie du Groupe de Liège. Le chapitre VI s’intéresse à Le discours des personnages. Suivant le même tandem, il est question de montrer que ce discours « c’est-à-dire la façon de parler, s’inscrit dans le cadre de la démarche intertextuelle. » p. 199. Il s’agit de scruter dans les discours des personnages la part qui a trait directement ou indirectement à un fragment biblique.  

Discours critique sur l’Église et l’évangélisation

La troisième partie Discours critique sur l’Église et l’évangélisation touche les problématiques de rejet, d’adhésion mitigée au christianisme par les Africains. Le chapitre VII, Les chrétiens africains : une foi chancelante permet de revenir sur les freins à une évangélisation réussie. On aura à ce sujet une inconstance de la foi chez les Africains traduite notamment par une foi singulière (goût de la curiosité, recherche de l’intérêt personnel, la complaisance dans les conversions), la pratique coercitive de la foi et la pratique de la mobilité religieuse. Le personnel missionnaire, des contre modèles est le titre du chapitre VIII. Son dessein est de dégager l’image négative qui entache le faire et l’être des missionnaires. Ils sont présentés par Mongo Beti comme ayant un comportement contradictoire avec leur enseignement : chasteté sujette à caution, l’égocentrisme avec l’intolérance envers les autres confessions chrétiennes, le goût du luxe matériel et le mauvais payement des personnels à leur charge.  Critique de l’institution est le titre du chapitre IX. Les chrétiens formulent des critiques contre les fondements de l’Église universelle, ces critiques sont relayées par les narrateurs successifs de Mongo Beti, ses personnages non chrétiens et réactionnaires. Des réserves portées sur l’Écriture sainte, contre le comportement des missionnaires sont également le lot qui peint la catholicité sous son mauvais jour, raison de la désaffection des Africains.

Il est à retenir que « Seule la question relative au rapport de Mongo Beti à la foi n’a pu être élucidée. » p. 337, Mongo Beti puisant abondamment et presque de façon obsédante du matériau biblique pour construire les lieux, le programme narratif des personnages et leurs discours. L’étude pourrait aussi poser l’hypothèse de la chrétienté comme métaphore obsédante chez Mongo Beti, laquelle amènerait le chercheur à se nourrir de la psychocritique de Charles Mauron pour affiner les résultats les résultats probants auxquels il aboutit.

Néanmoins la plus grande certitude demeure ; personne n’a encore avec clarté déclarer la foi ou la non-foi de Mongo Beti.

Compte rendu d’un ouvrage culte sur l’auteur de Ville cruelle par Gaétan Guetchuechi.


Comment les statuts WhatsApp nous renseignent sur la personnalité des individus

Saviez que les statuts live de vos amis peuvent vous donner des informations précieuses sur leur état d’esprit ? Saviez vous que ces murs sont des outils de communication parallèle efficaces mais redoutables ?

Deux scénarios éloquents sur le caractère aliénant des statuts.

Premier scénario :

Abena Owusu, une jeune femme ghanéenne âgée de 26 ans, vient de recevoir un appel de son copain, qui l’annonçait n’avoir plus d’intérêt et voulait stopper leur relation amoureuse qui perdure depuis 4 ans. Abena, étouffe de colère, tout son corps tremble tellement elle est enragée. Après quelques heures de pleurs, elle se rend sur son statut WhatsApp où elle poste des messages apparemment innocents pour un observateur lambda, mais très éloquent pour leur destinataire. Vindicative, ses messages sont lourds de reproche, d’avertissement et de menaces dont la finalité ultime est d’amener son Roméo à renoncer à sa décision ou du moins, à le lui faire regretter et à développer. Quelques jours après cet incident, elle est victime d’un choc cérébral entraînant la paralysie complète du coté gauche de son corps. Plusieurs mois de traitement à l’Hôpital n’ont aucun effet, les médecins ne parviennent pas à identifier exactement la cause de cette paralysie. La famille a ainsi vite fait d’attribuer cela à une attaque mystique d’un(e) jaloux du bonheur et de la beauté de leur fille Abena. La famille ignore qu’Abena traverse une crise émotionnelle depuis sa rupture. Elle ne peut ni ne veut le leur dire également. Son père est un diacre très respecté et influent qui ne rate jamais l’occasion de chanter la chasteté et l’exemplarité de sa fille unique Abena. Ni lui ni aucun autre parent ne se doutent de la vie parallèle dans laquelle cette dernière vivait. Si seulement, ils consultaient les statuts WhatsApp de leur fille, ils auraient longtemps compris qu’il y’avait quelque chose d’anormal qui clochait. Et cela aurait peut-être constitué une piste de résolution du mal intérieur qui rongeait Abena…

Deuxième scénario :

Si le premier scénario est une histoire vraie qui nous a été narrée, la seconde a été personnellement vécue. Notre compagnie avait organisé une soirée de gala pour remercier et dire aurevoir à certains membres sortants du Conseil d’administration. Après le repas et les témoignages, vint l’instant de se défouler. Le DJ de l’occasion joua des rythmes et sonorités locales, mais étant donné que la soirée avait été organisée un vendredi soir, après une longue journée de travail, tous les collègues étaient épuisés et certains retournèrent à leur domicile se reposer. Cependant, une jeune collègue de 27 ans se lança avec énergie sur la piste de danse. Initialement, je crus qu’elle était emportée par la musique, mais je m’aperçu quelques secondes plus tard qu’elle tenait son iPhone en mode selfie, s’autofilmant pendant qu’elle dansait. Elle sollicita même un tiers pour mieux la filmer pendant quelques minutes. Lorsque je l’interrogeais, un peu surpris, elle déclara innocemment que ces vidéos étaient réalisées juste pour alimenter ses statuts WhatsApp, Facebook et Instagram…

Cette déclaration me rappela les propos d’une amie Magalie Laliberté, qui disait en parlant des réseaux sociaux que : « Les jeunes ne vivent plus l’instant présent. Ils documentent le présent. » En effet, les réseaux sociaux sont rapidement devenus des outils aliénant affectant la santé mentale des jeunes, surtout les « digital natives ». Ces derniers n’envisagent point leur vie sans accès à internet, à leur portable, à Internet et tous les contenus qu’on y retrouve. Dans une analyse antérieure, nous présentions déjà l’importance voire l’urgence de parfois de déconnecter, pour respirer, se désintoxiquer, prendre du recul et mieux apprécier la vie sans internet ni réseaux sociaux. Dans celle-ci, nous nous pencherons sur une fonctionnalité spécifique des réseaux sociaux, les statuts, afin de montrer comment ils fournissent de précieuses informations sur l’état psychologique des jeunes et leur potentiel usage pédagogique.

Mais pour faciliter l’analyse, nous avons tenté une catégorisation des profils d’utilisateurs des statuts.

Young women showing a WhatsApp Messenger icon – CC

Les profils d’utilisateurs des statuts.

Image libre de droit

 

Les Annonceurs ou reporters : Cette catégorie regroupe tous ceux qui se servent de leurs statuts comme plateforme publicitaire leur permettant d’annoncer à leurs proches et au monde, les événements auxquels ils sont impliqués ou intéressés. Il est ainsi possible de savoir exactement le lieu et l’activité que réalise ce genre d’individu juste en se rendant sur son statut. Tel des journalistes reporters, ces derniers sont obsédés par le besoin d’informer les autres de tout ce qu’ils font en temps réel. Au niveau psychologique, il s’agit parfois d’un manque de confiance en soi, d’un besoin d’approbation des autres ou tout simplement la satisfaction de leur ego.

 

 

Image libre de droit

 

Les Blagueurs : il s’agit là de personnes passionnées d’humour et baignant régulièrement dans une humeur positive. Sur leurs statuts, la majorité de leurs contenus sont des images ou vidéos hilarantes, le plus souvent collectées sur internet dans des groupes dédiés. Par exemple, il existe des communautés ou groupes Facebook uniquement destinés au partage de contenus humoristiques ou sarcastiques. Il s’agit d’une source d’approvisionnement pour les Blagueurs qui éprouvent du plaisir à diffuser de la bonne humeur ou à arracher un sourire à un proche autour d’eux. Du point de vue psychologique, diffuser le rire pour les Blagueurs a une fonction thérapeutique, un exutoire pour se libérer du stress quotidien du travail, des études, de la famille ou de la vie en général.

 

Image libre de droit

Les Cachotiers : Cette catégorie renvoie aux personnes comme Abena Owusu, ceux qui se servent de leurs statuts comme des postes de combat pour mitrailler ceux qui les auraient offensés. Parfois, les attaques sont ciblées et directes lorsque le Cachotier mentionne clairement le nom du destinataire. Mais le plus souvent, elles sont anonymes et seules des proches peuvent cerner les sous-entendus ou non-dits. Au niveau psychologique, les Cachotiers sont parfois des personnes colériques ou timides qui n’arrivent pas toujours à exprimer ouvertement et verbalement leurs émotions. Leurs statuts deviennent ainsi un ring de boxe, où ils peuvent se défouler, cracher leur venin en toute sécurité et confort mental, blotti avec leur portable. De nature renfermés, ils se sentent courageux et puissant lorsqu’ils sont abrités derrière leur écran. Les statuts leur permettent ainsi d’extérioriser leur état psychologique : dépression, stress, fatigue, frustration… Vous ne pourrez saisir leur état émotionnel qu’en visitant leur statut WhatsApp car ils ne vous diront pas ou rarement qu’ils ne vont pas bien.

Les Pros comme l’expression l’indique, désigne ces personnes, parfois matures, qui ont un usage stratégique et consistent de leurs statuts. Il s’agit parfois d’entrepreneurs accomplis ou en devenir qui s’en servent pour éduquer leur audience, marketer leurs produits, motiver leurs followers, réaliser leur branding personnel ou organisationnel etc. Il n’est ainsi pas surprenant de retrouver des profils avec des produits de beauté ou électroniques en vente. Le follower ou regardeur a ainsi une relation directe quoiqu’informelle avec le fournisseur de services. C’est cette pratique qui a motivé WhatsApp à développer une version « business » pour les entreprises afin d’avoir une meilleure relation de proximité entre clients/marchands.

Les Spirituels : il s’agit là de croyants – chrétiens ou musulmans le plus souvent – qui utilisent leurs statuts pour partager des contenus religieux dérivés de leur expérience personnelle ou tiré de livres ou personnalités religieuses. Il est par exemple courant de retrouver des versets bibliques ou coraniques, des mots d’encourages chrétiens… Evidemment, il est peu recommandable de se fier à ces statuts à caractère religieux pour mesurer la maturité spirituelle d’un individu.

Voilà ainsi présentés les 5 profils d’utilisateurs des statuts sur les réseaux sociaux. Evidemment il ne s’agit point de catégories closes et fixes, mais juste des traits dominants. On peut ainsi retrouver un Cachotier partager des contenus spirituels, pour se remonter le moral ou attaquer une cible invisible. On peut également avoir un Annonceur pro, qui est consistent et stratégique dans ses usages. Le plus important n’est point cette catégorisation, mais le fait qu’elle permette de ressortir et d’apprécier les dynamiques en cours dans les usages des réseaux sociaux. Les professionnels de la santé, surtout mentale, trouveront en cela un matériau supplémentaire pour améliorer le diagnostic de leurs patients. Et parfois, cela peut sauver des vies, surtout lorsque la victime de trouble psychologique n’extériorise point véritablement son état émotionnel ou psychologique.

Cependant, la communauté éducative est-elle consciente des immenses potentialités contenues dans les espaces d’apprentissage informel comme les statuts, et exploite-t-elle l’omniprésence des technologies mobiles afin d’encourager de nouvelles percées pour relier entre eux les environnements scolaires, post-scolaires et familiaux ? Telle est la question principale à laquelle la seconde partie de notre analyse tentera d’apporter un éclairage.


Apply NOW for the African Future Leaders Fellowship (Cohort 2)

The African future Leaders Fellowship (AFLF) is a bold initiative to develop changemakers for the continent and inspire young Africans to be solution oriented, entrepreneurial-minded and value led leaders.  The program, which launched its first cohort in September 2018 will this year seek to offer training to 100 tertiary students and recent graduates between the ages of 18 – 25.

We had a chat with Belinda Akoto, Programs Director of the AFLF to learn about the vision and benefits of the program.

Kindly tell us briefly about yourself

My name is Belinda Akoto. I am proud Ghanaian from the Ashanti region and the wife of an extraordinary man. I am the eldest of 2 girls. My first degree was at the University of Ghana and my second degree was at the London School of Economics and Political Science. I am in the process of building my career but currently, I work for Harlem Children’s Zone in Manhattan and also double as the programs director for the African Future Leaders Fellowship.

 Tell us about the African Future Leaders Fellowship and the vision for this initiative?

The African Future Leadership Fellowship (AFLF) is a social enterprise solving the needs of Tertiary students and Senior High students.  We organize mentoring/ youth empowerment programs for students in the Tertiary and Senior high school with our current cohort focused on tertiary students. The program aims at offering a holistic mentoring & skills training in Career Development, Entrepreneurship, Leadership among others to young Africans between the ages of 18 & 25.
Do you remember how you felt when you were about completing the senior high school or the university? I remembered how I felt, for SHS, I was scared of what the university life will be like but was very excited about moving to the next stage in life and being considered an adult lol but the feeling is totally different when you are in your finals at the university. You are more terrified of the unknown. You are unsure of when you will get a job. or even how to begin the job search. If you have a business idea, there is very little chance of finding a guiding hand to help you succeed. Most often the reality turns out to be even worse after school.  This is the problem the AFLF seeks to solve, to empower young Africans for the corporate world and connect them with mentors to offer guidance.

What is the structure of the AFLF?

Our program is based on 3 pillars:

1. 3 months online mentoring & training

The mentoring/ training is based on 6 modules which are:
– purpose & vision
– Leadership
– Networking and Relationship
– Financial Literacy
– Career Development
– Entrepreneurship.
Each module is handled by a seasoned mentor who is a master in their field of work. These modules have been designed to prepare the tertiary student for the corporate world after graduation and also empower them to start their own businesses and organizations.

2. Community Project

As Patrick Awuah, founder of Ashesi University, Ghana has said, ‘We don’t need more agitators in Africa. We need more problem solvers.’ Our aim through the African Future leaders fellowship is to raise up solution oriented, problem solving young leaders for Africa. Through the community project, Fellows apply the skills they have gained through the training to a community project in their country.

3. Digital Skills Training

Many young people lack the digital skills crucial for success in today’s workplace. The digital skills training is aimed at helping fellows acquire certification in relevant digital skills based on their career path.
At the end of the program, fellows receive a certificate and become part of our community of solution-oriented young African leaders.  You can apply for Cohort 2 of the fellowship program here.

What have been some of your successes & challenges so far?

Our success stories have been the positive results that we see in our graduated fellows. They are out there being a part of the solution and not a part of the problem. They are making a major impact in their communities in their own small ways. Another success has been the ability of the impact of the training on the preparedness of our fellows for the job market and their renewed interest in entrepreneurship.
Our challenges have been many but a major one has been the access to affordable internet for most of our fellows. Internet is expensive in their various countries and also unstable and unreliable. This makes it difficult for some fellows to follow the course through to the end. Another major challenge has been getting more partnerships with corporate organizations.
 

What are some benefits fellows for Cohort II stand to gain?

Some of our amazing rewards are .: support with information(application & financial aid) on studying abroad, free website for outstanding business/ blog ideas, free certified digital training, holistic training for career development a and entrepreneurship, Q&A live sessions with successful entrepreneurs & professionals, become part of a rich network of outstanding young Africans and many more. And before I forget… Can I get a drum roll for this reward ……… The best fellow gets  awarded with our SURPRISE GRAND  PRIZE 😉
Visit https://africanfutureleaders.org/apply/ to apply for Cohort 2


My propositions to better the Arab and African Youth Platform of the World Youth Forum

The World Youth Forum (WYF), which was opened by President Abdel Fattah El Sisi in Aswan on Saturday 16 March 2019, conveys the civilized image of Egypt and reflects its keenness on spreading peace. The WYF mirrors the civilization, security and stability in Egypt. It’s also a cultural diplomacy tool as it brings youths from all over the world to meet their Egyptian counterparts. After attending the Forum, here are some observations and propositions for the organising committee to improve the planning and implementation of this program to make it more successful and impactful.

 1. If not yet, it will be good to establish a task force team with 1-2 members representing the 5 African Regions (Central, Eastern, Southern, West and the MENA region to ensure more diversity in attendance and representativity all through the planning and execution stage.

Task force gives more power.

2. Connect more participants from the Arab and sub-Saharan regions using game-based activities. As an active and leading researcher on gamification in Africa, I know how important gaming can foster engagement, motivation and facilitate collaboration between people from different background. Playing is a universal language. During this event, I noticed that most of the participants were not properly or effectively mingling with each other. Most were still working and talking with their colleagues from the same country or region. I just saw very few cases of Arab youth exchanging ideas with African Youth, and I believe we can create more opportunities for both to engage, learn and collaborate.

3. Encourage Arab and African Youth to mix, collaborate and create businesses together. Bringing youth from across the globe is important to foster intercultural dialogue, but what’s the essence or long-term impact if we just come to share diverse ideas without creating something together or implementing them? Many of the participants were unemployed, students or underemployed. So, beyond an international engagement, it will be great to equip and empower them to be increase their social impact and influence. WYF’s slogan is ‘Discuss, Generate, Act!’ but it seems that the last step on action has not yet been fully considered or integrated. But it’s only through action that change happens. Actions speak louder than words.

4. Depending on the content, workshop facilitators should prioritize small group activity to categorize and organize ideas gathered in brainstorm activity; Identify and describe key issues. Include more team-building activities to keep everyone refreshed and amused.

With friend of Nigeria and Egypt

5. We haven’t been explicitly asked for feedback. It sounds cheesy but it’s true. Some people will tell you their opinion anyway, but it may not be a representative cross-section of all the participants and likely not the best sample from the people you’d ideally like to attend. But if you specifically and repeatedly ask the entire crowd, they’ll share their voice, as everybody liked to be heard.

6. Having celebrity speakers such as Nelson Mandela Grandson doesn’t guarantee a successful impact. Having celebrities talk about how they’ve made changes doesn’t necessarily help us. From the workshop on social entrepreneurship, most of the participants will agree with me that the more important is for the speaker to understand where participants are coming from and engage in a meaningful way with them. A good speaker keeps the audience engaged and presents information in an interesting way. Interactive workshops that seek ideas and feedback from the people participating in them have done best, in my experience.

7. Explicitly encourage participants to share on social media what they are learning during the AAYP.

Even though the hashtag #WorldYouthForum was visible on all the event materials, it’s always better to regularly remind participants what to do. I sincerely believe in the WYF Platform as a unique and leading voice for Arab and African Youth to connect, discuss and create joint initiatives with a lasting impact in Egypt and Africa. So, whenever, there is an event being organised (such as the WYF Insights), it is important to “make strategic noise” to tell the world our story. For the next editions, we could use a social media stream on a projector showing each time a post with the forum related hashtag is tweeted. This will also connect people who are not at the conference with the WYF.

8. Turn inspiration into action: to be sincere and honest, the Arab and Youth African Platform was more inspiring than empowering.

It has been a life-changing experience and I’m impatient to see this program growing and reaching its full potential in solving problems for a better world. I took some time to write down these propositions because I believe in this program and in its transformative potential for diplomatic and cultural relationship between the MENA Region and Sub-Saharan Africa. I will always be ready to contribute and share more ideas whenever the need arises.

Wish you all the best and thanks again for all.

 


My inspiring experience at the 2019 World Youth Forum in Aswan

On March 15th, I landed in Aswan (Egypt) after an 8 hours trip from Ghana, to attend the Arab and African Youth Platform of the World Youth Forum. It was a great and inspiring event where I had the opportunity to meet and discuss with the Egyptian President, H.E El Sissi. In this blog, I’m going to share my best experiences, highlight areas that need improvements and suggest some propositions to better future editions.

What I liked most?

  1. This event is an innovative way of promoting cultural and political diplomacy.

Aswan, where the event was organised

An Overview of Aswan

The WYF promoted tourism in Egypt and showed the whole world that Egypt is a safe tourism destination, not to mention its capability to hold such a well-organized forum that welcomed a hundred delegations from all over the world. The forum resulted in inking several investment deals, which will provide lots of job opportunities for Egyptians. It proved that Egypt has intellectual youth, who are totally aware of African problems, with a clear vision to reform or resolve them. I believe many African governments can learn and be inspire by this program.

  1. It gives Arab and African youth a voice, a platform where to creatively and thoughtfully express their ideas on how to improve their societies.

World Youth Forum
Arab and Subsaharan youth together

  1. Most, if not all, the members of the organizing team (PLP) never lose their control and were always cool even when unexpected things happened. For example, I lose my wallet and they have helped me to recover it professionally and gently.

With a member of the WYF Organizing team

  1. I connect with many people from across Africa and made new friends with youth from Swaziland, Bahrein and Lebanon. It would be very difficult for me to book hotel accommodation whenever I’m travelling to one of these countries. Beyond friends, we are now a family, a network ready to support each other whenever the need arises.

With other participants from Nigeria and Ethiopia

  1. I enjoyed revisiting Aswan, after a first trip in 2016 with my colleagues from Senghor University in Alexandria. Stuff were less expensive, and the Egyptians are very welcoming, always ready to take a selfie. I enjoyed the nice food and thanks to all the chefs, particularly those on the “Tower Prestige” Cruise who were friendly and patient. One night that we came late for dinner, they had already cleaned everything but accepted to serve us some food to eat.

  1. Most of the participants were dressed in their national or cultural attire. As an Afropolitan, it’s very important to me because we need to value more our cultural artefacts and present it to the world. Some participants who were dressed in the western style said that it was “more conventional and convenient” to them. But I always replied that it was a wrong perception, nothing is conventional or not. It’s just a matter of perspective and thinking. If there is something in Africa that’s not conventional, we are responsible for accepting that status quo and following the trend. Let’s be original! Let’s dare to be different. Let’s dare to be unique and do everything from an African perspective. It just requires a mindset shift that we all need to develop. Let’s stop being passive followers and assume our rich identity. As a proud Afropolitan, I always wear African dresses and many times, it has intrigued or inspired foreign people.

Proud Afropolitan

 

What can be improved?

Planning

At the level of planning, most of the participants received all the travel documents just three days before the event. It was therefore difficult or impossible for some participants to be granted authorisation to leave from their organisation because the time was too short. If possible, the WYF Organizing Committee should send a confirmation email at least two weeks ahead to enable all the participants to prepare accordingly. As a convener of debate & public speaking events across Africa, I know the logistical and organisational burdens that such events may constitute.

Communication

I really appreciate the fact that there was a WYF Wi-Fi hotspot at Aswan International Airport but was quite surprised to notice that most of the boat cruises were not having WiFi for participants. However, I understand that it may have been strategically been done to enable participants to connect more together rather than isolating on social media. Not providing a free internet connection has also enabled most of us to buy local SIM Card (Etisalat, Vodafone, Orange…), henceforth contributing to the economic development of local communities.

There was also asymmetrical communication between participants and organisers. The agenda wasn’t fully respected, and I understand it may be due to factors that weren’t under the control of organisers. But what we say must always line up with what we do.

You can’t please everybody

Some participants also complained about not have being informed about the presidential meeting on the boat. Even though they are right, everyone couldn’t have been able to get on the boat. It’s just a matter of natural selection and divine grace. No matter how much thought and planning goes into an event, you simply can’t please everyone who attends. That’s also why I’m writing this feedback.

Workshop on Social Entrepreneurship from an African Perspective: a disillusion.

Even though the topic was interesting, the content has not properly been designed and delivered by the facilitation team. They made it look like a teaching session or course, while it was supposed to be an interactive and participant-driven session. We had different groups with different level of experiences, cultural background and expectations in the classroom. As an Instructional designer and facilitator, a good approach will have been better if the facilitator had previously sent a quick needs assessment to understand participants expectations and tailor the content according to that. They could have also been able to do that in-class by briefly asking participants’ expectations before the beginning of the workshop. Knowing and understanding participants expectations will have then served to divide them into small diverse team of 4-5 members working on 3-4 key characteristics of social entrepreneurship in Africa, previously identified by the participants. After 15-20 minutes of brainstorming and collective work, the participant would have come front to present their findings and the facilitator could have then build on that to explain it better, using its own examples and references.

This bottom-up approach was more suitable than the top-bottom one that was used. It has irritated and frustrated participants and some of them openly expressed their discontent or left before the workshop’s end. The lesson I have learnt from this is that, the more important is not the value of the content, but how it’s been shared. Knowledge only becomes power when it’s appropriately and conveniently shared with others. The second lesson I learnt is patience. In life, things won’t always work as expected nor planned, but it’s how we respond that makes the difference. Attitude is the foundation and support of everything we do and the most valuable asset we can possess toward life.

With the Egyptian President El Sisi

It has been a life-changing experience and I’m impatient to see this program growing and reaching its full potential in solving problems for a better world. I believe in this program and in its transformative potential for diplomatic and cultural relationship between the MENA Region and Sub-Saharan Africa.