Christian ELONGUE

Cette rencontre inoubliable…

Les rencontres imprévisibles sont prévisibles.

 La plupart des gens pensent que les choses qui leur arrivent sont fortuites. Ils ne voient pas les complicités entre les événements auxquels ils sont mêlés, les rencontres qu’ils font, leurs rêves, leur choix. On ne s’en rend

Nervures d'une feuille.
Nervure, lignes du destin
Credit image: Marie Romanca

souvent pas compte mais toutes nos rencontres ne sont point fortuites. Elles ne sont point le fruit des astres ou de la providence. Et comme on a coutume de le dire :

Il n’y a pas de rencontre au hasard, il n’y a que des rendez-vous.

Toutes les personnes que nous rencontrons ont un rôle, une note particulière à apporter à la musicalité de notre vie. Il y’a des rencontres qui changent une vie, d’autres par contre en détruisent. Des destins sont impactés par des rencontres. Quand vous écouter le récit biographique de grandes figures historiques, vous verrez toujours que le cours de leur vie a été influencé par des rencontres. Des jeunes aussi sont en déperdition parce qu’ils n’ont pas encore fait de bonnes rencontres. On voit certains parents qui s’arrangent pour que leurs enfants rencontrent telle personne et pas telle autre : craignant les effets pervers de cette dernière sur l’imaginaire de leur progéniture. Mais pour moi, il n’y a guère de bonne ou de mauvaise rencontre : toute rencontre participe à la construction de notre expérience de la vie et nous assagit. En effet, «même les rencontres de hasard sont dues à des liens noués dans des vies antérieures… tout est déterminé par le Karma. Même pour des choses insignifiantes, le hasard n’existe pas » constate Haruki Murakami.

Ne vous y méprenez point, je n’écris point pour ratiociner sur mes considérations de la rencontre mais pour vous relater non pas la rencontre mais UNE rencontre : singulière, unique et exceptionnelle.

 Cette rencontre se fit au début de mon parcours universitaire dans la ville de Dschang en 2010. Jeune bachelier, je venais d’abandonner mes parents pour rejoindre cette cité universitaire où je ne connaissais absolument personne. J’étais d’ailleurs trop méfiant pour entreprendre toute démarche de ce genre. La plupart des parents conçoivent l’Université comme un océan abondant de loges, et de requins qui dévorent les petits poissons. Des commandements du genre « ton trajet est borné entre ton domicile et l’université : pas de déviation » ou «  ton meilleur ami c’est ton cahier » … étaient bien ancrées dans ma mémoire.

Mais ces barrières s’évanouirent lorsque je fis UNE rencontre…

 Je prenais le programme des cours au babillard lorsque je fus interpellé en ces:

  • « Petit frère », tu peux nous aider un peu ? Quelles sont les matières de la filière Bilingue dans ce magma?

 Tout surpris, je me retournais pour découvrir deux jeunes et jolies femmes menues, rondes et potelées. C’était l’ainée, Julie, qui m’avait posé la question et j’y répondis avec empressement, leur donnant même des indications supplémentaires. Elle me fit donc comprendre qu’elle était venue assister sa sœurette, qui elle aussi, venait d’arriver dans la ville et (heureusement) faisait la même filière que moi. Elle nous encouragea donc à échanger les contacts afin que sa petite sœur puisse récupérer mes notes de cours et partant rattraper son retard académique.

 Comme tout homme, j’acquiesçais rapidement, voyant là une perche ou une potentielle relation à l’horizon. En effet, comme je vous l’ai dit plus haut : elle était ronde, le buste cambré, sa peau noire ébène donnait un relief singulier à son sourire : son arme fatale. Ce sourire respirait l’innocence et transmettait la gaieté. Elle avait des yeux larmoyants qui étincelaient comme des pépites au soleil. Je ne puis donc m’empêcher de développer, inconsciemment, des intentions ! (Je suis sûr que cela vous arrive aussi parfois). Mais après quelques semaines, je m’aperçus qu’il s’agissait juste d’une attirance passagère. Je ne le réalisais déjà pas mais ce fut là le début d’une longue et profonde amitié qui perdure jusqu’à aujourd’hui.

Akono Crescence
Hbd Lupita. Credit Image: Necc, 2010.

 Nous avons passé des moments euphoriques mais aussi dysphoriques, partagé des joies et des peines, des frustrations et des déceptions communes et réciproques. Mais, ensemble nous avons toujours pu les surmonter. Elle était mon ombre : mon pied ton pied. A tel enseigne que mes copines la jalousait au vu de sa prégnance dans ma vie : je ne prenais presqu’aucune décision sans lui en faire part. Des amis soupçonnaient même que nous étions plus que des amis au vu du degré de complicité que nous partagions. Mais je prenais toujours la peine d’expliquer qu’il n’en était rien. Certains me crurent, d’autres pas. Comme on dit chez nous au Cameroun, c’est le cœur du bandit qui bat.

 Des fois, je me dis que si Dieu ne l’avait pas créé, je l’aurais fait ! Elle me comprend tant, devine voire prédit mes actes et cela me laisse souvent pantois. En effet, j’ai une personnalité et une philosophie de la vie très simple mais tout à la fois complexe et ambiguë. Les ramifications de ma pensée s’avèrent parfois difficile à cerner, mais j’étais surpris de voir qu’elle avait réussi à le faire. J’en devenais même parfois frustré car ne pouvant rien lui cacher, j’étais comme nu devant elle. Cette habilité, elle le partage uniquement avec ma cadette. Elle est ma conseillère, ma confidente…Bien plus, une sœur pour moi !

Aujourd’hui c’est le jour de son anniversaire !!! Jour mémorable car symbolique de la fête la musique. En ce jour, nous faisions fête et folie, nous amusions comme de petits enfants. MAIS…

 Je suis à des milliers de kilomètres d’elle. Évoluant seul comme un bohème. Son absence m’est devenue cruelle. Son sourire, nos fous rires, ses plaisanteries, sa joie de vivre et le souvenir de ses jolis petits pieds me rattrapèrent finalement. Loin des yeux mais près du cœur a-t-on coutume de dire mais l’on oublie très souvent que le cœur et la mélancolie ne font pas bon ménage. Or cette dernière m’étreint férocement à l’instant où je saisis ces lignes, seul dans mon bureau à Paris, elle à Yaoundé.

 Ecrire devenait donc cathartique : cela me permet d’exprimer cette frustration qui jaillit de mon impuissance à pouvoir partager ce moment unique avec elle. C’est vrai, me direz vous, l’anniversaire se fête au quotidien, mais la richesse et la singularité de ce jour réside dans sa fréquence et sa traditionnalité.

 J’espère que, où qu’elle soit, malgré le fait que le réseau 4G se soit noyé dans l’Atlantique, qu’elle pourra lire ces petites lignes, ce court récit qui au final ne vise qu’à lui dire exprimer mes voeux de bonheur pour son Anniversaire  mais surtout lui témoigner la place singulière qu’elle occupe dans ma vie depuis … cette rencontre.

Elle c’est Crescence MBOE AKONO, ma lupita.

Digne fille d’Akonolinga, I believe in you !


Promenade dans la capitale européenne !

Le Conseil Européen, le Parlement Européen, le Palais des Droits de l’homme européen…

Sculture de Ludmila Tcherina: Symbole de l'Union Européenne
 Europe à Coeur: Sculture symbolique de l’Union Européenne.

Ces lieux, vous les connaissez déjà sans doute : soit par expérience, soit dans votre imaginaire.

Ces lieux désignent les sièges des plus grandes institutions européennes. C’est là que sont prises les plus grandes décisions engageant l’avenir de la communauté européenne. J’ai longtemps eu à en entendre parler dans les médias, à les regarder de par mon écran que parfois on croit y être. Mais la réalité a vite fait de nous rattraper.

Eh bien, l’Éternel m’a donné la chance de visiter, d’être au près de ces grandes institutions européennes et même de les toucher. Vous le devinerez déjà sans doute : j’ai été à Strasbourg. Beaucoup s’imaginerait, vu l’engouement (peut-être) que je dégage dans ce récit, qu’il s’agit là du parcours d’un africain dépaysé qui se retrouve invraisemblablement dans une ville et se laisse séduire par sa beauté. Mais loin s’en faut, bien qu’elle soit riche de par ses châteaux, ses monuments historiques, ses jardins et ses parcs, ce qui m’a le plus marqué de ce bref passage c’est l’empreinte symbolique de cette ville.

 En effet, Strasbourg a été le théâtre de nombreux affrontements sanglants entre les Français et l’Allemagne.

 Partie intégrante de l’Alsace-Lorraine, Strasbourg a été annexée par l’Allemagne après la guerre de 1870-1871. Cette défaite entraîna la naissance d’un profond sentiment anti-allemand très profond en France. Cette haine va s’intensifier durant la période coloniale avec les conflits d’intérêts entre ces deux puissances au Maroc (Coup de Tanger). Les Allemands bombardent la Cathédrale Notre-Dame de Reims, lieu des Rois de France afin de saper et de briser le moral français. Le paroxysme viendra avec l’Occupation de la France par l’Allemagne nazie d’Hitler suite à la défaite du Maréchal Pétain. Elle sera donc humiliée, rabaissée et déshonorée par l’Allemagne durant deux longues années.

Toutefois lorsque viendra l’heure de s’unir pour créer la Communauté Européenne pour le Charbon et l’Acier, afin de faciliter la libre circulation des marchandises, ces deux pays décideront de taire leur rivalité et dissension. Et dès 1949, c’est Strasbourg qui sera choisie pour accueillir les premières institutions européennes. Vous me demanderez sans doute pourquoi tout ce détour historique, il vise tout simplement à montrer que deux nations, supposées se détester mutuellement, ont cependant réussi à panser leurs plaies et à fédérer leurs efforts pour favoriser la création de l’Union Européenne.

Cependant, qu’en est-il de l’Afrique ?

Frontière Cameroun-Guinée équatoriale
Frontière fermée

 Notre continent reste toujours le théâtre de nombreux conflits frontaliers. Et souvent, les parties prenantes ignorent les véritables soubassements de ces conflits. Cela a pour effet, de freiner considérablement la marche vers une Union Africaine (véritable). Car l’institution que nous possédons actuellement n’a pas les mains libres et dépend grandement de l’Union Européenne qui en est le principal actionnaire. Or nous savons que la main qui donne est… !!!

 La péninsule de Bakassi, depuis 1994 est le champ de bataille entre les armées camerounaises et nigérianes à cause de la richesse du territoire en Gaz et pétrole. Bien que la Cour Internationale de Justice de Laye ait tranché le conflit en faveur du Cameroun, des attentats et mouvement de revendication persistent jusqu’à aujourd’hui. La Guinée depuis le 08 octobre 2013 a fermé ses frontières d’avec le Cameroun et le Gabon. Parfois l’opposition idéologique de certains Etats voisins trouve son terrain d’application dans les contentieux frontaliers : c’est le cas entre le Mali et le Burkina Faso en 1974 et 1985, l’Ouganda et la Tanzanie en 1978-1979, le Tchad et la Lybie de 1973-1994. Ou encore entre le Maroc et l’Algérie en 1963.

Les principaux perdants dans ces conflits sont les combattants qui meurent en agrandissant la masse des veuves et des orphelins victimes de guerre. Au Cameroun, les plus valeureux reçoivent des discours grandiloquents lors de cérémonies funèbres. Mais après ? Rien… Aucune stèle, aucun lieu de mémoire pour commémorer ces héros, tombés par amour pour leur Patrie (certains !).

La France et l’Allemagne, auparavant de grandes ennemies, forment aujourd’hui le couple franco-allemand. Il s’en faut même d’un peu pour que François Hollande embrasse Angela Merkel.

François Hollande et Angela Merkel
François Hollande et Angela Merkel

 L’intégration africaine en marche depuis des décennies demeure encore frêle et davantage un discours politique qu’une réalité sociale. Quand les dirigeants africains cesseront-ils de ne voir que leurs différences ? Quand décideront-ils de taire leur égo, à panser les blessures du passer pour fédérer leur effort à travers des programmes de coopération bilatéraux profitables à leurs pays ?  mettre de coté leur intérêt personnel pour privilégier le collectif ? A quand la venue d’une veritable Union Africaine ?


De petites questions pour un champion !!!

Rassurez vous !  Il ne s’agit pas du jeu télévisé de France 3

Je ne voudrais (pourrais) point substituer le présentateur Julien Lepers !

Je veux juste vous présenter un homme dont le parcours professionnel et les choix politiques m’ont profondément marqués.

J’imagine vous devez tous maîtriser le principe de ce jeu télévisé ? Je vais donc vous donner des indices et vous me direz à quel niveau vous aurez deviné le personnage.

Ok ? Trève de bavardage, place au jeu ….

  • C’est un homme d’Etat uruguayen né à Montevideo le 20 mai 1935.
  • Durant les années 1960, il fut l’un des fondateurs du groupe des Tupamaros, sortes de Robin des Bois uruguayens qui protégèrent le peuple contre les exactions des paramilitaires.
  • Il a passé plus de 13 ans dans les geôles de la dictature (1973-1985), battu et humilié, mis à l’isolement total durant 9 ans, avec pour seule compagnie des insectes, privé de lecture durant 7 ans et il passera 2 ans au fond d’un puits.
  • En 2010, à l’âge de 75 ans, il devient Président de la république pour 5 ans (il avait donc un an de moins que Nelson Mandela lors de sa prise de pouvoir en Afrique du Sud, Mandela avait  77 ans en 1994). Ainsi il fait parti des hommes politiques les plus âgé lors de sa prise de pouvoir.
  • Anti-conformiste, refusant de jouer au président, il refusa la luxueuse résidence habituellement réservée aux présidents uruguayens pour rester dans une ferme de 45 m2 au bout d’un chemin de terre.
  • Il refuse aussi toutes les voitures de fonction qui lui sont proposées, sa coccinelle bleue achetée en 1987 lui suffit amplement.
  • Il détient le record du président le plus pauvre au monde avec 9300 Euro dont 90 % sont reversés à des œuvres caritatives en faveur des pauvres ou des petits entrepreneurs, vivant ainsi avec moins de 600 euros.
  • Durant l’hiver 2011, il décide que le Palais présidentiel figurerait sur la liste des édifices publics servant au logement des SDF, et ceci après avoir appris que cinq uruguayens étaient décédés d’hypothermie parce que sans abris.
  • Le 6 mai 2014, il a été le premier président au monde à légaliser la consommation, la culture et la commercialisation du cannabis, afin de mieux lutter contre le trafic de drogue.

Avez vous deviné le nom qui se cache derrière ces indices ? A partir de quelle question avez-vous résolu l’énigme ?

Le personnage qui se cache derrière ces indices n’est autre que José Alberto Mujica Cordano, surnommé « Pepe Mujica ».

Photo: Pierre Martial
Photo: Pierre Martial

Son histoire m’a profondément émue car il consacra sa jeunesse et sa vie au service de la société. Malgré les atroces tortures et souffrances qu’il subit en tant que prisonnier politique, il réussira à se relever et deviendra président de la république. Serait ce le début d’une vie luxueuse avec les émoluments de la république et le confort présidentiel ? Pas du tout ! Il demeura aussi humble et continuera à mener une vie des plus austère.

Un Epicure des temps modernes

Ce président atypique m’a fait penser à nos présidents africains qui s’accrochent au pouvoir comme des naufragés. Ils ne quittent le pouvoir, pour la plupart, qu’après un coup d’Etat, laissant leur pays dans le chaos à travers des crises post-électorales devenues monnaie-courante. Ces présidents possèdent des fortunes toutes plus faramineuses les unes que les autres alors que leur population meure  et alors que la jeunesse coule au fond de la Méditerranée. Je ne déifie point Pepe Mujica, mais sa philosophie de vie contraste sur bien des points avec les autres présidents contemporains dont la folie des grandeurs fait la Une des journaux chaque jour.

Ngnaoussi
Credit Photo: Pierre Martial

De son expérience de guérillero, il aura retenu que : «la guerre est un recours barbare, préhistorique. Quelle que soit la cause de la guerre, ce sont toujours les mêmes qui en paient le prix, les plus faibles». Toutefois, «  Je ne regrette pas ce que j’ai vécu, (sinon) je n’aurais jamais autant appris. Et dans la vie, on apprend beaucoup plus de la douleur et des échecs » nous déclare t-il. Car  « les battus sont ceux qui cessent de lutter, les morts sont ceux qui ne luttent pas pour vivre». Et lorsqu’on lui a demandé ce que cela lui fait d’être l’ex-Président le plus pauvre au monde, il hausse les épaules. “Beaucoup de personnes sont pauvres, très pauvres, de par le monde. Moi, je ne suis pas pauvre, j’ai juste décidé de vivre de manière austère pour être plus proche de ceux qui le sont. Je ne fais pas l’apologie de la pauvreté, mais celui du partage et de la sobriété“. Son futur projet est de « Continuer à vivre le plus longtemps possible ! C’est un miracle que je sois encore en vie après tout ce que j’ai vécu! Et puis lire aussi, lire beaucoup ! J’ai passé plus de 10 ans dans un cachot dont 7 sans pouvoir lire. J’ai du retard à rattraper ! “ déclare ce  champion qui reconnait ainsi la puissance de la lecture dans la construction de l’homme.


L’autonomisation économique des femmes, un prérequis au vivre ensemble.

Pour un vivre ensemble sans discrimination de genre

Le développement   est   un   processus   d’expansion   des libertés qui doit  profiter  à  toute la société.  Dans cette optique, l’égalité des genres est un objectif  fondamental  en  soi. Le genre d’une personne impacte sa vie quotidienne  et  ses  aspirations,  son  niveau  d’éducation, ses  choix  en  matière  d’emploi,  sa  capacité  à  décider  et d’autres aspects du bien-être. Il s’ensuit   que, pour   autant   que   le   développement signifie   une   moindre   pauvreté   monétaire   ou   un meilleur accès à la justice, il doit également impliquer des  disparités  moins  importantes  entre  les  conditions de vie de la population masculine et de la population féminine. Cette optique est aussi manifestement  celle de  la  communauté  internationale  pour   laquelle   promouvoir   l’égalité des genres et l’autonomisation des femmes sont des objectifs de développement  à  part  entière,  inscrits  dans  le  3ème et   le   5ème OMD.

Pour parvenir à l’autonomisation économique des femmes il faudrait apporter un soutien aux entreprises, organisations non gouvernementales et associations dirigées par des femmes par le biais d’un accès accru au crédit et appuyer l’accès des femmes à l’éducation secondaire et supérieure et aux programmes de formation professionnelle afin qu’elles puissent décrocher des emplois de haute qualité dans le marché du travail. A cet effet, le Service d’Assistance Canadienne aux Organismes (SACO), depuis 25 ans a encadré des milliers de femmes en développement économique et en gouvernance. Elle a amélioré l’accès à l’eau potable salubre dans des collectivités au Honduras, crée des associations de leadership féminin au Sénégal, améliorer la sensibilisation à une saine alimentation parmi les femmes au Cameroun Nous avons aussi  l’Association Sthenos-Phanos pour l’Appui aux Initiatives Locales (ASPAIL) qui soutient les initiatives d’entreprises locales au Sénégal. Actions et initiatives  qui touchent de nombreux aspects de la vie des femmes et améliore ainsi leurs perspectives d’avenir.

Ces organisations ont réussi à démontrer que l’égalité    entre    hommes    et    femmes    peut avoir d’importants  effets  sur  la  productivité.  En effet, les  femmes constituent maintenant plus de 40 % de la population active totale, 43 % de la main-d’œuvre agricole et plus de 50 % des étudiants universitaires à l’échelle mondiale. Pour qu’une économie puisse fonctionner à la mesure de son potentiel, il faut que les compétences et les aptitudes des  femmes  soient  consacrées  à  des  activités  qui  les utilisent au mieux. Mais, en pratique, ce n’est pas toujours le  cas  pour  de  nombreuses  femmes.

Autonomisation économique de la femme
Femmes en Inde retournant chercher du bois.

De la nécessité d’une autonomisation économique des femmes

L’égalité entre  les  genres  est  un  objectif  de  développement  en  soi car les inégalités entre hommes et femmes alimentent le sous-développement. Mais  elles  importent aussi  parce  que  la  parité  hommes-femmes  est  un  atout  pour  l’économie. L’autonomisation économique est un moyen essentiel de corriger les déséquilibres entre les hommes et les femmes, des déséquilibres qui ont, jusqu’à présent, fait obstacle au bien-être de la moitié de la population mondiale. Et comme le mentionnait le Programme d’action adopté lors de la Quatrième Conférence Mondiale des Nations Unies sur les Femmes à Beijing en 1995 : « L’autonomisation des femmes et l’égalité entre hommes et femmes sont des prérequis pour l’atteinte de la sécurité politique, sociale, économique, culturelle et environnementale parmi tous les peuples. »

L’autonomisation économique des femmes est un processus qui comporte essentiellement deux volets : les ressources et les possibilités. Les ressources de production sont les avoirs dont les femmes ont besoin pour progresser économiquement. Cela comprend des actifs corporels comme des ressources financières (revenu, épargne, crédit) et des ressources physiques (terre, logement, technologie), ainsi que des actifs incorporels comme des compétences, un savoir-faire technique et une reconnaissance sociale. Le simple fait de posséder des ressources de production ne signifie pas automatiquement que les femmes jouissent d’une autonomie économique. En réalité, de meilleurs emplois, des possibilités plus nombreuses de créer et de gérer des entreprises viables, un accès accru à la terre, à l’éducation et à l’acquisition de compétences, des occasions de participer aux processus décisionnels : voilà ce qui permettra aux femmes de sortir de la pauvreté et d’améliorer leur qualité de vie, ainsi que celle de leur famille et de leur collectivité.

Lorsqu’une femme est économiquement autonome, elle est davantage en mesure de participer aux activités économiques, de rompre le cycle de la pauvreté et de participer de façon plus reconnue aux activités politiques, économiques et culturelles qui se déroulent autour d’elle. Annie Mbatchi est de celles là qui ont appris très tôt le sens des affaires et qui par la force du travail, sont parvenus à asseoir une certaine marge d’autonomie vis à vis de leur époux. Initié par son père durant son enfance, à la gestion économique d’une pharmacie, elle en gardera les aptitudes qu’elle réinvestira dans d’autres secteurs économiques. Aujourd’hui, c’est une femme relativement indépendante qui contribue activement aux dépenses familiales en assumant certaines charges. Vous êtes sans ignoré que les hommes africains apprécient davantage ce genre de femmes qui parviennent ainsi à leur « soulager » dans les lourdes taches qu’ils ont. Certains mêmes vont jusqu’à évaluer la force économique d’une femme avant de leur épouser.

En outre, l’autonomisation économique de la femme signifie des emplois plus intéressants et plus nombreux pour les femmes dans tous les secteurs, un climat d’affaires favorable aux femmes entrepreneures et un secteur financier qui offre aux femmes une gamme de produits et services qui répondent à leurs besoins particuliers. Et surtout, l’autonomisation économique signifie la transformation de dynamiques de pouvoir injustes et l’accès à des outils et à des possibilités de réussite économique. Lorsqu’une femme possède plus de moyens et de ressources de production, elle transforme ses perspectives dans tous les domaines de sa vie, y compris l’emploi, l’éducation, la santé, le logement, la participation sociale et politique et la sécurité physique.

Le vivre ensemble, ce projet humaniste actuellement promu par les organismes internationaux est donc impossible sans une réelle prise en compte de la place et du role de la femme. Elle doit être associée à toute initiative qui concoure à son bien-être, passer du statut de spectateur à celui d’acteur. Seule une société unie et solidaire est à même de pouvoir répondre aux défis qui se présentent à elle. Les hommes et les femmes doivent donc être égaux en droits et en devoirs et être traités de façon égale par la société chaque fois qu’ils fourniront les mêmes aptitudes.


Non je ne suis pas handicapé mais handi-capable !

« Je ne suis pas un Handicapé, je suis Handi-CAPABLE »

Saviez vous que 122 millions d’enfants dans le monde vivent avec un handicap?
Saviez vous que 80% des personnes handicapées vivent dans les pays en voie de développement ?
Saviez vous que 20% des personnes les plus pauvres au monde sont des handicapés ?
 
Jo Coeijman disait:  » Le handicap n’est pas une déficience de l’âme et du coeur. Par contre ceux qui ne savent pas aimer, sont eux des déficients d’humanité ». Pour moi, la véritable injustice ce n’est pas de naître avec un handicap incurable, c’est le fait que la société n’accepte pas ce handicap. C’est notre indifférence vis à vis des handicapés qui les handicapent et non leur maladie ou déficience en elle même. Un sourire, du respect et de l’amour, c’est tout ce qu’ils nous demandent. Une organisation Libérienne : Williette Safehouse s’est donnée pour mission de contribuer à l’amélioration des conditions de vie de ces merveilleuses personnes que sont les handicapés.
We can when we dare !
Jeux Paralympiques @ Orion Flores
Peu importe qui nous sommes, peu importe qui tu es, nous connaissons ou avons connu dans notre entourage des personnes handicapées. Certains vivent dans la misère, non pas parce qu’il le veulent mais parce que les portes d’un emploi digne et formel leur a été fermé. Dans nos états africains, les programmes d’assistances des personnes handicapées n’existent que sur le papier mais dans la pratique, presque rien n’est fait pour soutenir ces personnes qui sans le vouloir se retrouvent handicapés. Certains refusent de perdre leur dignité et se lancent dans la débrouillardise, en effectuant des « petits jobs » parfois très éloignés de leurs compétences de base. Ces personnes, je les admire profondément et énormément ! D’autres par contre, après plusieurs tentatives infructueuses d’accès au travail, se résignent, la mort dans l’âme à la mendicité. Ceux ci aussi, je leur admire profondément. Pourquoi ? Parce que mendier nécessite du courage et impose du respect ! Ne les jugeons point, essayons plutôt de leur comprendre !
 
Oui ! Essayons de les comprendre car nous sommes tous d’une manière où d’une autre, des handicapés ! Il nous manque à tous, d’une manière ou d’une autre quelque chose ! La nature imparfaite de l’Homme est un handicap. Certains sont courts comme moi et auraient aimé être plus grand: c’est un handicap ! D’autres par contre se sentent mince et auraient souhaié avoir des formes différentes, un nez moins gros, une tête plus jolie… Le handicap n’est pas seulement physique c’est aussi mental…
 
Pour scolariser les enfants handicaptés c’est un parcours du combattant. Pour accéder aux administrations, commerces… c’est la même chose !!! Les parents sont démunis et seuls avec leurs enfants différents !!! Tout cela attriste !!! Quand cela va t-il changer ? Est-ce une priorité dans nos pays ? Trouvez-vous cela normal ? Est si cela vous arrivait à vous aussi ?Avec la venue du digital, les choses changent progressivement ! Les enfants handicapés, qui auparavant n’avaient pas toujours ou facilement un accès à l’école peuvent désormais s’autoformer ! J’en connais qui sont très brillant ! Vous en connaissez surement également ! Si une personne « normale » sans handicap apparent a besoin d’amour et d’attention pour être en équilibre, alors, à plus forte raison des handicapés. 
A quand le changement ? C’est pas demain qu’il viendra mais maintenant ! Tu peux dès à présent changer ton attitude à l’égard de ces personnes : leur accorder un regard chaleureux, un sourire gratuit, une aide ou soutien quelconque… La balle est dans ton camp ! Nul ne peut prévenir le futur. Qui sais ? Peut-être toi même tu te retrouveras handicapés demain ! Imagine la réaction des autres ! Imagine leur regard ! Imagine ta vie sans tes bras ! Imagine ta vie cloué à une chaise roulante ! Imagine toi incapable de te nourrir ! Imagine toi atteint d’une myopathie… ! La vie est comme une roulette russe, un poker ! Semons l’amour et nous recolterons de l’amour ! Semons de l’indifférence et nous récolterons …
 
MY ABILITY IS STRONGER THAN MY DISABILITY
 
#JESUISHANDICAPABLE


Petit chef, Futur président

Sur le parvis du mausolée séculaire et sénile il t’attend

Il attend que tu ouvres la calice de ta bouche

De ta bouche, de toi sors le secret des siècles

Femme nue, femme africaine, femme sage

Le réverbère de ma vie.

Ngo Matip

Dans le néant tu pèches le sel de la terre

L’homme dans l’océan en toi nage

Loin de ton océan interne il marche il court

L’enfant viendra sous les doux cris que seule tu pousses

Après les neuf lunes dans ton sein il viendra boire

Au ruisseau de ton saint sein. L’eau de vie

Femme nue, femme source, mère du genre pensant

Eyenga du Ntem

Fille de l’au-delà, femme d’ici, ma moitié

Claire lune de ma nuit, rayon divin de mes jours

Que puis-je sans ta compagnie ?

Toi, ma femme ! Toi la proue et la poupe de mon séjour

Séjour dans ce monde si bref, si moche si beau

L’ile terrestre où se cache la petitesse des géants

Des puissants de ce monde.

Je vous aime, nous vous adorons, ils vous idolâtrent

Femme noire, femme africaine, princesse noire

Djingo Lumière La Belle.


«Le crocrodile du Botwanga» visionné par des universitaires camerounais

Une conférence pour disséquer le film de Fabrice Eboue a eu lieu à l’Université de Dschang le 15 avril 2015

«Fabrice Eboue propose un rire réflexif sur les crises postcoloniales à travers les tendances de la postcolonie». Le Prof. Alain Cyr Pangop Kameni est arrivé à cette conclusion, à l’issue de la conférence organisée par le club bilingue de l’Université de Dschang, le 15 avril 2015 à la salle des conférences et des spectacles de l’institution. Le thème: «Le Crocrodile du Botwanga ou rire des crises postcoloniale. Outre ce spécialiste de la critique littéraire et cinématographique, le Dr Yves-Abel Feze, critique littéraire lui aussi, a siégé dans le panel. David Wateu, étudiant de Master I en Études italiennes, a modéré les échanges.

Pour opérer leur démonstration, les deux communicateurs de cette conférence ont analysé à partir d’angles différents, mais complémentaires. Le Dr Yves-Abel Feze a fait «une lecture postcoloniale» du film proposé par le réalisateur d’origine camerounaise. Pour lui, le Crocrodile de Botwanga se situe entre le «commandement postcolonial» et les crises de la race. Le film déconstruit le potentat postcolonial «qui devient un objet risible».

 

© West-Cameroon Regional News Agency / Hindrich Assongo
Le président du club bilingue, NGNAOUSSI ELONGUE ouvre la conférence

«Fabrice Eboue propose un rire réflexif sur les crises postcoloniales à travers les tendances de la postcolonie». Le Prof. Alain Cyr Pangop Kameni est arrivé à cette conclusion, à l’issue de la conférence organisée par le club bilingue de l’Université de Dschang, le 15 avril 2015 à la salle des conférences et des spectacles de l’institution. Le thème: «Le Crocrodile du Botwanga ou rire des crises postcoloniales». Outre ce spécialiste de la critique littéraire et cinématographique, le Dr Yves-Abel Feze, critique littéraire lui aussi, a siégé dans le panel. David Wateu, étudiant de Master I en Études italiennes, a modéré les échanges.Pour opérer leur démonstration, les deux communicateurs de cette conférence ont analysé à partir d’angles différents, mais complémentaires. Le Dr Yves-Abel Feze a fait «une lecture postcoloniale» du film proposé par le réalisateur d’origine camerounaise. Pour lui, le Crocrodile de Botwanga se situe entre le «commandement postcolonial» et les crises de la race. Le film déconstruit le potentat postcolonial «qui devient un objet risible».

 

© allocine.fr
L’affiche du film « Le crocodile du Botswanga »

Lecture sémiotique
Le Pr Alain Cyr Pangop, en plus du postcolonialisme, a abondamment puisé dans la sémiotique pour proposer sa lecture du «Crocrodile du Botwanga». Pour ce spécialiste des crises postcoloniales africaines, le film est une vaste critique acerbe du pouvoir postcolonial. On peut y voir, entre autres, «le système d’accueil à la fois solennel et banalisé en post-colonie, le sérieux du pouvoir et le grotesque du gouvernement politique, un président paranoïaque comme on en rencontre très souvent sur le continent africain, un président militaire caractérisé par un manque de sérieux qui ne rime normalement pas avec les Hommes de l’armée».Ce manque de sérieux est corroboré par le fait de ne pas savoir le nom de ses enfants. La scène du crocodile où le président Bobo répond à Didier «C’est de l’opposant politique» traduit «une banalisation du régime de terreur en postcolonie». C’est ce qu’Achille Mbembe appelle «le pouvoir carnassier».L’importation des armes qui doivent à tous les prix tuer, la mise en prison du ministre de l’Education nationale pour n’avoir pas su intégrer «les proverbes botwangais» à l’école, tout cela participe de cette «valorisation du sanguinaire» si souvent présent chez les leaders africains au pouvoir. Et dans ce contexte, être ministre ne signifie rien. Car, on peut passer de membre du gouvernement à «ministre des chiottes».

Le Pr Pangop s’est particulièrement appesanti sur le totémisme et la [i «mythologisation» du pouvoir en Afrique, lesquels sont repérables dans cette production cinématographique. «Les crocodiles sont les totems du pouvoir dans ce film», affirme-t-il. Il précise par ailleurs que les crocodiles et les peaux d’animaux ont existé dans l’histoire du continent comme symbole de la puissance.

D’où le nom de la maison de production, «Legend film», dont l’objectif peut être de raconter les légendes africaines. Autre signe du totémisme du pouvoir: la fabrication d’un double au président Bobo. Le fait pour ce président de traiter tout le monde de «phacochère» et de tirer à balles réelles sur un de ses gardes du corps en lieu et place de cet animal dans la partie de chasse rentre dans ce registre.

Egalement enseignant de critique cinématographique à l’Institut des beaux-arts de Foumban, le Prof Pangop a aussi repéré, en ce film, ce qu’il appelle la «folklorisation et l’affairisme du pouvoir en Afrique». « Les pleureuses professionnelles», pas si différentes des danseuses qui accueillent souvent les chefs d’Etat dans les aéroports camerounais participent du premier volet.

Le fait que l’argent circule aussi facilement dans cette production ressort du deuxième terme. Le personnage «Jacques Toccard» qui rappelle les sombres heures de la [ «Françafrique»] est lui aussi enrôlé dans cet affairisme. Sauf que, la France dans ce film est coiffée au poteau par la Chine sur la table des négociations. Le réalisateur, d’après le Pr Pangop, prend ainsi acte de ce que les rapports de force sont en pleine mutation sur le continent.

 

© West-Cameroon Regional News Agency / Hindrich Assongo
De la droite vers la gauche – Le Dr Yves-Abel Feze et le Pr Alain Cyr Pangop Kameni

Procès de l’identité
Au cœur de ce film, il y a les questions d’identité. D’abord les Kala kala, l’ethnie ennemie. Et le Pr Pangop de préciser que «le pouvoir postcolonial a hérité de la désignation de l’autre sous la figure de l’ennemi». Leslie Gonda dont l’identité constitue la trame du film est de cette ethnie. Il est toléré parce que son talent de footballeur peut permettre au président Bobo d’instrumentaliser le football, tout en se rapprochant des Kala Kala.L’identité sexuelle est aussi au menu. Dans le débat en cours en Afrique sur l’homosexualité, le réalisateur semble s’être positionné en choisissant d’en être contre. Il y a enfin l’identité de la femme, toujours au second plan en Afrique. Pour le Pr Pangop, le fait pour «Jacqueline» d’arracher le microphone au président «Bobo» lors d’un discours veut dire qu’il y a sur le continent, la montée en puissance d’une remise en cause de la phallocratie. Sa coiffure rappelle par ailleurs «une Première dame bien connue». Tout cela fait dire au scientifique que le «Crocrodile du Botswanga montre un déracinement culturel chez les uns et l’entre-deux identitaire chez les autres».

En dernier ressort, il y a la question des symboles. Le drapeau du Botswanga renvoie selon l’universitaire à un pays d’Afrique australe. Quant à la devise, son caractère trilogique correspond à ce qu’on rencontre dans les pays d’Afrique anciennement colonisés par la France. Et la spectacularisation de la perte du pouvoir par le président Bobo rappelle le printemps arabe.

En définitive, le film ne serait donc qu’une mise à nu des pouvoirs africains, l’objectif étant de les pousser vers la sortie. Les échanges avec le public permettront de comprendre pourquoi ce chef-d’œuvre à l’accent politique et contestataire n’ jamais été censuré, a été massivement regardé au Cameroun, alors même qu’il n’y a jamais eu de dédicace. C’est tout simplement parce que le réalisateur a choisi un genre purement comique à travers lequel on peut déguiser beaucoup de choses, dira Alain Cyr Pangop.

Quelques étudiants de Master en cinématographie de l’Institut des beaux-arts de l’Université de Dschang à Foumban ont pris part à cette conférence. Elle rentrait dans le cadre des activités du club bilingue de ladite université. Selon son président, Cédric Elongue, la prochaine aura lieu le 29 avril 2015 et portera sur «les industries culturelles au service du développement de l’Afrique».

Par Hindrich Assongo, West-Cameroon Regional News Agency – 27/04/2015
Source: https://www.journalducameroun.com/article.php?aid=20067


What is Global Citizenship Education ?

Global Citizenship Education (GCE) promoted by UNESCO’s Education sector program is a means to support and encourage learners in developing skills, values, attitudes and knowledge that empower them to assume responsible and active roles to face challenges of the 21st Century. The target 4.7 of the Sustainable Development Goals clearly explained that education is still a major and crucial challenge for the global community, societies or individual. Sustainable development, cultural diversity, intercultural dialogue, non-violence, peace, human right or gender equality cannot be achieve without changing the mentality or educating people. Improving the quality, access and relevance of education is therefore necessary to enables learners to transform themselves and the society while promoting universal shared values like peace, freedom, equality, human dignity, non-discrimination, respect and dialogue. The GCE, guided by the Education 2030 Agenda and Framework for Action, is finally a wide and long project based on education as a key in changing, transforming and building a better world for all.

 According to me, Global Citizenship Education is very important and interesting nowadays because it is a shift in the purpose and role of education. We have now recognized with Mandela that “education is the most powerful weapon we can use to change the world”.

With Globalization, our actions are no more having just a national or regional impact. We are now living in a global village where we have responsibilities to everyone. We must be belonging to a broader community and common humanity. GCE develops that global consciousness and competencies that will enable us to understand and resolve global issues in our sociocultural, environmental and economic environment. The great aim of education is not knowledge but action, then GCE allows learners to act effectively and responsibly at local, national and global levels for a more peaceful, inclusive and sustainable world.


The Biggest Challenge in Cameroon

One of the most pressing short-term and indeed long-term challenges in my country is youth unemployment. The Global Employment Trends for Youth 2015 revealed that 73.4 million youth were unemployed in 2015. The National Institute of Statistic sorted that the youth unemployment rate is 30%. 90% of youth are working in the informal sector and 75.8% of workers are underemployed, earning less than 23000 FCFA/month. Why? Lack of managerial expertise and capital, weakness of the cultural entrepreneurship, lack of a real national youth policy, the poor adaptability of vocational training institutions and corruption are the main causes.

Therefore there is a political and socioeconomic urgency of responding to this challenge of unemployment as a precondition to reduce brain drain, poverty, prostitution, suicide, street children, high crime waves, sexual harassment, gambling addiction, teenage pregnancies, and street children. This national scourge is slowing down the economic growth.

To achieve these goals, actions need to be taken by the government and youth. Government must intensify children’s education to ethical and moral values, develop an integrated strategy for rural development, facilitates the access to credit market and implement the Global Citizenship Education (GCED), a UNESCO’s teaching approach that aims in developing skills, values, attitudes and knowledge that empower youth to assume active role in their glocal environment. We must also develop our global consciousness, work hard and be responsible in order to positively impact our society and build a better world.


Serons nous tous nègres demain ?

 

C’est sur cette question que s’ouvre l’ouvrage Critique de la raison nègre. Son auteur, l’historien camerounais Achille Mbembe, le présente comme «un style de réflexion critique sur le monde de notre temps». Que faut-il entendre par ce postulat d’un «devenir-nègre du monde»? Dans l’imaginaire des sociétés européennes, la race et le «Nègre» n’ont toujours fait qu’un, avance Achille Mbembe, reprenant ici des conceptions fanoniennes.

Achille Mbembe cite notamment ces propos de Frantz Fanon:

«En réduisant le corps et l’être vivant à une affaire d’apparence, de peau et de couleur, en octroyant à la peau et à la couleur le statut d’une fiction d’assise biologique, les mondes euro-américains en particulier auront fait du Nègre et de la race deux versants d’une seule et même figure, celle de la folie codifiée

Cette confusion entre «race» et «Nègre» ancrée dans la pensée européenne constitue d’ailleurs le socle inavoué sur lequel s’est bâti la modernité, à la fois en tant que projet de connaissance et de gouvernement. La critique de la modernité et du capitalisme n’a pas suffisamment mis en relief l’impact de cet assemblage nègre-race dans la constitution du monde contemporain.

L’historien distingue trois «moments» qui conduisent au «devenir-nègre du monde». Ce processus est entamé au XVe siècle avec le début de la traite atlantique (le premier capitalisme), pilier de la modernité. Le «nègre» est alors considéré comme «homme-objet», «homme-marchandise». Le phénomène se poursuit jusqu’à l’ère du capitalisme néolibéral: Achille Mbembe voit en effet dans le néolibéralisme une pulsion consistant à transformer l’Homme en objet et à assurer une maîtrise illimitée sur l’ensemble du vivant. Se dessine alors le devenir d’un homme-machine, d’un homme-chose (comme pouvait l’être l’esclave), qui doit répondre «au double souci de se reproduire et de jouir des biens de ce monde», tout en s’adaptant sans cesse, dans une logique de court-terme, aux injonctions de la société. Achille Mbembe voit ainsi dans ce devenir de l’individu à l’ère néolibérale «une universalisation tendancielle de la condition nègre». Une telle société conduit finalement à une relégation des individus à une humanité superflue, livrée à l’abandon, dont le capital n’a guère besoin pour son fonctionnement. Ces deux moments –la traite atlantique et l’ère du néolibéralisme– sont entrecoupés par celui de la lutte pour l’émancipation –marqué par exemple par le mouvement pour les droits civiques, ou plus récemment la fin de l’apartheid.

L’invention du «nègre»

Pour comprendre les représentations implicites relatives au terme «Nègre» dans l’inconscient collectif européen, Achille Mbembe consacre une partie de son essai au processus de transformation des gens d’origine africaine en «Nègres». C’est Frantz Fanon, dit-il, qui exprime le mieux, dans Peau noire, masques blancs, le sens sous-jacent du mot «Nègre» dans l’imaginaire occidental: «Le nègre est une bête, le nègre est mauvais, le nègre est méchant, le nègre est laid.»

Achille Mbembe analyse ici la façon dont le «nègre» a fini par devenir le signe d’une altérité impossible à assimiler, d’une joyeuse hystérie, dans l’imaginaire occidental. La «race nègre» y est assimilée à l’instinct, aux pulsions irrationnelles, à la sensualité primaire; le «Nègre» n’est pas assez entré dans l’Histoire, il serait encore englué dans un monde magico-religieux ; la mentalité dite sauvage serait «prélogique». La «race blanche» serait la seule à posséder la volonté et la capacité à construire une vie historique. Telle est la «raison nègre». Par cette expression, Achille Mbembe désigne «une somme de voix, d’énoncés et de discours, de savoirs, de commentaires et de sottises dont l’objet est la chose ou les gens d’origine africaine, et ce que l’on affirme être leur nom ou leur vérité (leurs attributs et qualités, leur destin)». Dès ses origines -les écrits antiques portent déjà la trace de cette invention de la figure du «nègre», selon Achille Mbembe, et la philosophie européenne n’est pas en reste, en témoignent les textes hégéliens décrivant le «nègre» comme n’étant pas sorti de l’animalité- la «raison nègre» consiste en «une activité primale de fabulation», dans laquelle la «domination de race» puise ses justifications, souligne l’historien.

Une modernité marquée par le principe de race

L’idéologie des «races dominantes» prend son essor dans un contexte de colonisation. Pour Achille Mbembe, la «modernité» est l’autre nom du projet expansionniste européen dans les empires coloniaux mis en œuvre à partir du XVIIIe siècle, tandis que le XIXe siècle est le siècle triomphant de l’impérialisme. L’historien fait d’ailleurs apparaître à quel point la notion de «race» n’est pas extérieure au projet moderne européen:

«La critique de la modernité demeure inachevée tant que nous n’aurons pas compris que son avènement coïncide avec l’apparition du principe de race et la lente transformation de ce principe en matrice privilégiée des techniques de domination, hier comme aujourd’hui

La thématique de la différence raciale (au sens d’une différence de qualité entre les races) fait ainsi l’objet d’une normalisation au sein de la culture de masse (via les musées, les zoos humains, la presse, les arts et la littérature) à l’époque coloniale, observe Achille Mbembe, qui explique que «des générations de Français ont été exposées à cette pédagogie de l’accoutumance au racisme». Finalement, les raisons économiques, idéologiques ou politiques de la colonisation mobilisent le signifiant racial: il s’agissait de civiliser des «races inférieures.» On se souviendra ici du discours de défense d’une politique coloniale de Jules Ferry en 1885, fondée sur la thèse de la «mission civilisatrice de l’Homme blanc»:

«Il faut dire ouvertement en effet que les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures (…) Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures.»

Un «racisme sans races»

La «raison nègre» et le projet moderne européen ont donc été fondés sur le principe d’une «hiérarchie des races» et d’une différence biologique, irréductible, entre la «race blanche» et la «race nègre». Qu’en est-il aujourd’hui ? La réflexion critique que l’auteur pose sur notre époque s’ouvre sur le constat du déclassement de l’Europe à l’époque contemporaine : le Vieux continent ne constitue plus le centre de gravité du monde. Cette «provincialisation» de l’Europe (Achille Mbembe convoque pour preuve le titre de l’ouvrage phare de Dipesh Chakrabarty, Provincializing Europe, livre emblématique des Postcolonial studies, porteur d’une vision renouvelée de l’histoire, moins européo-centrée) ouvre de nouvelles perspectives à la pensée critique. Dans la mesure où le «Nègre» et la «race» ont contribué à forger le discours européen sur l’Humain, la provincialisation actuelle de l’Europe signifiera-t-il l’extinction du racisme? Ou bien le racisme prendra-t-il de nouvelles formes? Achille Mbembe semble envisager la seconde option, pointant qu’en Europe et aux États-Unis sévit déjà désormais un «racisme sans races», où la «culture» et la «religion» sont mobilisées en lieu et place de la «biologie.»

Cette thèse selon laquelle le racisme s’est déplacé du plan biologique vers le plan culturel est commune à plusieurs penseurs contemporains. Elle est développée par l’anthropologue Régis Meyran et le sociologue Valéry Rasplus dans Les pièges de l’identité culturelle, Berg International, 2014, ou par le sociologue Raphaël Liogier, dans Ce populisme qui vient, Textuel, 2013. Le thème de l’islamophobie, de la peur de l’islam est une illustration récurrente et actuelle du racisme «culturel».

Vers un monde commun

Il serait vain de vouloir dévoiler ici toute la finesse de la réflexion proposée par Achille Mbembe dans cet essai aussi dense qu’érudit, où la richesse des références historiques le dispute à la subtilité de l’analyse critique sur notre temps. Retenons cependant que l’essai s’achève sur l’idée de la nécessité de créer un monde commun.

Partager le monde exige de donner réparation à ceux qui ont été privés de leur part irréductible d’humanité dans les tourments de l’histoire. Un processus de réparation qui doit s’inscrire dans une double démarche: tout à la fois sortir du statut victimaire pour les uns, et rompre avec la «bonne conscience» et le déni de responsabilité pour les autres.

Etre Africain, c’est «être un homme parmi d’autres hommes», proclamait Frantz Fanon dans Peau noire, masques blancs. «Il n’y a guère de relation à soi qui ne passe par la relation à Autrui», poursuit Achille Mbembe, qui veut imaginer une politique de l’humain qui soit «une politique du semblable», où il invite à «mettre en commun les différences». Cette politique du semblable passe par «un élargissement de notre conception de la justice et de la responsabilité» pour une «montée collective en humanité». Ainsi, la proclamation de la différence, dans un objectif de réparation et de restitution de ses droits humains, ne doit être que le moment d’un projet plus large, le projet d’un monde «débarrassé du fardeau de la race, et du ressentiment et du désir de vengeance qu’appelle toute situation de racisme».

«Il n’y a qu’un seul monde», réaffirme l’auteur en guise d’épilogue:

«L’on aura beau ériger des frontières, construire des murs et des enclos, diviser, classifier, hiérarchiser, chercher à retrancher de l’humanité ceux et celles que l’on aura rabaissés, que l’on méprise ou encore qui ne nous ressemblent pas, ou avec lesquels nous pensons que nous ne nous entendrons jamais. Il n’y a qu’un seul monde et nous en sommes tous des ayants droit.»

Justine Canonne

Source: https://www.slate.fr/tribune/84289/devenir-negre-du-monde-Achille-Mbembe